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Sent: Wednesday, June 22, 2005 12:06 PM
Subject: [3type] L'école du 3ème type

PR :Bref, après avoir pris un nombre important de chemins détournés, rencontré des culs de sac, je suis arrivé en cette fin d'année à avoir des idées beaucoup plus claires. Je ne sais pas si ça peut aider mais voilà où j'en suis :
 
Les enfants déclenchent des projets : ça veut dire qu'on ne fait rien tant qu'ils n'ont rien fait ;-) Très vite, ils font quelque chose. Je m'informe des projets et les note. Le pense-bête est affiché et réactualisé chaque jour. En face du projet, l'activité ou les activités à conduire pour mener à terme le projet sont inscrites. Mon rôle va consister à suivre chaque projet de sorte que l'enfant le mène à son terme - du moins les projets dont j'ai connaissance, cad ceux que je note sur le pense-bête. C'est l'enfant qui enclenche le projet (du moins la première activité du projet) mais je veille à ce qu'il le mène à son terme. Par ailleurs, je l'aide à associer à son projet des activités afin de maîtriser son projet : ces activités (type et nombre) dépendront du niveau de l'enfant (mais aussi de l'état psychologique du moment)  et des progrès - que je pense - qu'il pourrait faire via ce projet. Par exemple : un enfant se lance dans l'écriture d'un documentaire. Lors de la correction, je me rends compte qu'il ne parvient pas à choisir correctement entre 'é' et 'er'. Je lui dis de faire un exercice d'orthographe associé pour essayer de comprendre comment ça marche. Cette activité s'inscrit alors dans son projet. Dans ce cas, j'ai très rarement besoin d'expliquer comment ça marche (du moins en fin d'année) car l'entraide est alors largement suffisant. Bref, cette activité décrochée d'orthographe associé à un projet d'écriture ressemble fortement à ce qui est préconisé par l'IUFM et les méthodes actives.
 
RL: Je me retrouve tout à fait dans ce que tu décris. J'ai moi aussi souvent fonctionné à partir des projets des élèves (ou ceux que je leur insufflais) et j'essayais de leur programmer des exercices d'entrainement sur tel ou tel difficultés rencontrées. Mais ce que je ne réussissais pas :
- comment suivre tous les apprentissages effectués ? L'année prochaine je compte utiliser Bingo et le temps de brevet pour imposer ? de passer le brevet dans les difficultés mis au plan de travail ;
- la répartition des activités (type et nombre)
- J'ai eu trop souvent tendance à donner les réponses sans imposer le travail nécessaire d'entrainement-mémorisation -qui je pense- reste indispensable pour rendre efficaces (efficients) les apprentissages.
- comment ne pas
- la gestion des temps de projets au milieu des temps d'apprentissages de l'emploi du temps du maître, la diversité des niveaux, le programme...
 
La différence, essentielle pour moi et pour quelques collègues avec qui on a écrit le texte "les 3types" (et pour lequel il n'y a eu toujours aucune réaction sur la liste, sniff :-(  ), c'est que le projet est déclenché par l'enfant. L'enfant s'engage, et l'instit l'aide à aller au plus loin et surtout à mener à terme son projet. Bref, c'est comme à la maison lorsque les enfants sont nombreux et lorsque nous prenons le temps d'être avec eux :
- si on leur demande de faire une activité (y compris un jeu), ils ne veulent pas ; ça ne marche donc pas.
- si on leur demande de faire une activité avec nous, ça marche pour qelques uns mais pas pour tout le monde
- si on s'intéresse à ce que chacun fait, et qu'on les aide à aller plus loin, ça marche. Ca marche si bien d'ailleurs que les uns profitent des activités des autres, et que l'entraide devient naturelle.
RL : Bien d'accord.
Ce que je me fixe comme objectifs ou lignes directrices :
- laisser une plus grande place aux projets (ind et collectif) et un meilleur accompagnement : outils, suivi, ...
- poursuivre la pratique des ateliers/marché de connaissance, pour l'entraide, piloter avec Bingo pour le suivi et la valorisation.
 
C'est pourquoi l'école est bel et bien une maison éducative : environnement riche et présence de l'adulte pour les aider.
Il me semble que plus l'environnement est riche et plus l'hétérogénéité des enfants est grande, moins la présence de l'adulte est nécessaire car les tâches décrites ci-dessus faîtes par l'instit sont faîtes par les enfants eux-mêmes.
 
Le rôle pédagogique de l'instit va constituer à proposer des activités diverses et variées à partir du projet de l'enfant de sorte qu'il puisse développer tous les langages et entreprendre donc des activités dans des domaines que l'enfant aurait tendance à écarter. Si l'enfant voit un intérêt à s'y confronter via son projet, il entreprendra l'activité en question de manière positive. Et on sait bien que la manière dont l'enfant va aborder une activité est primordiale !
RL : J'essaie d'adapter ces idées dans le cadre de la CLIS, avec des enfants aux difficultés particulières et d'une grande hétérogénéité, mais je compte bien progresser encore avec tout ce qui est échangé sur la liste et avec une prochaine année à temps plein.
 
Remarque : Dans l'Ain, y a une seule école à étiquette : il s'agit d'une école Montessori vers Belley. Quelques collègues l'ont visité et il semblerait que leur fonctionnement ressemble beaucoup à l'école du 3ème type. Vous avez des infos sur les écoles Montessori ?
 
Philippe Ruelen

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