Bonjour à tous, Un petit mot sur Montessori... Il y a parfois, et même souvent, malheureusement, une grande différence entre les mots d'un "maître" (ou d'une maîtresse!!!) et les actions des "disciples"... On aura beau trouver dans les bouquins de Montessori des idées généreuses et des trucs épatants, les gens qui ont mis en oeuvre sa pédagogie (mais j'aimerais mieux dire ses idées) ont succombé au dogmatisme et ont sclérosé la chose. On utilise dans les maternelles montessoriennes une bottine de plastique jouet de deux fois la grosseur des petits pieds réels qui courent partout, pour montrer comment lacer et boucler le lacet,... et le truc fait partie du matériel de base équipant la maternelle. Et il coûte cher! Comme le reste. Les enfants qui fréquentent n'ont-ils pas de bottes à lacer ou à attacher déjà? C'est un exemple, mais il y en a d'autres... La pédagogie Freinet affirme un principe bien important: ce n'est pas une chapelle, ou des officiants répète les gestes du maître sans en changer un iota; c'est plutôt un regroupement de personnes qui adhèrent à des principes et à qui on laisse leur créativité et leur ingéniosité s'exprimer et enrichir le bagage commun. Les enseignants montessoriens n'auraient pas cette possibilité, et encore moins à expérimenter des voies nouvelles comme la classe de troisième type. Ce qui m'amène au texte qui circule présentement... Moi je ne me suis pas exprimé, parce que j'ai à relire et réfléchir avant d'en dire quelque chose sur le fond. J'ajoute que quand j'avais ma classe primaire, et que Bernard et moi communiquions, quand Suzanne Forslund a fait son film et que j'ai vu comment Bernard travaillait avec sa classe de campagne, j'identifiais des choses similaires dans ma classe, sans que ce soit pour autant identique. Et je ne fonctionnais pas comme ça dans tout, ni tout le temps. Mais nos situations différaient aussi; une chose peut en expliquer une autre. Je ne me suis pas senti diminué parce que je ne réussissais pas tout ce que je voyais chez Bernard. Je faisais au mieux le boulot que j'avais à faire en tenant compte de la situation où j'étais. Je pense à ce que décrivait Philippe Lamy: il a fait ce qu'il pouvait avec sa situation. Ça ne présume en rien de son niveau de compréhension et de réflexion. Quand je suis passé au secondaire, pour mes trois dernières années, je suis loin d'avoir travaillé au niveau où je le faisais au primaire, et je n'étais pas toujours bien content de moi. Mais j'avais là à faire mes classes, et j'ai fait ce que je pouvais, avec les moyens que j'avais. C'est pourquoi je suis généralement satisfait de ce que j'ai réussi, même si c'est bien loin de ce que j'aurais voulu faire. Décrire les 3 types d'approche pédagogique, ça n'a rien d'un jugement. J'ai du mal à comprendre que quelqu'un y voit quelque chose comme ça. Bien sûr, dans le texte, on ajoute une sorte de jugement sur le premier type et ça me paraît correct. On ne peut pas promouvoir les principes de la pédagogie Freinet, et les idées des autres pédagogies ouvertes et conserver une approche traditionnelle. Sinon, il y a fausse représentation! Mais ceci dit, compte tenu de la situation où on est, des contraintes avec lesquelles on a parfois à composer, toutes les démarches d'ouverture pédagogique peuvent avoir des limites. Il y a une différence, parfois, entre ce qu'on fait et ce qu'on voudrait faire. Il peut s'agir de contraintes, d'expérience, de sécurité personnelle... bref... Pour ma part, il y a bien une approche de premier type, dite pédagogie traditionnelle, ou frontale, magistrale... Comme le texte le dit bien, il n'y a pas besoin de la décrire longtemps: on l'a tous subie! Il y a bien une pédagogie de deuxième type, où on décide de se préoccuper des enfants et où on les met au centre de nos préoccupations, on les rend plus actifs, on se préoccupe de leur avis, de leur état, de leurs besoins, où on essaie au mieux de leur donner une part des responsabilités que l'institution nous a confiées...On peut y être engagé un peu, beaucoup, moyennement... mais dans tous les cas, c'est certainement un palier pédagogique supérieur. Elle porte donc bien son nom. Alors pourquoi pas un troisième type? Pouvoir passer un à niveau où certaines contraintes ont été dépassées, y compris celles que nous nous imposons nous-mêmes parfois, par inexpérience, ou par peur... Personnellement, je reconnais dans la description qu'en donne Bernard une approche qui touche des limites que je rêvais de toucher, que j'ai touchées par moment, ou dans certaines situations, mais dont je sais que ce n'étais pas mon quotidien. Mais je ne me sens pas menacé pour autant, ni dans mon intégrité ni dans ma pédagogie. Vous excuserez la longueur, et sans doute le manque d'habileté à dire... Ici, il est très tard et j'ai eu une grosse journée, malgré la retraite. Marc Audet, Québec
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