Une réponse à ta question Christian sur des livrets...

Livrets "intermédiaires", les plus à même d'aider les élèves à :
- dédramatiser l'échéance du devoir en lui permettant d'être testé à nouveau
sur des compétences non acquises.
- permettre aux élèves lents d'acquérir le maximum de compétences
(valorisation),
- responsabiliser l'élève qui gère son plan de compétences, qui décide de
lui-même d'améliorer ses compétences et l'inciter ainsi à l'effort. (source
brochure APMEP n°159, Josiane Terrier).

Voilà ce qui pour moi constituerait une innovation pédagogique majeure si ce
n'est au primaire, du moins au secondaire.
(copie sur com-icem et freinet2d et 3emetype pour avis).

Un bémol : lorsque je parle d'innovation, je sous-entend par rapport à des
pratiques actuellement ancrées et généralisées (la notation, la prise en
compte ou non des "résultats" des tests, la recherche ou non d'une
motivation d'action et de progrès etc.), du fait de l'absence
d'individualisation des parcours scolaires au secondaire encore
actuellement. Sinon ce ne serait pas une innovation en tant que telle car
avec la pédagogie institutionnelle, beaucoup de choses sont faites dans ce
domaine, quoique peu au secondaire (sauf démarches isolées, cf. brochure
APMEP n°159).

Je joins l'avant dernier tableau de bord de classe (classe de 4e en ZEP à
Marseille, cours de mathématiques).

Jusqu'à présent, et au vu des contraintes de l'IUFM (je suis stagiaire PCL2
cette année), c'est moi qui ai répertorié les compétences :
- soit sur lesquelles nous avions travaillé.
- soit sur lesquelles allait porter le travail à venir sous peu.

Je ferai au mieux pour qu'au troisième trimestre, ce soient les élèves qui
mettent en lumière ce sur quoi nous travaillons et que le répertoire soit
construit au fur et à mesure.

Je ferai également au mieux pour qu'au troisième trimestre, une mise en
adéquation avec les programmes soit opéré par les élèves eux-mêmes avant
chaque évaluation.
C'est ainsi qu'une évaluation peut comporter une partie commune sur laquelle
transiger amènerait certains à prendre du "retard" (dans l'état actuel des
enseignements du collège !!!!) qui se répercuterait sur le bon
fonctionnement ultérieur de la classe (correspondant aux éléments
"incontournables" du programme), mais aussi une partie sur des compétences
non validées antérieurement et pour lesquels l'élève se sent prêt à être
évalué, enfin, et éventuellement, sur des compétences hors programme mais
effectivement travaillées individuellement ou collectivemment lors
d'activités d'approfondissement et pour lesquels l'élève veut montrer son
nouveau savoir faire (sauf si une réalisation ou exposé etc. a déjà permis
de valider la ou les compétences en question).

La moyenne de maths reflète ainsi essentiellement des acquis, savoirs,
savoir faire (et comportements validés par la suite), plus qu'une succession
de notes qui ne veulent souvent pas dire grand chose malgré le tuilage que
l'on peut vouloir instaurer (où tout est mélangé, on évalue tout et son
contraire, aucune transparence des critères de notation, c'est le culte de
la culture du prof ! etc.).

Dans le tableau, un 0 signifie que la compétence a été utilisée en DM
(devoir maison) ou DS (devoir en classe) mais sans réussite.
Un 1 signifie qu'elle a été utilisée en partie correctement.
Un 2 signifie qu'elle a été utilisée correctement en DM.
Un 3 signifie qu'elle a été utilisée correctement en DM à plusieurs reprises
(plusieurs DM) ou correctement à un DS, ce qui permet de fait de dire que la
compétence est confirmée.

Les élèves cochent dans leur plan de compétences là où ils pensent en être
des compétences nouvellement travaillées (auto-évaluation) puis, après le DS
modifient leurs "prévisions" en fonction des résultats du DS (après
distribution du tableau de bord de classe) directement sur leur plan de
compétences.

Il manque encore un plan de travail à tout cela qui matérialise le travail
effectué et celui restant à réaliser etc.

Mais au moins, ils s'aident de façon effective dans la classe : des moments
sont prévus pour cela et ils le font aussi hors la classe:
En effet, savoir où en est chacun permet de proposer son aide ou d'en
demander. Cela simplifie aussi le travail de l'enseignant qui sait où chacun
a besoin de travailler. Ainsi les DM distribués après chaque DS (le
lendemain) contiennent - ils des exercices dont 50% est à choisir en
fonction de ce qui doit être retravaillé car non validé.

Cela est valorisant pour celui qui a confirmé peu de compétences de se
rendre compte qu'il en a confirmé certaines que d'autres n'ont pas
confirmé...
J'insiste ainsi plus sur l'obligation de moyens qu'a chacun que sur celle de
résultats, quoique l'on se rende compte qu'il y a le plus souvent entre les
moyens et les résultats (du côté des élèves). On notera cependant qu'aucun
miracle ne s'est produit évidemment : une élève absente 9 fois sur 10 est
passée à côté du dispositif, d'autres dont l'école contitue un cauchemard
s'y s'ont encore peu essayé, mais avec quelques succès...

Bref, tout reste à faire car un tel système ne peut trouver d'écho
réellement positif que s'il est mis en place par :
- une équipe d'école (et sur la durée),
- une équipe disciplinaire;
- l'équipe des enseignants d'une classe donnée.
- un établissement...

ET pas par un enseignant dans son coin, quoique ce puisse aussi l'amener à
se poser de bonnes questions et ainsi envisager des réponses à ces questions
avant de le proposer à des collègues, à une équipe à laquelle il appartient
etc.

Je donne pour info les 4 axes de travail prioritaires sur lesquels porte la
réflexion des IA- IPR et du moins sur lesquels il nous est demandé d'être
particulièrement vigilants au secondaire toutes disciplines confondues : (Il
me semble que ce dispositif d'incitation peut permettre d'apporter une
réponse qui aille dans ces 4 directions) :
- l'évaluation (ici on y est en plein).
- la gestion de la diversité (largement mise en évidence, on essaye de s'y
raccrocher pour aider à progresser).
- l'éducation à la citoyenneté : les programmes ? menace ou guide ?
apprendre ? Seul ou à plusieurs ? Progresser ? pourquoi et comment ? etc.
- le travail en équipe (une amorce possible avec des groupes de besoins ou
des groupes hétérogènes...).

C'est certes du travail pour l'enseignant mais de moins en moins au fur et à
mesure que les élèves comprennent le système et cherchent à se prendre en
charge.

J'attends des réactions  (ainsi que sur le découpage en compétences proposé
le 14/01 que je puis illustrer au besoin).
Coopérativement,
Jean-Noël


----- Original Message ----- 
From: "christian chopart" <[EMAIL PROTECTED]>
To: "LISTE FREINET" <[EMAIL PROTECTED]>
Sent: Sunday, January 15, 2006 4:50 PM
Subject: [FREINET:] débat:créer une alterévaluation


> Christian à liste Freinet
>
> Une question plus concrète:
> Qu'est ce qu'un enseignant, doit ou peu donner aux parents, à ses
collègues,
> à l'institution comme évaluation (bilan , livret etc...) d'un enfant. Le
> fait il sans demander l'autorisation à l'enfant? Que met il dedans? Les
> manques, les handicaps, les échecs de l'enfant? Ou seulement les réussites
> qui le construise?
> Doit dire, diffuser, notifier, écrire les échecs de l'enfant dans son
> processus (en cours) d'apprentissage?
> Que donnez vous aux parents de vos classes  comme "bilan" ou " livret"?
Doit
> il être retourné signé des parents? Donc obligation de l'enfant de le
> montrer?
>
> A vous lire
> Christian
>
>

Attachment: exemple de carnet de bord.doc
Description: MS-Word document

Répondre à