Paul Matthias a identifié la diktyologie qu'il aborde comme une
"ontologie" du/en réseau si j'en comprends son passionnant texte
http://www.cndp.fr/archivage/valid/92617/92617-15222-19172.pdf. Il
considère l'internet/réseau comme objet philosophique. Je peine un
peu sur l'ellipsisme du départ, mais j'achète en partie sa question
de "quel est le sens de l'internet". En partie, seulement car la
diktyologie qu'il introduit porte sur le concept de réseau et non sur
telle ou telle occurrence de ce concept comme l'internet, l'interplus
(réseau intelligent), intersem (réseau des idées) alors qu'il se
focalise ensuite sur l'internet.
Alors là, il se passe quelque chose d'unique je crois : si l'on ne
pose pas la question "quel est le sens de l'internet", mais "quel est
le sens du réseau" l'on va dire qu'un réseau relie et donc que sa
diktyoligie va pouvoir se relier avec elle-même en ses différentes
facettes, de sens en sens. Ensuite on va pouvoir suivre le
raisonnement de Paul Matthias qui tourne autour des implications de
son analyse de l'Internet comme une "signification en translation".
Et donc que l'être du réseau consiste entre autres à translater sa
propre signification : sa signification philosophique dans sa
signification sociologique, dans sa signification technologique, dans
sa signification politique, etc. Nous ne sommes plus là dans une
transdisciplinarité, mais dans une interdisciplinarité et même une
codisciplinarité !
Je m'estime dès lors en droit de pénétrer la diktyologie comme une
science, une philosophie, une ontologie, une sociologie, etc., et de
mêler leurs points de vue dans chacune des perspectives. Ceci est
intéressant, car si je reprends la réflexion d'Olivier Auber sur les
perspectives et leur défilement, la signification en translation de
perspective en perspective qui ne se rencontre qu'au point de fuite
que serait la diktyologie - bien qu'elles puissent être
décentralisées et avoir plusieurs points de fuite ou distribuées et
donc n'avoir pas de point de fuite.
1. c'est une première approche un peu confuse pour faire réagir ceux
que cela intéresse, mais épistémologiquement la diktyologie ne
serait-elle pas le point concours - le pont - entre toute analyse
philosophique, éthique, scientifique, technologique, etc. en étant la
considération nécessairement en réseau du fait réseau dans un univers
manifestement fait de réseaux physiques, logiques, noétiques
intriqués ? Quelque soit le domaine ou le sujet, ne devrait-on pas en
considérer les diktyologies pour les raccrocher aux autres (je pense
en particulier aux systèmes de registres de métadonnée
(JTC1/SC32/WG2, ISO 11179 etc.) dont le propos est d'interconnecter
toute les ontologies d'un domaine, ou à l'OID, ou aux systèmes
référentiels dont on aura besoin autant que du DNS pour faciliter nos
échanges).
2. je n'achète pas totalement la proposition de Paul Matthias (non
plus que celle d'Olivier Auber) du fait du principe de précaution (ou
de moindre surprise) qui résulte du principe d'incertitude. Avec un
exemple, et non des moindres : Paul Matthias présuppose que
l'internet translate du contenu. Mais avec une petite incertitude :
il semble qu'il le considère passif. Certes, mais ce n'est pas ma
partie dans l'internet : ma partie est le contenu ambiant (références
contextuelles) et le contenu actif (ce qui arrive est ce que
l'envoyeur voulait que le destinataire reçoive). Pour faire simple
par rapport à son idée de "signification en translation", je dirais
"du sens en homothétie" (les matheux diront sans doute que l'image
d'une transformation par polaires réciproques serait plus appropriée
qui pourrait s'adapter à chacun ? Je ne suis pas assez compétent mais
je je suppose qu'une homotétie selon Alain Connes doit pouvoir
fournir des analogies ?).
L'intérêt est que nous avons là une "???" qui obéirait à la fois aux
traits de la philosophie et de la science. Elle devrait donc être
également vérifiable, prédictive et falsifiable. Intéressant pour une
philosophie ? Je note aussi que Paul Matthias écrivait dans des temps
"anciens" (2007) et qu'il ne pouvait prévoir que la signification
deviendrait sémiotique lorsque ce qui va être translaté ou plutôt
pour le cas homthétié dans d'autres dimensions conceptuelles va être
l'idée sous-tendue à un geste et non plus un message porté par
l'écriture de l'auteur (Microsoft semble préparer ses communiqués de
presse sur Kinetic (nom commercial de Natale - ordinateur obéit au
geste) pour le 10 novembre - et donc le problème du nom de domaine gestuel).
3. dans son texte Paul Matthias soulève la question du Sujet. Par un
hasard heureux, l'internet utilise la notion de domaine pour la
thématique : ceci libère le mot sujet pour celui, et pas aussi ce,
dont ou à qui l'on parle. Donc sa préoccupation diktyologique que
nous soyons nous-mêmes des "sujets en translation" (de nous-mêmes à
nous-mêmes, ou dans notre relation aux autres). Dans le cadre d'un
réseau intelligent, la question se pose : elle n'est
arvchitecturalement pas difficile dans l'architecture Interplus
(Interface Utilisation Intelligents en réseau sous-jacent à la
relation réticulaire utilisateur). Nous avons nos propres miroirs
chez notre interlocuteur - un "e-ambassadeur" qui va par exemple
négocier la langue, le sens des mots, etc. et autres termes d'un
échange relationnel.
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jfc
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