Merci Marie Georges de cette analyse.

Je veux simplement souligner que nous sommes ici au niveau de la dernière richesse américaine : la connaissance du Marché (occidental) et sa description selon la même méthode, pour simplifier à l'acheteur de la liste et que la vente soit en dollar (US Banks First!)

Tout a été peu à peu soumis au Marché, et a disparu en tant que dépassement performant. Pour simplement prendre l'internet.

- l'innovation a été sacrifiée au marché (cf. RFC 3869 : la thèse principale de cette RFC est que si l'on continue a faire financer le R&D d'internet par les marchands, on va dans le mur). - la qualité de l'information (cf. Google : 90% des informations demandées par les français. Nous avons même dépassé le 80/20. Un équilibre 90/10 ne peut pas correspondre économiquement à de la qualité) - le routage a été sacrifié au marché dans la manière dont IPv6 est techniquement supporté par les RIRs et IPv4 va être vendus aux enchères - les noms-de-domaine n'en parlons pas. Le pompon étant quand même les nouveaux TLD aux 65.000 copies légales vendues sans le dire comme étant uniques - Rod Beckstrom qui n'y tient plus et pour sauver la crédibilité de l'ensemble veut que l'ONU accepte un Etat Internet. - l'état du WhoIs et les demandes de vérification des adresses des contrats pour essayer de relever le niveau des listes commerciales qui les utilisent.

Mais que restera-t-il à vendre à ceux qui vendent le monde au monde (business US, avec conseil juridique en prime) lorsqu'ils auront (la connaissance de la chose immatérielle étant la chose) vendu le Marché, et nous avec ? Washington, pôle économique américain de Pékin, cela peut faire drôle à beaucoup. i-DNs supportera même des noms de domaine en ASCII !

jfc




At 22:58 19/12/2010, Marie Georges wrote:

Dans ce contexte l'approche rendue publique par le Département du commerce américain (compétent sur le plan international) ne peut guère nous réjouir puisqu'elle repose une fois de plus sur l'autorégulation des entreprises stimulée par une structure interne au Département et le cas échéant avalisée par la FTC. Les associations américaines de défense des droits civiques font valoir qu'elles souhaitent une application stricte de tous les fameux principes de base d'origine, notamment aux services de recherche d'information (google) et aux réseaux sociaux (facebook) ainsi que l'instauration d' une autorité réellement indépendante. L'administration Obama n'y est pas du tout prête arguant qu'une telle régulation empêcherait l'innovation et le succès planétaire de ces services soumis seulement à la loi américaine….comprendre : ceux là même qui ont aussi largement contribué à la victoire d'Obama.

On notera toutefois un détail : la convention du Conseil de l'Europe sur la protection des données personnelles (ouverte aux pays tiers et qu'il a décidé de promouvoir sur le plan mondial en l'absence d'une initiaitve ONU) est elle même actuellement en révision (renforcement des droits des personnes notamment), à laquelle la société civile américaine a demandé depuis deux ans que les USA adhèrent.. avec comme résultat un tout petit peu encourageant que le gouvernement américain a demandé cette année à devenir observateur au comité de cette convention

En tant qu'européens nous avons me semble-t-il une vraie partie à jouer pour nous-mêmes en pesant de tout notre poids pour pousser les Etats-Unis à passer le cap que depuis les années 1970 ils ne réussissent pas à passer, tout en continuant à assumer la « bonne » influence que l'Europe a déjà sur le reste du monde dans ce domaine (outre le Canada, l'Australie et la Nouvelle Zélande, plusieurs pays d'Amérique latine et d'Afrique ayant déjà mis en œuvre des législations « informatique et libertés » inspirées des textes européens). Pour ce faire nous nous devons non seulement de contribuer au débat public en France (Loppsi 2, etc.) mais également de soutenir l'initiative européenne de renforcement de la directive de 1995 (sur quelques points non évoqués ici de sérieuses batailles seront aussi à mener jusqu'à l'adoption des textes prévus par le Parlement européen et le Conseil), de résister à la poursuite des captations disproportionnées de données commerciales et financières réalisées sous couvert de lutte anti terroriste, d'exiger que les flux transatlantiques de données soient contrôlés au quotidien aux USA par une autorité réellement indépendante et que la mise en œuvre des accords Europe/USA dans ces domaines fassent l'objet de contrôles impliquant les autorités indépendantes des deux bords.

Bonne semaine
Marie Georges

----------
_______________________________________________
comptoir mailing list
[email protected]
http://cafedu.com/mailman/listinfo/comptoir_cafedu.com

Répondre à