Je ne sais pas si je pourrai être des vôtres le 22 assurant la garde de mon père dans la région de Montpellier, mais je vous remercie d'escompter ma venue si je trouve le moyen de me remplacer ce jour-là.

Je voudrais soulever deux thèmes :

1. le renommage de la liste [email protected] pour plus de visibilité.

2. ce que soulève (commentaires suivent) l'ENS de Lyon :

At 10:50 01/02/2011, Armion Clifford wrote:
Les CONF'apéros en sciences du langage à L'ENS de Lyon

Mardi 8 février 2011
17h-19h, Salle F08

Lambert-Félix Prudent
Diglossie et interlecte : créoles et français aujourd'hui dans les quatre départements français d'outre-mer
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La conférence d'une heure sera suivie d'un débat et d'un moment d'échange convivial et gourmand. Ces conférences sont ouvertes à tous, sans pré-requis particulier. Organisation: Emmanuelle Prak-Derrington, Jean-Philippe Magué, Céline Guillot, Cécile Van den Avenne, Clifford Armion.
contact: [email protected]
Pour plus d'informations sur les conf'apéros, allez sur : http://cle.ens-lyon.fr/31350188/0/fiche___pagelibre/

Je voudrais souligner ce problème de diglossie ou de polyglossie et d'interlecte auquel nous soumettent l'internet, les mécalangues, la pollution sémanto-polynymique, et le multidisciplinaire et les zones disciplinaires où nous avons besoin d'aide. Je prends des exemples pour illustrer.

- il se crée en fait un créole de l'internet, basé sur la rencontre des mots techniques, des syntaxes abrégées, un flou sémantique hérité de la perception plutôt que du mot juste; je l'illustre par le fait que web et internet sont interchangeables pour beaucoup, ce qui conduit à la fois à la confusion et au freinage de l'innovation par la confusion des sujets.

- les mécalangues (langues naturelles telles qu'utilisées par les machines) n'en sont pas encore à une phase active où elles vont influencer la langue (encore que: les traductions automatiques sont déjà un problème, on lit le texte en tentant de comprendre ce que la machine a pu être sensée traduire). Mais elles en restreignent déjà fortement l'usage par la "localization" soumise aux limitations des fichiers "locales", ou des sémantiques nouvelles. Un exemple est le "404" qui est devenu un moyen simple de dire que l'on n'est plus sur la même longueur d'onde, que l'on ne se comprend pas, que l'on ne veut pas entendre, etc.

- je prends le terme polynyme pour la description de l'identique dans des langues différentes. La mondialisation a, par exemple, mis en exergue des faux-amis (sens ou portée) qui sont tellement rebattus au quotidien dans diverses langues que l'on ne sait plus dans quelle langue ils sont utilisés, ou s'ils ne deviennent pas le polynyme non plus d'un concept, mais du problème qu'a créé leur consonance entrainant la confusion de plusieurs concepts aux domaines différents. Trois grandes formes de confusion sémanto-polynymiques peuvent être ainsi observées :

1. portant sur le sens : global qui en français et anglais signifie l'ensemble des parties d'un tout, et en américain le tout. Ceci est vrai de concertation, confédération, etc.

2. portant sur la portée : que l'on se souvienne simplement de "language" vs. "langue/langage" et du problème général du nom ou du flou pris pour le tout / ISO 3166 et 639 traitant de noms et utilisés dans la pensée anglo-saxonne pour les pays et les langues. Un problème de portée de ce type divise le monde anglo-saxon et la recherche mondiale avec la fameuse sélection naturelle de Darwin qui en bon français signifie "la sélection qui naturellement s'exerce sur la diversification naturelle" un phénomène que nous observons précisément ici quant aux langues. Cette compression de l'expression est naturelle à l'anglais et favorise le raisonnement inductif, voire abductif, comme dans ce cas (un présupposé majeur n'est même pas évoqué), elle est imprécise aux langues latines dont elle défie l'analyse d'un raisonnement déductif, voire dans le cas du français métaductif (l'on raisonne sur les métadonnées et leurs lois - ontographie/ontologie). Ceci crée la cacophonie que l'on sait au niveau du raisonnement hypothético-déductif scientifique.

3. portant sur le sens et la portée : c'est à dire la transposition d'un mot dans une langue dans les autres pour exprimer quelque chose qui y manque et, mais qui manque aussi dans la langue d'origine. Un exemple bien connu est "Car Parc" et "Parking".

- le multidisciplinaire implique dans une même langue naturelle plusieurs mouvements linguistiques et sémantiques :

1. une polyglossie scientifique et des images d'où l'ont on va tenter de faire germer des idées nouvelles.

2. un mouvement d'interlecte confusant puisqu'il s'établit dans un contexte de recherche. Un exemple est le lancement de la "métabiologie" par Chaitin (l'un des plus grands mathématiciens actuels) qui entend utiliser ses travaux sur l'AIT en biologie comprise comme programmée en ADN. Il definit l'AIT (algorithmic information theory) comme "the result of putting Shannon's information theory and Turing's computability theory into a cocktail shaker and shaking vigorously." Ceci intéresse incidemment les théories du langage et linguistiques.

3. la nécessité de mots nouveaux pour rendre compte pour des phénomènes nouveaux. Un exemple est l'identification des syllodonnées ainsi mises en valeur. Le mot syllodonnées est utilisé ici volontairement, car il exprime une fonction axiologique fondamentale non identifiée à ce jour pour compléter le binôme donné/métadonnée et compléter le "cortège" existentiel : les syllodonnées sont les liens syllogistiques qui existent entre les données et métadonnées (ils sont exprimés comme des champs de possibilités dans l'état actuel de la normalisation ontologique - série de normes ISO 11179). L'ensemble des données, métadonnées et syllodonnées forme un cortège (notion introduite par JM Borde) existentiel que l'on peut décrire comme le chromosome de l'être en soi, donc associé à tout concept et mêlé dans les notions. L'on voit que l'on va se rapprocher de la thématique d'Antoine Culioli, de René Thom.

D'une manière générale l'on butte ici sur ce que Morin appelle la complexité et sur sa difficulté à l'exprimer simplement s'en tirant par la proposition d'une pensée complexe dont Jean-Louis Le Moigne se tire assez élégamment par une théorie statique des systèmes et la modélisation qui est en soi une langue géométrique (un dessin vaut mieux qu'un long discours, Napoléon). Elle n'est cependant qu'un manque d'analyse de la complexité en tant qu'intrication de systèmes naturels (qui donc obéissent à la simplicité) et de mots pour les décrire. Il est à noter que l'intrication est la base même des phénomènes quantiques, sociologiques, linguistiques. Ce manque de mots ou de procédure pour les définir en commun est donc un problème majeur puisque le même concept peut être abordé partiellement par des mots ou selon des perspectives différentes et ajouter à la complexité au lieu de la simplifier.


Ceci pose la question de la concrétisation de plusieurs disciplines linguistiques dont j'use de manière gagnante mais "bricolée" dans le cadre de l'évolution architecturale de l'Internet, pour - entre autres diversités - le support de la diversité linguistique :

- la multilinguistique - nous sommes ici dans son domaine, c'est à dire le comportement des langues dans des contextes multilinguistique. Un exemple est la normalisation d'un internet multilingue et non pas "internationalisé" c'est-à-dire une extension de l'anglais international pour supporter les signes de toutes les écritures et citer dans toutes les langues.

- la mécalinguistique - c'est à dire la manière d'intégrer les machines de notre société anthropobotique dans nos langages naturels, à la fois comme éléments référentiels et de stabilité donc de clarté, et ne pas en faire des freins à son évolution.

- la métalinguistique - nous évoquons ce domaine c'est-à-dire la recherche, l'identification et la documentation des règles et du contexte communs aux langues (et non au langage), à leur capacité de porter la description du physique, la logique, le psychologique (et potentiellement le biologique) et le spirituel et par là de faciliter l'intercompréhension.

- la facilitation qui est plus particulièrement mon domaine : c'est à dire comment la machine peut participer à la facilitation de l'intercompréhension sémantique et pragmatique et à la définition de systèmes référentiels (multilingual distributed referential systems - MDRS) qui, pour l'Intersem (internet sémiotique et des pensées) sera une extension du DNS actuel (domain name system).

- la diktyologie (grec : diktyos) la science de ce qui relie en réseau et une ontologie qui serait soit en réseau comme sur Internet (concept introduit par Paul Mathias) ex. Google, soit donc soumise aux syllodonnées qui les interlient. A noter que la diktyologie est la science de tout ce qui relie, mais pas la science du tout ! Un fondement de la diktyologie pourrait être de relier l'Etre, le Faire et le Fait.

jfc


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