Daniel,
je te remercie et me tiens à la disposition de ton interlocteur.
Différents mails directs me sont parvenus au sujet de l'IDNccTLD
bulgare. Une certaine confusion risque de se développer quant aux
niveaux de ce qui est en jeu et de ce qui se passe. Il ne faut pas se
tromper de combat. L'ICANN n'est pas l'ennemi, elle est un partenaire
que l'on doit conduire à agir dans notre intérêt commun. .
Le contexte est la "mécanisation linguistique" : l'interface
sémiotique homme/machine (la langues que nous ferons nous parler nos
machines et que nous copierons nécessairement) dans le contexte de la
coexistance multilingue des langues sur les mêmes machines/réseaux.
Et donc le contexte de la question fondamentale : qui doit être le
référent ultime du développement technologique des mécalangues :
l'homme ou la machine. L'honnête homme du XXIè ou le Client de Google+.
La décision se fait sans doute irréversiblement sur les "IDNccTLD",
pour la simple raison que le DNS est le moteur de recherche le plus
utilisé dans le monde et que tous les autres s'accordent sur son approche.
J'explique pourquoi en Post-Scriptum
jfc
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La bataille de la diversité linguistique dans l'espace numérique.
La multilinguisation a l'image de coûter cher et de réduire les
possibilités de rationnalisation tentées par la Dominance
industrielle de l'Internet, est toujours le même :
- introduire des solutions prémâchées qui semblent devoir être
irréversibles en raison de la taille et de l'argent des protagonistes
et de l'opacité du processus de décision.
- l'affirmer par la défaite des opposants culturels/linguistiques sur
quelques cas précis par l'impossibilité pratique de faire entendre
raison à qui n'écoute pas.
- opposer aux autres cas que la solution a déjà été consensuellement
arrétée et mise en opération.
Elle a été suivie en particulier pour IDNA2003 (les noms de domaine
linguistiques, solution dépendant d'Unicode), engagée pour les
langtags (ségrégation commerciale automatique des langues), le
contrôle des écritures par les ingénieurs de l'IETF, ici le contrôle
des cultures par les économico-juristes de l'ICANN, la proposition
IDNA2008 initiale (pour se dégager d'Unicode), etc.
L'expérience a montré comment contrer cette stratégie.
J'ai appris avec IDNA2003 et j'ai demandé en vain du secours J'ai
donc entrepris seul et adopté un modus operandi qui marche :
Phase 1 : donner du temps au temps par une stratégie initiale de
faible au fort pour déstabiliser techniquement la proposition
"mécaniste" et obliger à un approfondissement architectural.
Phase 2 : utiliser l'architecture pour une proposition expérimentale
"humaniste" concrète de fort à fort par les risques économiques qui
en résulteront sur la position mécaniste,
Phase 3 : faire prévaloir une exploration commune de bon sens où les
marchands comprennent que l'innovation technique dans le respect des
cultures va servir et bénéficier à tous.
Situation actuelle
C'est ainsi que IDNA2003 a conduit à sa refonte en IDNA2008, que les
langtags sont restés acceptables, que IDNA2008 a introduit la réponse
architecturale nécessaire qui était absente de l'Internet (couche
"présentation" OSI), que l'intelligence subsidiaire nécessaire à
l'Intersem à venir (Internet sémiotique/sémantique multilingue) peut
être investiguée. Toutefois il ne faut jamais céder dans les
escarmouches comme l'épisode bulgare. Il faut sans cesse les replacer
dans une tactique de guerilla, de bras de fer ou d'ouverture générale
selon la phase où l'on reste toujours et partout dans le contexte du
but général visé et ne pas se faire enfermer dans le détail des cas
(que la dominance utilise comme pièges à retarder, jouant sur la
pérennité des états de fait).
Les protagonistes
Tous sont des experts dévoués à leur cause.
- Unicode se bat pour sa prééminence commerciale,
- l'IETF se bat pour le contrôle normatif de l'Internet,
- l'ICANN se bat pour les intérêts des Etats-(et de son staff)-Unis.
Unicode est en phase 1, mais est tenu par certains de ses Membres
(Google, Microsoft) dont les responsables sont entre les phases 2 et
3. L'IAB est en phase 3. L'IETF est en phase 2.
L'ICANN est en phase 1, car elle n'est opposée que par des
"ack-tivistes" (société civile, @largesà qui acceptent ses règles du
jeu : il faut qu'elle sente le poids de la phase 2 et s'adapte pour
passer en phase 3. Pour cela il faut lui montrer pourquoi elle ne
survivra pas - au moins dans sa situation vis-à-vis des USA - dans sa
configuration actuelle si elle ne modifie pas son attitude.
Est-ce possible ?
Ce n'était pas possible jusqu'à présent. Cela l'est à partir de
janvier 2012, car elle a fait l'erreur de se mettre dans une
situation de concurrence avec ses propres utilisateurs (nouveaux
TLD). Cette situation est très facile à attiser par la technologie
(le fichier racine unique réel [tenu à jour par l'ICANN] devenant
virtuel et multiple, en totale conformité avec les RFC et logiciels
existants pour bien plus de services et d'autonomie à moindre coût
pour les utilisateurs). Or l'ICANN n'est justifié que par l'unicité
physique du contenu de ce fichier.
Dans le cas de la Bulgarie, cela passe par l'acceptation par l'ICANN
que le droit qu'elle s'arroge de l'inscription ou non dans son
fichier racine soit appelable (mon expérience répétée à l'IETF montre
que même dans la pire des oppositions apparentes, l'on peut
finalement non seulement s'accorder, mais se faire mutuellement
progresser). Sinon, l'appel se fera par la décision des utilisateurs
et donc par leur désintérêt plus ou moins rapide pour l'ICANN.
Notre but
Nous ne voulons pas que la Bulgarie négocie. Nous voulons à cette
occasion voire établies les conditions structurelles du dialogue sur
chacun des cas qui peut se produire/
jfc
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