Le Vendredi 25 Août 2006 14:07, Fabrice Papirnyk a écrit :
> Il y a une différence importante entre la dématérialisation
> monétaire et celle des votes : les votes doivent rester secrets.
> Alors que la transparence des comptes de la banque permet de les
> vérifier (par les clients, les comptables, le fisc, etc.), l'opacité
> absolument indispensable des votes est une gêne considérable pour
> les contrôles.
Je ne vois pas en quoi cela est différent. Votre médecin, votre avocat,
votre banquier détiennent tous des informations confidentielles sur vous.
Dans votre banque, des centaines d'employés peuvent accéder librement à
vos données bancaires confidentielles. Cela me gêne bcp plus que de
savoir
que quelques informaticiens ont accès à mon vote. Toutes ces personnes
doivent respecter le secret professionnel, il en est du vote comme du
reste. Dans ma société, je suis administrateur réseau, j'ai accès à
quantité de données confidentielles beaucoup plus graves, à commencer par
tous les emails.
C'est quand même très différent, surtout dans la situation actuelle où
la "démocratie" se résume à voter une fois tous les 5 ans. L'enjeu est
donc
crucial.
Si une boîte accède à ton fichier médical, voit que tu as une maladie
grave et
te refuse un emploi, c'est déjà très grave, mais ce n'est qu'un emploi.
Si on voit que tu as voté José Bové et que c'est un Hitler qui est au
pouvoir,
ça peut t'emmener en camp de concentration...
> D'après vous, comment un citoyen peut-il contrôler (réellement) les
> opérations effectuées par la machine ? Voyez ce qui s'est passé à
> Montréal fin 2005 (c'était hier) (voir ma page Liens).
Sur le vote en ligne, pouvoir rééditer son bulletin de vote est pour moi
un bon moyen de contrôle. Je ne peux pas en dire autant du bulletin
papier. Comment puis-je revérifier les votes papier ? On est bien obligé
de faire confiance au système.
Non, justement: dans un vote papier, tu mets d'abord ton bulletin dans une
urne transparente, et tu peux, si tu veux, rester dans la pièce jusqu'au
dépouillement. J'ai moi-même été scrutateur (chacun peut demander à
l'être),
et j'ai pu voir et participer au dépouillement jusqu'à la fin.
Si le scrutin est contesté, il peut être réorganisé.
C'est "lourd", mais c'est possible.
Comment peux-tu suivre le chemin de ton vote dans un scrutin électronique
?
A l'heure actuelle, qui est encore capable de vérifier son bulletin de
paye, n'est-ce pas beaucoup plus grave ??
Pour les problèmes de machines, beaucoup de solutions ont été imaginées,
faire un double vote papier/électronique, etc. Des solutions
hyper-fiables
ne demandent qu'à éclore.
Faire un double vote/papier constitue en effet, à l'heure actuelle, et
d'après
les experts, le seul moyen de pouvoir vérifier un scrutin électronique.
En pratique, on peut vérifier systématiquement 5% des bulletins par
exemple,
et on ne recompte tout que si le résultat obtenu est anormalement éloigné
du
résultat donné par la machine.
> Je n'ai pas peur du progrès, bien sûr : le vote électronique va
> rendre possible et même simple une institution que je considère
> comme décisive : le référendum d'initiative populaire. Mais quand
> même, pas à n'importe quel prix : les scrutins doivent être
> contrôlables. Non ?
>
>
>
> Est-ce que l'interdiction constitutionnelle (que je prévois) de
> confier le service des machines à voter à une entreprise privée à but
lucratif
> (autrement dit l'obligation d'en faire un service public, avec un code
source
> public et d'autres transparences) permet de régler les problèmes
> observés aux USA et au Canada ?
Non, car il ne suffit pas d'accéder au code source publié. Chaque machine
peut
avoir été localement modifiée. C'est impossible à gérer...
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Jacques
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