Bonsoir, Puis-je porter ce message sur la liste Education de l'April ? Il y a quelques alliés de Jean-François sur cette liste, mais d'autres abonnés restent à convaincre, d'autres prêchent pour un apprentissage de l'informatique au sens strict. L'argumentation de Jean-François me semble percutante pour la formation d'utilisateurs qui n'ont pas à connaître le fonctionnement d'un micro-processeur mais qui doivent maîtriser des concepts opérationnels pour travailler en toute sécurité en obtenant sans stress ce qu'ils souhaitent. Il pose les bonnes questions.
Avec l'introduction de l'enseignement de l'informatique dans certaines classes de lycée, on va tomber sur une ambiguïté. Qu'est-ce que l'informatique pour un lycéen ? Est-ce l'informatique du futur développeur ? De quelle culture générale en informatique tout lycéen et tout étudiant a-t-il besoin ? Je crains que l'on donne une grande importance au calcul binaire au détriment de concepts plus opérationnels pour l'utilisateur d'outils de tous les jours, comme les discussions en cours le font apparaître (j'ai été très intéressé par la discussion sur la base de données). Il faut absolument que je me procure le livre qui vient de paraître, destiné aux enseignants de cette nouvelle discipline, car je crains le pire... mais j'aurais peut-être une bonne surprise. A+ Jean-Yves ROYER > -----Message d'origine----- > De : Jean-Francois Nifenecker > [mailto:[email protected]] > Envoyé : dimanche 18 décembre 2011 14:57 > À : [email protected] > Objet : [fr-discuss] Les outils bureautiques - développement > - formation > - usages > > > Bonjour, > > deux discussions récentes m'amènent à mettre par écrit un > constat et des > questions que je me pose depuis longtemps. Une de ces discussions est > dans [discuss] (fil "un tutoriel pour libreoffice Writer"), > l'autre dans > [users] (fil "Initiation laborieuse à Base"). > > Par-delà les nuances Writer/Base, par-delà les opinions qui > s'expriment, > on lit en creux la question qui sous-tend tout système > éducatif : quels > développements ? comment enseigner ? Et, bien sûr : quelles > utilisations ? > > J'aimerais aujourd'hui replacer dans ce cadre nos outils > bureautiques et > la manière de les promouvoir, de les présenter, d'en > enseigner l'usage > et, surtout, de les utiliser. > > Un peu d'histoire... > > Les outils bureautiques sont apparus pratiquement avec le PC, soit au > tout début des années 80. Je me souviens avoir utilisé vers 1982 mon > tout premier tableur, Microsoft Multiplan. Vint ensuite le > traitement de > texte Textor (cocorico !). Bientôt (1990), ce fut l'adieu aux > interfaces > "texte" et l'avènement des interfaces graphiques -- sur PC ce fut > Windows 3 qui donna le véritable coup d'envoi -- qui amena les outils > Excel et Word. > > Les éditeurs (à cette époque, face à Microsoft existaient encore > WordPerfect, WordStar, Lotus 1-2-3, Quattro et sans doute > d'autres que > j'ai oubliés) mettaient tous en avant la "facilité" de la > prise en mains > et combien "intuitifs" [1] étaient leurs outils. Ceux-ci étaient (et > sont encore) farcis de bitogniaux pour "aller plus vite", > d'outils "de > productivité" (histoire de plaire aux décideurs) et autres > améliorations > toutes plus mirifiques les unes que les autres. > > C'est ainsi que naquit la Grande Ambiguïté. > > Celle qui fit que le terme "bureautique" fut adopté -- ô > erreur -- avec > son cortège, principalement "traitement de textes = machine à > écrire" et > "tableur = calculatrice". Funestes assimilations qui font > encore sentir > leurs pleins effets. Aujourd'hui, à cause de ces > approximations, *tout > le monde* continue de prendre le traitement de textes pour ce qu'il > n'est pas. > > Résultats ? > > Le premier c'est que la productivité est non seulement > inexistante mais > je ne connais pas d'utilisateur qui ne se batte *contre* le logiciel > alors que celui-ci dispose de tous les outils pour *aider* ! > Dans cette > situation, parler d'outil "intuitif" relève du mensonge le > plus éhonté. > Mensonge pourtant gobé avec délices par tous et quel que soit > l'outil, > libre ou privateur. > > Le deuxième c'est que les formations à la bureautique, > singulièrement au > traitement de textes, sont totalement inadaptées et > poursuivent sur la > voie tracée, ordinateur = machine à écrire. > > Le troisième, c'est le premier. L'utilisateur est trompé. Il > rentre de > formation en pensant que ce sera facile alors que ça ne l'est *pas*. > > Le dernier est pervers. C'est que les développeurs se trouvent forcés > dans l'ornière tracée par la dialectique et le marketing > initiaux et se > trouvent contraints d'abonder dans le sens de l'"intuitif" et du > "facile". C'est ainsi qu'on voit apparaître de prétendues > améliorations > qui compliquent la vie au lieu de la simplifier. Mais ça fait > tellement > chouette sur les plaquettes ! > > Alors, que faire ? > > Tout d'abord, enseigner "juste". C'est-à-dire ne *jamais* > dire que c'est > facile. Bien au contraire. C'est difficile mais tellement > gratifiant une > fois maîtrisé (et ça va plus vite qu'on ne pense). > > Ensuite, développer "juste" : pour un véritable usage raisonné des > outils, dans la droite ligne de ce que les concepteurs (pas les > marketeux, hein ?) de StarOffice ont mis en place, eux. Par exemple, > perfectionner les styles (créer des styles de tableaux, améliorer les > style d'images). > > Enseigner juste > > C'est mettre en avant les outils réellement productifs : les > styles, les > modèles. C'est occulter les outils qui occasionnent de la > perte de temps > (quand se décidera-t-on à supprimer la barre d'outils de formatage ?) > > C'est surtout donner du recul à l'utilisateur. "Tout est clou > pour qui > possède un marteau." (Maslow). Récemment, j'ai vu, de mes yeux vu, et > j'en suis encore tout retourné, un utilisateur d'OOo réaliser un > organigramme au moyen de... Calc ! Véridique. J'en pleure > tous les soirs. > > C'est d'ailleurs ce recul qui est le plus difficile à avoir. > L'utilisateur a le nez dans le guidon. Comment lui demander > d'avoir du > recul ? Comment faire en sorte qu'il ait les clefs suffisantes pour > adopter le "bon" outil lorsqu'il a un problème à résoudre ? > Le bon outil > c'est celui qu'on possède... On tourne en rond. > > Développer juste > > C'est produire du logiciel qui soit véritablement au service > de tous ses > utilisateurs. Qui ne mette pas en avant de > pseudo-fonctionnalités, plus > contraignantes qu'elles n'apportent de solution ; par > exemple, la mise > en forme directe devrait être difficile à apporter, les styles et les > modèles mis en avant. Pourquoi ne pas produire un outil (de > traitement > de textes) à deux niveaux : un pour les experts en > conception, l'autre > pour les rédacteurs, utilisant les productions des premiers. Ça, ce > serait aller dans le sens de l'éducation des utilisateurs et non dans > celui des marketeux (facilité, facilité...). > > > > Bon, je n'ai guère de réponses. Des idées mais pas les réponses. > > À vous la Terre. C'étaient mes deux sous du dimanche qui auront, je > l'espère contribué à la réflexion. > > > [1] Qui fait appel à l’intuition, qui est automatique, inné > et ne fait > pas ou peu appel à la raison. (http://fr.wiktionary.org/wiki/intuitif) > > Amicalement, > -- > Jean-Francois Nifenecker, Bordeaux > > -- > Envoyez un mail à [email protected] pour savoir > comment vous désinscrire > Les archives de la liste sont disponibles à > http://listarchives.libreoffice.org/fr/discuss/ > Tous les messages envoyés sur cette liste seront archivés > publiquement et ne pourront pas être supprimés > -- Envoyez un mail à [email protected] pour savoir comment vous désinscrire Les archives de la liste sont disponibles à http://listarchives.libreoffice.org/fr/discuss/ Tous les messages envoyés sur cette liste seront archivés publiquement et ne pourront pas être supprimés
