> -----Message d'origine----- > De : Marc Romano [mailto:[email protected]] > Envoyé : mercredi 25 janvier 2012 12:33 > À : [email protected] > Objet : Re: [fr-users] Mauvaise lecture DOCX > > Bonjour,
Je transfère sur discuss. [..] > > Ceci dit, pour rester sur le TdT, il faut quand même admettre que les > TdT modernes permettent pas mal de travaux proches de la PAO, à deux > conditions : > > * rester dans des compositions relativement simples (c'est le cas du > document qui nous préoccupe ici : la mise en page est complexe en > raison du nombre d'objets, mais elle n'a rien de très > sophistiqué en elle-même) ; > * (surtout !) avoir une démarche "conceptuelle" : préparer une > maquette du document final, réfléchir aux types d'objets qu'on va > utiliser, positionner ces objets rationnellement... exactement le > contraire de ce que font la plupart des gens. Il suffit de leur demander de modifier l'interlignage ou le corps des caractères... Même avec MS WW, le château de cartes s'écroule assez vite dès que l'on touche à quelque chose. Quand il est impossible de modifier sans tout casser, nous ne sommes plus dans le traitement de texte ou la PAO. Maintenant ces concepts devraient être enseignés au collège, dès que l'on passe de l'arithmétique à l'algèbre. [..] > > Cette démarche "conceptuelle", il faut l'avoir aussi quand on crée un > document "normal" en TdT. Toute la force marketing de Microsoft (cf. > toutes ses campagnes passées) est de faire croire qu'on peut créer ce > type, de document "à l'instinct", sans réfléchir au préalable > à ce que l'on veut faire. Et c'est une idée profondément ancrée > aujourd'hui dans > l'esprit des gens : quand je parle en formation TdT (aux > quelques rares > collègues qui viennent y assister...) ou à mes étudiants de cette > nécessaire démarche, les visages se ferment, c'est trop > compliqué... Et > je prends bien la précaution de parler de "formation au TdT", pas de > "formation LibreOffice". Ça ne fait rien, ils ne comprennent pas > pourquoi ils devraient réfléchir, puisqu'avec Word ils n'en > ont pas besoin. +1000 Il faut se méfier des discours de Microsoft. Dans les super-marchés, c'est bien l'image qui est donnée. En revanche, quand Microsoft s'adresse à des structures pour lesquelles la documentation a un enjeu stratégique : pérennité de l'information, exploitation automatique des informations des documents, productivité et confort des rédacteurs, etc. la présentation du logiciel est très très différente (ou était très différente car j'ai quitté le milieu depuis quelques années). La gangue marketing est retirée... On présente alors les qualités fondamentales : les styles, les modèles (et leur empilement astucieux), les macros, la personnalisation de l'interface utilisateurs, les méta-données, le travail en réseau avec des outils communs et gérés collectivement, etc. Il est dommage que l'enseignement et souvent la formation professionnelle se soient bornés au discours du super-marché sans creuser un peu plus. J'ai eu l'occasion de faire découvrir cette vision du traitement de texte à une élève ingénieur chinoise qui avait appris MS WW dans son école française de micro-électronique. Après son retour en Chine, dans son entreprise elle a été invitée à suivre des formations au traitement de texte. Elle m'a dit que c'était la même méthode que celle que je lui avais montrée et qu'elle avait adoptée en moins d'une 1/2 heure de présentation. Les Français auraient-ils été les seuls à tomber dans le piège du marketing ? Le marketing n'aurait-il pas fait que d'adapter la couche superficielle du produit aux (im)compétences des acheteurs ? > > En réalité, on consacre plus d'énergie à faire comprendre > qu'un document > est quelque chose de nécessairement structuré, qui a une > "vie" propre, > subit des mutations successives, qu'à expliquer comment faire ceci ou > cela. Et les gadgets dont s'équipent les logiciels commerciaux > contribuent à accentuer cette idée que c'est au logiciel de > s'adapter à > vous, pas à vous de réfléchir à ce que vous voulez créer. Les mauvaises habitudes sont une drogue dure... Comment éviter aux élèves qu'ils en prennent ? > > Un exemple, tiens, pas plus vieux que ce matin : je prends un texte > centré en utilisant des espaces (dans le document sujet, > justement) et > je décide de le mettre en forme "paragraphe centré", > LibreOffice centre > le texte _avec_ ses espaces inutiles, Word centre le texte _en > supprimant_ les espaces inutiles. Il est aussi possible de configurer LibreOffice pour qu'il ne supporte pas les espaces multiples, à la mode du html : "Outils - Autocorrection Options". Ainsi on évite quelques erreurs et on s'oblige à bien travailler. Microsoft a certainement plus de moyens que le libre pour étudier les comportements des utilisateurs novices sans aucune formation et avec des besoins très limités et sans enjeu, et pour développer des fonctions "d'intellinsense" parfois gênantes pour le professionnel. Microsoft propose des configurations par défaut qui sont faites pour bricoler et non pour travailler afin de ne pas être dérangé par les gens qui achètent des ordinateurs équipés ou des boîtes. La tendance du libre est d'aller dans la même direction. On comprend bien pourquoi. Comment serait-il possible de faire autrement avec les utilisateurs actuels ? L'enseignement et la formation doivent-ils succomber à ce travers ? Question délicate de proposer une configuration par défaut efficace à de nouveaux utilisateurs qui ne vont pas retrouver la même chez eux. L'apprentissage de la configuration est assez lourd d'autant qu'elle doit comporter des modèles directement utilisables. Comment faire ? Comment sortir du cercle vicieux ? Ce ne sera certainement pas spontané. Cela sera-t-il pris en compte dans les nouveaux enseignements à "l'informatique" ? Ce serait sans doute plus immédiatement utile que le calcul binaire ! [..] Librement. Jean-Yves ROYER -- Envoyez un mail à [email protected] pour savoir comment vous désinscrire Les archives de la liste sont disponibles à http://listarchives.libreoffice.org/fr/discuss/ Tous les messages envoyés sur cette liste seront archivés publiquement et ne pourront pas être supprimés
