On 13-01-31 05:10 AM, Alexander Thurgood wrote: > Le 31/01/2013 08:13, Pierre Choffardet a écrit : > > Bonjour Pierre, > > >> La 3.6 a été bien testée maintenant alors que les gens ne passeront >> que progressivement à la 4. elle réservera encore des surprises, à >> mon avis, quand elle en sera à la 4.0.2 ou 3 >> >> Pas simple de prendre la décision de balancer une nouvelle version >> sur plusieurs centaines de PC. Utilisateur déçu ; utilisateur perdu ? >> > J'irais plus loin - quelle motivation pour un DSI, responsable > informatique ou gérant d'une entreprise de rester avec LO, étant donné > que l'on sort une nouvelle version majeure tous les 6 mois, et qu'en > se faisant, on introduit de nouveaux bugs dans des fonctionnalités > pré-existantes. Quel gage de stabilité dans le temps a-t-on dans ce > cas-là ?
Bonjour Alexander, Tout d'abord merci d'avoir pris le temps d'écrire ici. Je vais tenter de donner quelques éléments de réponse. Comme contexte, vous pouvez avoir un apperçu de ma participation au projet et de mon travail ici: http;//libreoffice.magicfab.ca Selon la logique que vous décrivez, on ne ferait jamais de mises-à-jour logicielles en entreprise. Ne sous-estimez pas les DSI/responsables informatiques/gérants. C'est leur travail de planifier ces mises-à-jour et en ce sens le site et la documentation en ligne de LibreOffice sont clairs: calendrier de sorties de versions, "changelogs", bug-tracker ouvert, notes de version sur une seule page pur chaque version majeure (même en français maintenant!), tout est là pour bien tester, planifier et déployer ces mises-à-jour. Les bugs introduits dans les nouvelles versions (regressions) sont importants à découvrir, ça c'est notre travail en assurance qualité mais si personne ne fait d'essais sur le terrain, en environnement contrôlé, difficile de les rêgler. C'est un point valide dans n'importe quel projet informatique, libre ou pas, mais ici on a l'avantage d'une fondation solide, une communauté active, plus les points cités plus hauts, etc. donc un environnement idéal pour minimiser ce problème. Autrement dit, ce n'est pas un problème qui demeure ou qui augmente de manière significative. > > Si je fais vite une comparaison bête avec MSO aujourd'hui, et je ne > parle pas de la future "location en ligne" à 99 Euros, j'achète 10 > licences MSOffice Pro 2013 PME (sans Access et Publisher), ça me coûte > 269€ x 10 (vérifié ce matin sur le site du MS store), soit 2690 Euros > TTC !! Le prix des licences est important mais c'est un piège. MS *donne* ses licences dans beaucoup de situations, surtout gouvernement et éducatio (cf. Dreamspark) alors il ne fait pas mettre toutes ces énergies sur ce point unique. > > Certes, je pourrais mettre autant en dons dans le projet LO, mais > pourquoi le ferais-je, si les régressions me coûtent du temps, une > perte de productivité et par conséquent de l'argent, à chaque nouvelle > sortie de version ? En faisant un don, je n'ai aucune garantie que les > régressions qui me posent problème seront résolus lors de la prochaine > mise à jour (qui entre nous soit dit, demeure toujours une > réinstallation complète, au lieu d'un patch/correctif de taille plus > gérable). L'argent n'est pas suffisant. Si vous en épargnerez à ce point, engagez un développeur à temps plein. Quel projet vous * garantit * que vos bugs seront rêglés si vous faites seulements des dons? Certainement pas Microsoft et MS Office. De manière plus réaliste, vous avez beaucoup de possibilités d'influencer les bugs dans un projet libre si vous testez, rapportez des bugs, documentez, partagez, et proposez des changements. Si vous manquez d'exemples, peut-être pouvons-nous les documenter clairement auprès d'entreprises comme Lanedo par exemple, et en faire des études de cas. Je devine ausis que vous utilisez Windows ou autre environnement. Sous GNU/Linux les mises-à-jour sont transparentes et je n'ai pas eu de problèmes importants à ce sujet même lorsque j'ai testé les pré-versions (ce que je fais depuis la toute première version de LibreOffice). > > Alors, "concluez un accord de support avec un de nos prestataires > agréés" nous dit-on. Je me suis rendu sur les sites de ces sociétés de > support, et n'ai trouvé nulle part des tarifs clairement affichés : > > Chez Suse : > LibreOffice pour Windows, 1 Device, Standard Subscription, 1 year : > 113 Euros > Je n'ai trouvé nulle part la signification de "Standard Support" Il faut leur demander, c'est un problème sur leur site. > Rien proposé pour des postes sous Linux, à part le package global > (distribution complète, serveur, etc, c-à-d non-spécifique à LibreOffice) En effet, la plupart des distributions offrent seulement un support de base bureautique pour leurs applications. Seule Ubuntu (via Canonical) va un peu plus loin dans ce sens. Étant ancien employé (Senior Ubuntu support analyst pendant 5 ans) et client depuis 2 ans, je peux en parler. Vous pouvez certainement engager des ressources plus spécialisés et des développeurs directement chez Canonical, par demandez pour les "Premium Support Engineer". Cependant pour le support bureautique vous aurez plus de chance avec un prestataire local. > Rien proposé pour les postes sous Mac Encore là, il faut demander directement. Je devine qu'il y a peu de demande pour des services pour Mac, et peu d'entreprises doivent le demander formellement: c'est l'oeuf et la poule. Il y avait NeoOffice qui était une version spécialisée, dérivée d'AOO, qui offre encore ce genre de services, mais y investir temps et argent viendra avec son lots de problèmes si vous avez un environnement mixte assez gros. Un autre fil de discussion serait utile sur ce sujet précis, je manque d'informations et la situation a certainement changé. Une bonne question à leur poser: vont-ils considérer baser leur version sur LibreOffice éventuellement? > > > Chez Redhat : > https://access.redhat.com/support/offerings/production/soc.html > > A part le package Global Support, je n'ai rien trouvé. En outre, il > semblerait qu'il n'offre aucun support pour "les projets > communautaires sur lesquels sont basées les versions entreprise"... Il faut leur demander directement, cf. mes remarques plus haut sur le support d'un OS complet vs. le support applicatif. Selon votre budget, certains éditeurs iront jusqu'à vous "prêter" un employé pour assurer ce type de support. > Pour Windows : rien ? > Pour Mac : rien Je revois ces constats, mais le fait est que si on support LibreOffice, la majorité des problèmes (sauf de déploiement en grand nombre) seront communs aux 3 plateformes GNU/Linux, Windows et Mac OS - et dons les solutions aussi. J'y vois l'opportunité d'avoir des employés directement à la TDF dédiés au support mixte. Là aussi c'est une opportunité relativement simple à concrétiser selon votre budget. De combien de postes parle-t-on? > > Chez Lanedo : > http://www.lanedo.com/services.html > > Pas de tarifs. > Rien sur Mac. Il faut leur demander directement (quoique leurs employés sont probablement déjà ici sur cette liste). C'est aussi un problème important sur leur site. > > Credativ : > http://www.credativ.co.uk/services/support/projects/office/libreoffice/ > > Support démarrant à 199 GBP par mois et ce pour un nombre de distribs > Linux assez impressionnant > Pas de support LO pour Windows > Pas de support LO pour Mac Il existe des milliers d'applications pour GNU/Linux, je doute qu'aucun éditeur n'indique ou n'offre un support spécialisé pour chacune d'entre elles. Encore une fois, il faut leur demander d'afficher clairement leur politique de support pour Windows/Mac. > > > > Ce blogpost est intéressant, surtout les commentaires : > http://gadgetopia.com/post/8203 > > La réalité qu'invoque ce consultant vis-à-vis de PME américaines est > la même à laquelle les PME françaises font face depuis des années. > Combien de PME FR ont conclu des contrats de support MSOffice ? > Sérieusement ? Pour des progiciels de comptabilité, de gestion > système, de gestion du personnel, oui, ça peut se concevoir (et > encore, pour les TPE, presque jamais). Je pourrais parier que beaucoup. Pour avoir travailler dans une entreprise consacrée au support Windows, dans l'équipe technique de première ligne, pas plus tard que l'an passé, en tant que spécialiste GNU/Linux, j'ai pu comparer les demandes de clients. Seulement, ces contrats sont considérés "support bureautique général". En PME, on n'a pas le luxe de payer pour seulement un produit, un problème à la fois, c'est plus souvent qu'autrement un accès à un ensemble de ressources spécialisées pour lequel on paie. À titre d'exemple, j'intervenais toujours pour les mandats de migration de données d'Outlook vers Thunderbird, mais vous ne trouverez jamais cette offre sur le site de l'entreprise. Ouvrir une ligne de produits et l'annoncer n'est pas toujours dans les priorités, c'est un problème de communication. Mais suivre cette logique ne mène nulle part. On peut difficilement comparer avec des données sur les logiciels libres *car beaucoup de support se fait par les utilisateurs eux-mêmes*. L'accès au soutien gratuit est phénoménal, mais on doit être patient. En contre partie, si vous voulez aller plus vite et payer pour, il y a même une page spécifique listant les spécialistes LibreOffice. On peut les contacter rapidement, gageons qu'ils savent où doit aller l'argent pour attirer l'attention sur telle ou telle amélioration. > > Tout ça pour dire que, répondre à un utilisateur de LO desarçonné par > les régressions constantes qu'il n'a qu'à prendre un contrat de > support, relève de la fantaisie - la réalité de l'offre n'y est pas > sur le terrain. Certes, si votre PME tourne avec des postes sous Linux > et un serveur Linux, alors là, vous aurez un minimum de support avec > votre contrat SSII, mais il ne sera pas spécifique à LO (ça c'est du > vécu). Si vous êtes sous Mac ou sous Windows, franchement, l'argent > serait mieux dépensé en licences de produits commerciaux > propriétaires, nonobstant toute réflexion idéologique ou > philosophique. Là au moins, même si on n'a pas de support payant, on > aura au moins un produit dont le changement de version n'amène pas de > grosses surprises. Oui, on restera tributaire du Absolument. Si vous voyez LibreOffice et son écosystème (y compris GNU/Linux) uniquement comme un moyen d'épargner de l'argent, ce n'est pas pour vous. Continuez d'utiliser les autres produits. Les mises-à-jour de Microsoft n'apportent pas de changements ou bris majeurs? Pardon, mais ce n'est pas vrai. Non seulement elles sont difficiles à contrôler si on n'a pas un environnement spécifique de tests + déploiement, mais l'activation de licences en PME augmente les coûts rapidement. Lorsqu'une license devient inopérante, je ne connais pas beaucoup de PME qui se vantent du temps passé à les réactiver, à naviguer le site interminable de Partners Microsoft, etc. Oui, c'est du vécu aussi, j'étais le contact principal pour cet aspect dans la même entreprise dont je parlais plus haut. Essayez d'expliquer à un développeur que Visio Pro ne fonctionnera plus pcq il est associé à sa licence MS Office qui mystérieusement a expiré. J'ai quelques captures d'écran à l'appui: https://picasaweb.google.com/102415554453485274892/WorkingWithWindows C'est très démoralisant de soulever et contourner les problèmes posés par Windows + MS Office en tant qu'informaticien (et de les subir en tant quútilisateur). Je ne vois pas comment y dépenser de l'argent et temps soient mieux ou justifiables, mais limiter le tout aux questions d'argent est très réducteur. > > On a déjà évoqué la possibilité d'avoir un marché de résolution de > bugs par prime, c'est une idée qui me paraît intéressante - > l'utilisateur, le patron, le DSI tombe sur, ou connaît, un bug gênant > pour son entreprise - si d'autres sites de service/produits peuvent > fonctionner de cette manière, je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas > pareil pour la résolution de bugs dans LO, pour autant que le code > soit contribué selon les licences du projet. Mais là, on se heurte à > un refus idéologique d'une part, de certains membres, et une peur > (justifiée dans une certaine mesure) des problèmes de gestion qui > pourraient survenir par la suite : > > - si qqn résout un bug par le biais d'une prime, le code est intégré ; > - qqn d'autre introduit du code qui met à mal la résolution du bug, > involontairement ; > - comment gérera-t-on les inévitables conflits qui naîtront ? > - qui réparera les dégâts ? Ces problèmes ne sont pas spécifiques à LibreOffice ni aux logiciels libres. J'y vois des opportunités, et dans beaucoup de cas les solutions sont à notre portée, encore une fois cela dépends de votre budget. On ne peut rêgler tous les problèmes àl'avance ni répondre à toutes les questions possibles "au cas où". Mais si vous arrivez avec un budget précis, des besoins clairs (ou même pas clairs!), je ne connais pas beaucoup de firmes ou consultants indépendant qui ne vous aideront pas à trouver le chemin à suivre - et en prime il sera documenté pour que d'autres le suivent. > > Le fait est que le projet LO n'a pas de règles "strictes" quant au > fait de ne pas détruire quelque chose qui marche ou en tout cas faire > en sorte que ce qui a été changé ou détruit soit remplacé par une > autre chose aussi fonctionnelle. Cette liberté est intouchable à > l'heure actuelle, semble-t-il. C'est le bazaar dans toute sa > splendeur, avec les inconvénients évoqués ci-dessus que cela plaise ou > non. Personne n'est fier des imperfections d'un projet. On vise certainement l'amélioration. Mais si vous appliquez une mise-à-jour sans la tester avant en tant que DSI/gestionnaire de parc informatique, je ne vois pas comment un projet informatique peut vous convenir. Sans testeurs dans le domaine PME ou "plus qu'un seul poste individuel" pour l'utilisation sur le terrain, difficile de relever ou même de deviner ces bugs importants. Et surtout, si vous ne demandez jamais aux prestataires clairement ce que vous voulez et l ebudget que vous désirez y consacrer, il faudr 6etre patient et attendre que l'offre et la demande fassent leur travail, sans vous. Je voudrais bien avoir votre réaction et encore une fois merci de partager ces critiques de manière constructive. Fabian -- Fabián Rodríguez http://libreoffice.magicfab.ca -- Envoyez un mail à [email protected] pour savoir comment vous désinscrire Les archives de la liste sont disponibles à http://listarchives.libreoffice.org/fr/discuss/ Tous les messages envoyés sur cette liste seront archivés publiquement et ne pourront pas être supprimés
