Bonjour, 

petit rappel : 


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### 1. Un TCD est un outil d’analyse exploratoire, pas un outil de tenue de 
comptes

Les tableaux croisés dynamiques (appelés « Tables de pilote » dans Calc) 
servent à :

* agréger des données déjà saisies ailleurs ;
* produire des synthèses ponctuelles (sommes, moyennes, comptages) ;
* explorer des tendances via filtres et regroupements dynamiques.

Ils ne constituent **ni une base de données transactionnelle**, ni un registre 
comptable.

Toute modification dans la feuille source (ajout, suppression, correction) 
impose un **rafraîchissement** du TCD. Or ce rafraîchissement peut :

* perdre des regroupements personnalisés ;
* casser des champs calculés ;
* modifier silencieusement les totaux si la source n’est pas parfaitement 
propre.

En comptabilité, une écriture validée doit devenir **inaltérable**, avec 
traçabilité complète. Un TCD, lui, est recalculé à la volée : il ne garde 
**aucun historique**.

En cas de contrôle fiscal, il est alors impossible de démontrer que le solde 
affiché correspond exactement aux écritures originales (cf. 
BOFiP-CF-IOR-60-40-20, exigences sur la reconstitution des écritures).

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### 2. Incompatibilité structurelle avec le FEC (Fichier des Écritures 
Comptables)

Depuis 2014 (art. L47 A du LPF), toute entreprise doit pouvoir produire un 
**FEC conforme**.

Le FEC exige notamment :

* un identifiant unique par écriture ;
* une séparation stricte par journaux ;
* des dates, comptes, débits/crédits parfaitement traçables ;
* un verrouillage par période ;
* une cohérence parfaite entre écritures, pièces et soldes.

Un tableur, même enrichi de TCD et de macros, **ne peut pas garantir ces 
propriétés**.

Les tentatives artisanales (export CSV, retraitements) échouent très souvent 
aux tests de l’outil officiel de la DGFiP, pour des raisons simples :

* absence d’unicité garantie des lignes ;
* impossibilité de figer un exercice ;
* modifications invisibles a posteriori.

Exemple concret : une correction dans la feuille source met à jour le TCD, mais 
invalide silencieusement tout FEC déjà exporté. Sans trace.

Sanction prévue : **5 000 € minimum** (et souvent bien plus) + possibilité de 
redressement pour non-présentation conforme (jurisprudence constante, CAA Paris 
2018 et suivantes).

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### 3. Effets de bord propres aux TCD qui aggravent le risque

Les TCD introduisent des pièges techniques spécifiques :

* regroupements automatiques erronés (dates mal interprétées → agrégation 
mensuelle involontaire) ;
* calculs masqués par des filtres résiduels ;
* valeurs nulles interprétées comme zéro ;
* non-reproductibilité entre postes (paramètres régionaux, formats, options) ;
* dégradation progressive du classeur sur plusieurs années (références cassées, 
copier-coller destructeurs).

Au bout de 3 à 5 ans, ces classeurs deviennent **impossibles à auditer**.

Ce ne sont pas des hypothèses théoriques : les études Oracle (2023) et 
Insightsoftware montrent que les erreurs liées aux tableurs sont parmi les 
premières causes de non-conformité en entreprise. L’Ordre des 
Experts-Comptables déconseille explicitement la tenue comptable sur tableur.

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### 4. Comparatif technique

| Critère                          | TCD Calc / Excel      | Logiciel comptable 
(Grisbi, Skrooge, Dolibarr…) |
| -------------------------------- | --------------------- | 
----------------------------------------------- |
| Inaltérabilité des écritures     | Aucune                | Verrouillage par 
période                        |
| Traçabilité (audit trail)        | Aucune                | Historique, 
journaux, horodatage                |
| FEC conforme DGFiP               | Impossible nativement | Export direct 
validé                            |
| Séparation des journaux          | Manuelle et fragile   | Native             
                             |
| Contrôles de cohérence           | Aucun                 | Lettrage, 
rapprochement bancaire                |
| Pérennité multi-années           | Très faible           | Forte (base SQL)   
                             |
| Risque fiscal en cas de contrôle | Très élevé            | Nul si outil 
conforme                           |

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### Conclusion : les TCD sont excellents… mais pas pour ça

Les TCD sont remarquables pour **analyser** un grand livre ou un bilan exporté.

Ils sont catastrophiques pour **tenir** une comptabilité.

Continuer à le faire, c’est s’exposer à :

* des erreurs invisibles ;
* une non-conformité légale ;
* des sanctions fiscales ;
* une impossibilité totale d’audit.

La bonne pratique est simple :

> tenir la comptabilité dans un logiciel adapté,
> exporter en CSV propre,
> utiliser Calc et ses TCD **uniquement pour l’analyse**.

Relis le BOFiP et le PCG 2026 : l’exigence porte sur la **fiabilité technique 
du système**, pas sur la bonne volonté de l’utilisateur.

Cordialement,

Bernard Schœnacker
Rédacteur technique industriel – Technicien méthodes
(qui a lu la notice… et les 300 pages du PCG)

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**Références**

* BOFiP-CF-IOR-60-40-20 : Contrôle des comptabilités informatisées – Format du 
FEC
* ANC (2026) *Plan Comptable Général – version consolidée*
* Oracle (2023) *Les risques des feuilles de calcul en entreprise*
* Ordre des Experts-Comptables (2024) *Recommandations sur la tenue comptable*

Merci et bonne journée

Cordialement Bernard

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