Deux problemes cependant -

- curriculum; le changement de mot ne recouvre pas vraiment le changement
d'idee. Curriculum est un mot anglais qui veut dire, exactement,
"programme" scolaire; et l'experience de la scolarisation de mes enfants me
montre tous les jours a quel point ce "curriculum" est inflexible et
sterile.

L'idee a laquelle tu fais allusion, *l'autonomie de l'enseignant*, est tres
delicate a evoquer de directement parce qu'elle s'oppose a enormement de
resistance. Mais je crois qu'il ne faut pas cacher derriere un neologisme
une realite tres difficile de l'enseignement. Quand aux anglicismes, bien
sur d'ou je suis (et avec mon clavier sans accents) je peux parler, mais je
rappelle que c'est notre profession qui est alle cherche dans la theologie
de Fenelon le mot "ordinateur", parce qu'il en exprimait tellement plus que
le simple calculateur vendu par IBM sous le nom de "computeur". Un mot plus
riche, mieux enracine dans notre etymologie, puisant son inspiration jusque
dans les traditions philosophiques de la France grand siecle, et qui s'est
exporte dans tout le monde latin. On peut quand on veut.


- le deuxieme probleme, je le lis dans ta presentation - c'est
l'articulation trop aisee entre programmation et TICs. Je cite: "un langage
de programmation peut servir a traduire des idees et des concepts, creer
des communautes, experimenter des echanges". A moins d'ecrire un logiciel
de reseau social, un langage de programmation ne peut *pas* servir a creer
des communautes ni a experimenter des echanges; par contre, il sert, en
effet, a traduire des idees et des concepts.

C'est cette idee qu'il faut creuser. Comme ecrit magnifiquement Seymour
Papert a propos de ses jeux d'enfant: "Gears, serving as models, carried
many otherwise abstract ideas into my head" (
http://www.papert.org/articles/GearsOfMyChildhood.html; en francais, j'en
trouve beaucoup de commentaires mais aucune traduction). La programmation
fait de l'ordinateur un outil de reification, un usage tout a fait
particulier de cet outil de la pensee qu'est l'ordinateur, bien distinct de
l'organisation des idees, de la communcation, etc.


Je crois que trop de specialistes de l'enseignement esperent que la
programmation n'est qu'un petit prolongement des TICs qu'ils connaissent
deja. Malheureusement il n'y a pas de solution de facilite, parce que
l'informatique n'est pas seulement un outil; c'est un autre corps de
connaissances, qui ne se reduit pas a ses sources mathematiques,
commerciales et technologiques.

En cela la question de la programmation a l'ecole est sans rapport avec
celle de l'usage d'internet ou de reseaux sociaux en classe, la presence de
tableaux intelligents ou autres jouets technologiques. Elle peut se faire
sans ordinateur (http://www.youtube.com/watch?v=30WcPnvfiKE, encore en
anglais je regrette) mais pas sans connaissances appropriees et pas dans
l'illusion qu'un programme ecrit par des adolescents peut etre un outil de
communication.



> Bonjour,
> Voici les quelques mots-clés à retenir de la matinée du CNNum sur
> “Littératie, programmes, enseignement de l’informatique”.
> J'étais dans la commission "Reine Rouge : Co-évolution de l'environnement
> numérique et de l'éducation"
> http://prezi.com/7vesyo3gyhee/concertation-sur-leducation-et-le-numerique/
> Plutôt qu'un programme décliné pour chaque niveau, c'est l'idée du
> curriculum qui devrait être mis en avant, laissant de l'autonomie aux
> enseignants. L'idée du parcours pédagogique me plait puisque c'est aussi la
> conclusion à laquelle je suis arrivé.
>
> Sincèrement.
>
> Christophe THOMAS
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