Conversation très intéressante. Je suis bien entendu pour l introduction de l informatique dans les cursus scolaires. Doit on l intégrer aux matières existantes (1ère option prônée dans un récent billet de la fing) ou doit on en faire une matière académique à part (2ème option). La première option induirait une refondation de l école aussi bien au niveau de la formation des enseignants qu au niveau des contenus pédagogiques. Pour ces raisons je trouve l approche trop ambitieuse: le mieux est l ennemi du bien sans compter que (sans vouloir offenser personne) réformer l EN en France peut se révéler un véritable challenge. La seconde approche certes moins ambitieuse me paraît plus réalisable car moins coûteuse en ressources dans son élaboration. Et rien n empêcherait de viser à travers un échéancier flexibles une evolution progressive de la 2ème a la 1ere option.
Une chose est sûre il faut agir vite notamment pour ne pas prendre un train de retard supplémentaire vis à vis d'autres pays. C'est un enjeu national notamment pour notre économie: « L'enseignement de l'informatique en France : il est urgent de ne plus attendre. » Je me permets de partager ce billet des Echos évoquant une pétition; http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/debat/0203441924014-lire-ecrire-compter-et-programmer-667527.php J en profite pour poser 2 questions: - y en a t il parmi vous qui ont signé cette pétition dont il est fait référence dans l article? Et si oui quelles suites attendez vous dans l immédiat? - parmi les initiatives signalées en fin d article, les coding goûters sont mentionnés. Est-ce une initiative propre à ce site? Bonne soirée à tous G Envoyé de mon iPad > > Puisque Julien est fan de comparaison avec l'écriture, vous aimerez > peut-être la devise des frères Estienne: "je sens plutôt l'huile que le > vin" - pour être un imprimeur, traduire et éditer les plus grands penseurs, > tailler ses caractères, il vaut mieux pas passer son temps à la taverne en > face. > > Julien écrit: > >> Je constate que 2 ans après, les discussions sont les mêmes dans les >> conférences, articles et tables rondes. > > Je ne crois pas que les discussions soient les mêmes. Je me permets de > donner ici une version anglophone de l'évolution du débat. > > Dans les dix années qui ont précédé la crise de 2007, les Etats-Unis, > l'Angleterre, l'Australie etc. ont fait face a une grave crise du > recrutement dans les professions de l'informatique - celle du 'code', parce > que les commerciaux ne manquaient pas. La crise touchait à la fois les > formation universitaires, en chute libre, et les postes, qui restaient à > pourvoir. > > Paradoxalement, on n'avait jamais autant parlé d'informatique. Le > gouvernement Blair avait un spécialiste ès révolution numérique parmi ses > membres. Toutes les pubs et tous les articles de journaux faisaient > l'apologie de la révolution numérique. Alors, pourquoi ce paradoxe? > > Mon explication, c'est que la mode informatique ne touchait pas à la > réalité du sujet. C'était une mode de la consommation de numérique, c'est > pour ça qu'elle donnait une telle illusion de facilité. Dans les écoles, > comme le college (une sorte de lycée technique) anglais ou j'enseignais > alors, tout était fait pour maintenir cette illusion de facilité: diplômes > pour tous, possibilité de rattraper tout travail manquant indéfiniment, et > programmes scolaires sans aucune proposition de prendre une part active à > la création numérique. Etonnez-vous après ça que les universités et les > compagnies qui forment et embauchent des jeunes pour créer les systèmes > aient du mal à recruter. > > Mais tout ça a eu une fin très brutale: le manège fou qui entrainait cette > illusion s'est arrêté du jour au lendemain. Et avec, la pompe à fric qui > fournissait du travail à des jeunes très mal formés, employés à pousser à > la consommation, et qui se sont retrouvés, du jour au lendemain, sans > travail. Seuls ceux qui avaient développé une compétence réelle, et avaient > réussi à la faire valoir dans leur entreprise, sont restés. Pour une bonne > partie de mes anciens collègues et de leurs étudiants, le choc du > renversement des valeurs a été complet; tout ce qui était vrai avant la > crise est devenu faux: inutile de coder? Faux; la révolution numérique crée > un commerce entièrement nouveau? Faux; les principes de l'informatique sont > transformés par la montée d'internet? Faux... > > Peut-être qu'en France la transformation a été moins visible. Dans > l'enseignement - l'engouement pour les technologies de l'information a été > moins stupide, retenu par la lenteur de réaction de l'éducation nationale. > Dans la formation - les écoles d'ingénieur n'ont jamais perdu leur > réputation. Dans le monde du travail - je n'ose pas remercier le chômage > élevé et l'incroyable productivité des actifs français qui travaillent, > mais ils font partie de "l'amortisseur" qui a fait que l'avant et l'après > crise n'ont pas été, en France, le choc incroyable des pays anglophones. > > Revenons à nos moutons. Le débat a-t-il évolué depuis quelques années? > > - il a énormément évolué en Angleterre, où l'échec des 'technologies de > l'information' est patent. C'était un encouragement à la passivité devant > le spectacle de la transformation numérique en marche, c'est fini. Les gens > compétents se font entendre. Les programmes ont évolué: des technologies de > l'information, à l'informatique en tant que telle et en tant que science. > Il faut encore former des professeurs, affiner les programmes, proposer des > logiciels adaptés, des manuels... > > - et en France? A en juger par vos initiatives, la France est un ou deux > ans derrière l'Angleterre - mais la question était plus focalisée en > Angleterre sur les choix de discipline. Les questions de réforme éducative, > de moyens, de pérennité des programmes (si on ajoute l'informatique - on > enlève quoi?), sont un autre débat en France, qui ne simplifie pas la tâche > et peut la faire dérailler complètement. Et chez vous aussi il faudra des > IUFM d'informatique, des postes, des logiciels pour les jeunes, des manuels. > > Mais alors, pensez-vous, pourquoi est-ce qu'on parle encore de ces aspects > 'consommateurs' de la révolution numérique? > > - d'abord c'est le deuxième débat: la réforme éducative et les moyens. Les > écoles anglaises ont des tableaux informatisés dans toutes les classes, des > salles équipées et sécurisées, des extranets à la maison pour les devoirs > des enfants et la maintenance qui va avec. Tant que ce ne sera pas fait en > France, on trouvera des gens pour confondre "code au programme" avec > "internet dans la classe". Le second finira par aller de soi. > > - ensuite, parce qu'il existera toujours des gens pour préférer la > facilité. La révolution numérique, comme les révolutions politiques, > sociales, industrielles, ne se fait pas sans effort. Il a fallu du sang, > des pavés, de la sueur et du cambouis. Ce n'est pas du goût de tout le > monde. C'est plus facile de faire le révolutionnaire sur un plateau télé. > > Comme dit Julien: > Mais peut être (...) les initiatives collectives productrices de "bien > commun", d'écosystème, sont ce qui va décaler le débat. > > A en juger par ce que j'ai vu se passer en Angleterre, vous avez devant > vous plusieurs années de ce travail, d'initiatives individuelles ou > associatives, de clubs, de propositions. Plus si le débat déraille ou part > dans des directions multiples. > > Mais ces moments de travail sont aussi les plus beaux. En fait c'est super > de se sentir actif - comme disent les frère Estienne, de sentir l'huile. > > C. > -------------- section suivante -------------- > Une pièce jointe HTML a été nettoyée... > URL: > <http://listes.jecode.org/pipermail/discussion/attachments/20140426/8f0f6fde/attachment-0001.html> > > ------------------------------ > > Message: 2 > Date: Sun, 27 Apr 2014 10:35:48 +0200 > From: Martin Quinson <[email protected]> > To: Benoit Parsy <[email protected]> > Cc: discussion <[email protected]> > Subject: Re: [jecode] «Demain, tous lettrés ?» > Message-ID: <[email protected]> > Content-Type: text/plain; charset="iso-8859-1" > >> On Sat, Apr 26, 2014 at 11:31:56AM +0200, Benoit Parsy wrote: >> Salut les tous! >> Devons nous appeler à une n'ième refondation de l'école, autour de valeurs >> pédagogiques liées aux usages, aux savoirs faire, plutôt qu'à une forme >> d'académisme pratiqué par l'institution EN actuelle, qui ressemble malgré >> tout à un vieux relent pas digéré de la querelle des anciens et des >> nouveaux. > > Oui, tu prêches un converti. Il faut refonder l'école pour la remettre > sur les rails voulus par ses fondateurs : formation de qualité et > adaptée à son siecle, pour tous. Je crois que c'est un avis très > partagé sur cette liste. Effectivement, la doocratie est plus adaptée > à notre siecle que la hiérarchie, j'en suis bien certain. > > Je vois également comment un enseignement intelligent de > l'informatique pourrait servir de cheval de troie à cette réforme en > profondeur (I see what you are doing ;) > > Mais, introduire l'informatique dans l'école va être dur assez dur > comme ça. > > Les ultra libéraux vont tenter d'utiliser l'idée pour diminuer la > quantité de profs, leur formation ou même réduire le nombre d'écoles. > Les réac vont freiner des quatre fers en disant que eux ont appris > avec des équtions à la craie au tableau depuis des siecles, et que > c'est pas une mode qui va changer les choses. Les vendeurs de > logiciels vont seulement chercher à discuter des accords open-bar sur > l'argent public. Les libristes (dont je suis) vont bloquer toute > avancée si chaque octet n'est pas un bien commun (mais ca, je suis > d'accord). Si on ne les aide pas, les profs ne sauront pas s'y > prendre, feront de la merde et risquent de bloquer les gosses (le "si" > dans la phrase, c'est ce que je veux faire ici pour l'instant). Et ce > ne sont là que quelques raisons qui peuvent faire dérailler le truc. > > Il faut pourtant qu'on trouve un chemin et qu'on parvienne cette > introduction le plus vite possible, 10 ans après le vietnam, 2 ans > après le royaume uni. Non pas par patriotisme, mais pour la stabilité > et la paix sociale. > > Je propose donc qu'on arrête de se condamner à l'inaction en cherchant > une à la fois, et qu'on se mette > au travail en acceptant les solutions partielles, améliorables, mais > immédiatement fonctionnelles [que l'on améliorera par la suite]. > > Ne brouillons pas la grille de lecture de ce qu'est jecode.org, ca > serait dommage qu'au moment où le grand public se demande ce que c'est > que le code, on soit pas en mesure de leur expliquer que savoir > programmer, c'est savoir écrire pour l'ordinateur, et que ça ouvre des > portes extraordinaires. Ne soyons pas trop gourmands, mettons un pied > dans la porte, le reste suivra. > > Quant à moi à titre personnel, je vais tâcher de faire moins de mails > et plus d'activités réutilisables, d'initiatives pratiques auprès des > gamins et de formation des formateurs pour rhizomer le plus largement > possible. Je me fais l'impression d'une baleine informationnelle ces > derniers temps, tout juste capable de faire des mails. Dire ceci en > bas d'un mail si long est ridicule, je vous l'accorde et me tais. > > Bye, Mt. > > -- > Each language has its purpose, however humble. > Each language expresses the Yin and Yang of Software. > Each language has its place within the Tao. > But do not program in PHP if you can avoid it. > -- The Tao of Programming > -------------- section suivante -------------- > Une pièce jointe autre que texte a été nettoyée... > Nom: signature.asc > Type: application/pgp-signature > Taille: 819 octets > Desc: Digital signature > URL: > <http://listes.jecode.org/pipermail/discussion/attachments/20140427/4b122a98/attachment-0001.sig> > > ------------------------------ > > Subject: Pied de page des remises groupées > > _______________________________________________ > Discussion mailing list > [email protected] > http://listes.jecode.org/cgi-bin/mailman/listinfo/discussion > > > ------------------------------ > > Fin de Lot Discussion, Vol 5, Parution 52 > *****************************************
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