Chères collègues, chers collègues, nous vous prions de bien vouloir trouver ci-dessus les details de l'appel à contributions que nous avons lancé sur cette liste il y a quelque jour (la pièce jointe n'était pas passée).
En vous priant de bien vouloir accepter nos excuses pour ce double envoi, cordialement, Sina Badiei (Collège International de Philosophie (CIPH) / Université de Paris) Matteo Vagelli (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) *Étudier la pensée économique par le prisme de l’épistémologie historique * Numéro spécial de la revue de philosophie économique Coordinateurs : Sina Badiei (Collège International de Philosophie /Université de Paris) Matteo Vagelli (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) L’hypothèse de départ de ce numéro est la suivante : pour rouvrir le dialogue entre la pensée économique et ses critiques, ne pourrait-on pas faire droit, de manière plus nette, à l’ancrage historique et épistémologique de la pensée économique ? Cette hypothèse procède d’un constat simple : beaucoup de questions qui font actuellement débat dans la pensée économique sont en réalité assez anciennes. Pour n’en donner qu’un exemple, la question du rapport entre la psychologie et l’économie a non seulement été une question centrale au moment de l’émergence du marginalisme, mais elle a également constitué l’un des moments centraux de l’œuvre séminale d’Adam Smith sur les sentiments moraux. Mobiliser l’histoire de la pensée économique pour mettre en relief certains de ses problèmes actuels pourrait, dans ce cadre, jouer un rôle majeur. Cet ancrage historique ne peut toutefois suffire à rouvrir le dialogue entre les économistes et leurs détracteurs actuels. En effet, il ne suffit pas de connaître l’histoire de la pensée économique pour répondre aux critiques adressées à l’économie. Il faut également s’armer contre toute forme d’anachronisme, par la constitution de repères épistémologiques solides. Or il nous semble que l’approche ici requise, qui doit être à la fois historique et épistémologique, pourrait tirer profit de l’étude et de la discussion de l’épistémologie dite historique, associée en France aux noms de Gaston Bachelard et de Georges Canguilhem. Selon ces deux philosophes, l’étude des sciences du point de vue de l’épistémologie historique implique de s’intéresser aux obstacles épistémologiques et aux problèmes que ces sciences ont dû surmonter pour atteindre leur état actuel. Il nous semble que cette attitude pourrait être féconde pour la pensée économique. Ainsi, le fil conducteur de ce numéro spécial consisterait à réfléchir aux enjeux et au sens d’une étude de l’histoire de la pensée économique du point de vue des obstacles épistémologiques et des problèmes qu’elle a croisés au cours de son histoire. Une telle approche permettrait de comprendre dans quelle mesure certains problèmes actuels auxquels est confrontée la pensée économique sont commensurables avec certains problèmes rencontrés dans le passé. Dans un tel cas de figure, il semble possible d’évaluer de façon critique, à l’aune de l’histoire des problèmes, les réponses actuellement apportées par la science économique à ces mêmes problèmes. Une telle critique aurait l’avantage d’être immanente, c’est-à-dire qu’elle serait formulée à partir des problèmes qui ont surgi au cours de l’histoire de la pensée économique elle-même, et non pas de façon extérieure et surplombante. Elle permettrait également de confronter les réponses actuellement apportées par la pensée économique à certains problèmes avec d’autres réponses développées dans le cours de son histoire. Autrement dit, la pensée économique abordée par le prisme de l’épistémologie historique permettrait d’examiner la pensée économique de façon normative et critique, bien que de son propre point de vue, à savoir du point de vue des problèmes et des difficultés dont on peut constater qu’ils se sont déjà posés dans l’histoire de la pensée économique. Eu égard au caractère véritablement fructueux des travaux qui ont mobilisé, dans leur étude de la pensée économique, l’épistémologie historique telle que nous la concevons, nous estimerions très précieux de pouvoir dédier un numéro spécial de la revue de philosophie économique à cette approche, afin de lui donner davantage de poids et de convaincre de jeunes chercheurs qui travaillent sur la pensée économique de l’intérêt que présente cette manière plutôt sous-représentée de travailler sur la philosophie de l’économie. Enfin et surtout, ce numéro pourrait constituer une tentative sérieuse pour renouveler l’épistémologie historique, en tant qu’elle est une approche philosophique et épistémologique au sens large du terme. Le numéro tel que nous l’envisageons ne prendra pas la forme d’une série d’articles qui discuteront de façon abstraite le rapport entre la pensée économique et l’épistémologie historique française. Il s’agirait au contraire de publier une série d’articles incarnant de façon concrète cette approche, en s’intéressant de façon précise à divers problèmes et divers moments de la pensée économique. Ils devraient ainsi porter sur une approche historique-épistémologique des débats et sur une question précise au sein de la pensée économique. Nous invitons tous les philosophes et économistes qui s’intéressent à cette démarche à nous envoyer *à l’adresse * [email protected] une proposition de contribution de 500 à 800 mots avant le *15 mars 2020*. Les sujets suivants, sans prétendre à l’exhaustivité, représentent quelques-uns des choix auxquels nous nous intéressons : · Le rôle joué par des concepts clés tels que l’utilité, le bien-être, et le bonheur au cours de l’histoire de la pensée économique ; · Les interactions entre l’économie et la psychologie d’une part, entre l’économie et la sociologie d’autre part, dans l’histoire de la pensée économique ; · Les interactions entre l’économie et les sciences de la nature, et l’impact de celles-ci sur les modes de raisonnement au sein de la pensée économique ; · Le rapport entre la prescription et la description, entre l’économie normative et l’économie positive, au sein de la pensée économique ; · L’usage fait des donnés empiriques et les diverses façons de récolter des données au sein de l’histoire de la pensée économique ; · Le rôle des idées politiques (liberté, égalité, justice) et d’autres pensées politiques dans la construction de la pensée économique. Dans un deuxième temps, les auteurs dont les propositions auront été sélectionnées seront contactés avant le *01 avril 2020, *et il leur sera demandé de transmettre la version complète de leur article avant *le 01 août 2020*. L’ensemble des articles sélectionnés seront par la suite envoyés à des examinateurs, et selon les évaluations, seront publiés dans le numéro spécial. -- https://www.vidal-rosset.net/mailing_list_educasupphilo.html
