Bonjour à toutes et à tous,

J'ai le plaisir de vous annoncer la soutenance de ma thèse de doctorat
préparée dans le cadre des Archives Poincaré, et intitulée :

"*L'expressivité du blues : une exploration philosophique*"

Le jury sera composé de :
- Alessandro Arbo, Professeur à l'Université de Strasbourg (co-directeur)
- Emmanuel Parent, Maître de conférences à l'Université Rennes 2
(examinateur)
- Roger Pouivet, Professeur à l'Université de Lorraine (directeur)
- Catherine Rudent, Professeur à l'Université Sorbonne Nouvelle (rapporteur)
- Carole Talon-Hugon, Professeur à l'Université Paris-Est Créteil
(rapporteur)

La soutenance aura lieu le vendredi 8 janvier 2021 à 14h, à l'Université de
Lorraine, sur le site Libération de Nancy. Elle se déroulera en présentiel
sans public.

*La soutenance sera retransmise en ligne. Vous recevrez un lien de
connexion dans les prochains jours.*

Vous trouverez un résumé de ce travail de thèse à la suite de ce mail.
Merci d'avance pour votre intérêt.

Bien cordialement,

Vincent Granata

*Résumé*

Si le blues est d’abord un genre musical, il est davantage que cela. Le
blues renvoie à un état affectif proche de ce que nous appelons couramment
la mélancolie : éprouver une tristesse vague, avoir les idées noires, être
résigné par rapport à l’existence, tels sont les sentiments qui le
caractérisent typiquement. Cette équivocité se retrouve dans la façon dont
nous appréhendons les productions musicales en question. Car dès qu’il
s’agit de blues, musique et émotions sont présentées comme les deux faces
d’une même pièce : rarement perçu comme simple forme sonore, le blues est
surtout appréhendé comme *expression émotionnelle*, mettant au centre les
souffrances et les peines de l’individu.


Néanmoins, cette manière de concevoir la musique est pour le moins
stéréotypée. Elle est liée à une certaine vision du monde des arts, centrée
sur l’émotion, selon laquelle l’art relève moins de principes rationnels
que de la sensibilité, c’est-à-dire de phénomènes subjectifs, intimes,
privés. Selon cette vision, l’activité du musicien ne consiste pas
seulement à produire une forme sonore mais aussi (et surtout) à mettre ses
émotions en musique, ou à musicaliser les émotions. Mais si une telle
conception de l’expérience musicale a l’apparence de l’évidence, elle n’en
a bien que l’apparence. Car que signifie « exprimer des émotions » : est-ce
vraiment les « mettre en musique » ?


Il ne s’agit nullement ici de dire que le blues n’a que faire des
émotions : l’enjeu est de rendre justice à la place qu’y occupe
l’expressivité, en évitant les écueils inhérents à une conception trop
stéréotypée des rapports entre musique et émotion. En effet, si le blues
porte bien sur les sentiments humains, son expressivité n’émerge ni ne se
réduit à de simples vécus émotionnels. Aussi, tout l’objet de ce travail
est de faire la part belle aux mécanismes rationnels qui sous-tendent
l’expressivité du blues et aux bénéfices intellectuels que cette musique
peut apporter. D’une part, il s’agit de montrer que l’expression musicale
des émotions a davantage à voir avec un auditeur qui attribue des
propriétés esthétiques aux œuvres qu’avec un artiste qui s’exprime à
travers elles. Ces attributions dépendent moins d’émotions que de visées,
de croyances, de connaissances, de compétences classificatoires et de
processus de catégorisation réfléchis. D’autre part, il s’agit de montrer
que l’expression musicale caractérise une certaine façon d’être de la
musique, comme outil de compréhension du monde, comme langage permettant
d’éclairer certains aspects de la réalité, comme forme de *pensée *pouvant
nous apporter des vérités sur l’existence – en somme, comme vecteur de
connaissance.


-- 
Vincent Granata
Doctorant en philosophie et musicologie et chargé d'enseignement vacataire
Archives Henri Poincaré (UMR 7117) - Université de Lorraine

--
https://www.vidal-rosset.net/mailing_list_educasupphilo.html
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        

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