Chères amies, chers amis, chèr.e.s collègues, 

Avant de vous inviter à la prochaine séance du séminaire Epistémologies duales, 
en-deçà et au-delà, 
qui se tiendra vendredi 15 janvier 2021, de 17 à 20 h en visioconférence, je 
voudrais vous souhaiter une belle année 2021, plus heureuse en tous cas que la 
précédente ; surtout que les étudiantes et les étudiants retrouvent une vie 
faite de rencontres, d’échanges et qu’ils et elles retrouvent des conditions de 
vie descentes. 
LE LIEN VERS LA SALLE VIRTUELLE ZOOM EST AU BAS DE MESSAGE

Cette rencontre sera animée par Carlos Lobo et Michèle Leclerc-Olive. 
Elle se déroulera en deux temps.

L’intervention de Carlos Lobo est intitulée  Position philosophique du problème 
de l’espace et des probabilités chez Felix Hausdorff
En voici le résumé introductif : « Il est plus facile de découvrir des choses 
nouvelles, que de regarder d’une manière nouvelle les choses anciennes ». La 
vérité de ce principe fondamental de la psychologie de la science énoncé par 
Hausdorff, la gestion calamiteuse de la pandémie ainsi les clivages profonds 
qui traversent la communauté scientifique en ont  manifesté la vérité au grand 
jour. Ce n’est pas la moindre ironie du sort, que cette crise mette en jeu de 
manière centrale la question du sens et de l’application des outils fournis par 
la théorie des probabilités. Connu pour ses contributions à la topologie 
ensembliste et les célèbres « espaces d’Hausdorff », on connaît moins Félix 
Hausdorff (1868-1942), pour ses méditations philosophiques d’Hausdorff sur le 
problème de l’espace (1903) et, moins encore, pour ses contributions 
mathématiques au calcul des probabilités (dont celle de 1901). Or ces travaux 
conséquents par leur ampleur
  et leur originalité, publiés récemment, nous présentent une théorie des 
probabilités nouvelle, inspirée des travaux de Johannes von Kries, dite théorie 
du Spielraum. De manière non moins significative, cette théorie « minoritaire » 
aura retenu l’attention d’auteurs aussi importants et différents que Husserl, 
Peirce, Keynes, Wittgenstein, etc. La théorie du Spielraum se propose de 
regarder sous un œil neuf ce qu’il est convenu d’appeler la « géométrie du 
hasard » (Pascal, Poincaré) et déplacer ainsi certains clivages qui traversent 
le champ de bataille des théories des probabilités (probabilités classiques vs 
approche fréquentiste, etc.). Nous proposons d’indiquer lesquels et d’en 
préciser les modalités, la nature et la portée. Mais le plus surprenant réside 
sans doute dans les motivations philosophiques de cette contribution originale 
et méconnue qui révèle, en creux, l’une des sources de la crise profonde qui 
continue de traver
 ser la science contemporaine. Pris dans une polémique entre Nietzsche et Kant, 
méditant l’impact des géométries non-euclidiennes pour la position du problème 
de l’espace, celui que d’aucuns ont pu qualifier de « mathématicien dionysiaque 
» met à nu ce qu’il nomme le dernier « résidu de superstition métaphysique » : 
la thèse ou croyance du monde confondant l’objectif et l’absolu, et occultant 
le travail interprétatif et sélectif de la conscience. Cette contribution 
mathématique originale est explicitement sous-tendue par une opération de 
nature quasi-phénoménologique : une épochè transcendantal visant à lever les 
résistances que la conscience oppose à un changement d’attitude devenu pourtant 
scientifiquement nécessaire et mathématiquement concevable (et donc possible) 
et à permettre de regarder un question ancienne. C’est en relation avec cette 
critique originale que la position critique du problème du calcul des 
probabilités et d
 e son applicabilité doit être comprise. Elle fraye la voie à une analytique 
transcendantale «  probabiliste » dont les principes constitutifs s’efforcent 
de capturer et décrire une genèse, libre et ouverte, dont l’aléa ne peut être 
éliminé ou domestiqué.

L’intervention de Michèle Leclerc-Olive est intitulée  Une approche non 
bayésienne de l’aléatoire est-elle possible ?
Après avoir présenté le ‘standard bayésien’ comme modèle réducteur de 
l’aléatoire et du temps, et fait un rapide inventaire de son ‘ implémentation’ 
au-delà du champ mathématique, l’attention se focalisera   sur les enjeux 
épistémologiques et politiques de cette ’science normale’ : prenant appui d’une 
part sur la distinction entre Spielraum et  Espace des possibles de la théorie 
classique des probabilités, et d’autre part sur les acquis d’une anthropologie 
du biographique, on examinera  les conséquences de ce standard épistémique sur 
les procédures de décision. Le bayésianisme ne contribue-t-il pas à 
disqualifier l’espace public au profit d’une approche technicienne ? À 
discréditer le citoyen au profit du seul expert ?

Pour participer à la visioconférence du 15 janvier 2021, voici le lien qui 
donne accès à la salle virtuelle réservée au nom d'Estelle Girard : 

Sujet : EpistémologiesDualesMLO Heure : 15 janv. 2021 17 : 00 Paris

Participer à la réunion Zoom 
https://zoom.us/j/93604581638?pwd=YjNnNXVUNVRCT0tmUGRIb0lkcDN3Zz09 
<https://zoom.us/j/93604581638?pwd=YjNnNXVUNVRCT0tmUGRIb0lkcDN3Zz09>
ID de réunion : 936 0458 1638
Code secret : 363415
Trouvez votre numéro local : https://zoom.us/u/acgAtnRSd3 
<https://zoom.us/u/acgAtnRSd3>

En attendant le plaisir de vous accueillir lors de cette séance, 
Bien cordialement

Michèle Leclerc-Olive
ARTeSS-IRIS-CNRS-EHESS
[email protected] <mailto:[email protected]>
+ 33 6 22 94 10 75
--
https://www.vidal-rosset.net/mailing_list_educasupphilo.html
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        

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