Bonjour,

Ce vendredi aura lieu de 13h à 15h en ligne la première séance du Séminaire
des doctorants en phénoménologie 2020-2021🔸

https://pantheonsorbonne.zoom.us/meeting/register/tJwucuusrTgtEtfDQj-N6JHH4UqfnpeKjZxO

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Présentations de
Circé Furtwängler (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) "Penser les a priori du
social (Dufrenne, Sartre, Merleau-Ponty)"
et
Dominic Morin (ENS, Archives Husserl de Paris) "De la coopération à la
coordination : l’intersubjectivité à l’aune du tournant génétique de
Husserl"


Résumés des présentations
🔷🔷🔷Circé Furtwängler, doctorante, ISJPS, Université Paris
1-Panthéon-Sorbonne : "Penser les a priori du social (Dufrenne, Sartre,
Merleau-Ponty)"
A partir d’une confrontation entre Mikel Dufrenne et Sartre et
Merleau-Ponty (I), on cherche à montrer l’originalité et la pertinence de
l’usage du concept d’a priori social chez Dufrenne dans le rapprochement
entre phénoménologie et sociologie. L’a priori désignait depuis Kant
l’antériorité des structures formelles de l’expérience sur l’expérience
elle-même. Chez Husserl, l’a priori matériel conduisait à l’identification
de constantes dans l’organisation de la perception antérieures à leur
expression dans la réflexion. De même qu’il y a des lois logiques de la
formation des jugements, il y a des lois sensibles de la structure des
phénomènes qu’une ontologie matérielle peut reconstituer. (II) Dufrenne
prolonge ces analyses, en étendant la sphère de l’a priori matériel à la
découverte de significations nécessaires qui se révèlent au sein même de
l’expérience, y compris dans sa dimension historique. Pour Dufrenne, la
société est a priori dans la mesure où elle exerce une fonction
transcendantale : la culture dans laquelle je vis est indétachable de ma
personnalité, au point qu’on ne puisse comprendre la personnalité
subjective sans la référer à la culture comme la condition de sa
constitution. L’intérêt d’une telle reconfiguration de l’a priori est de
penser une région spécifique, qui ne se réduit pas à l’intersubjectivité,
qui caractérise la relation de l’individu à la société : ainsi de
l’appartenance à un « espace social », qu’il faut comprendre non pas
métaphoriquement, mais comme la structuration du social comme déterminé par
la distribution de « places » au sein d’un groupe hiérarchisé. (IV) Nous
montrons enfin la plus grande précision du concept d’a priori sur celui de
structure pour penser la corrélation du sujet et de la société.

🔷🔷🔷Dominic MORIN, Chercheur-doctorant, ENS, Archives Husserl de Paris «
De la coopération à la coordination : l’intersubjectivité à l’aune du
tournant génétique de Husserl »
Les années vingt connaissent l’essor de la phénoménologie génétique qui se
présente comme une nouvelle avenue visant l’étude des lois de
l’engendrement des aperceptions. Par l’archéologie des lois de genèse des
vécus thématiques, l’approche génétique cherche à dévoiler à même
l’expérience un monde de la pré-donation passive où s’opère la constitution
de l’évidence. Pour la phénoménologie de l’intersubjectivité, ce tournant
génétique de Husserl implique un dépassement du seul intérêt pour
l’expérience d’autrui via l’intropathie (einfühlung), pour s’intéresser à
l’expérience sociale passive qui précède cette évidence. Si la socialité
chez Husserl était auparavant comprise à l’aune des questions de la
motivation et de la coopération visant la constitution d’un même monde,
elle en vient dans les années trente à être considérée comme une
intrication passive des subjectivités qui se retrouvent déjà passivement en
coordination avec leurs co-sujets dans un même horizon, un même monde
social déjà-là — co-constitué par l’ensemble des subjectivités actuelles et
passées.


Bien cordialement,

Circé Furtwengler

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