Chers collègues,

vous trouverez ci-joint l'appel à contribution pour le Congrès 2021 de la
Société Française d'Esthétique et le Séminaire Européen d'Esthétique qui se
dérouleront les 18 et 19 juin 2021 à Paris (salle à préciser). Il aura pour
thème "L'expérience esthétique". Les propositions sont à envoyer le 7 mai
au plus tard à Carole Talon-Hugon [email protected].

Vous en souhaitant bonne réception,

Cordialement,

Laetitia MARCUCCI

*Congrès 2021 *

*de la Société Française d’Esthétique*

*et* *du Séminaire Européen d’Esthétique*



*18-19 juin 2021*



*Paris (lieu à préciser) *



Dans le cas où la situation sanitaire interdirait la tenue du congrès en
présentiel, celui-ci aurait lieu en visioconférence







*L’EXPÉRIENCE ESTHÉTIQUE*





La *Société Française d’esthétique* et le *Séminaire Européen d’Esthétique *ont
décidé de coupler leurs congrès annuels respectifs. Ce congrès commun
réunissant les membres des deux sociétés aura pour thème l’expérience
esthétique, en s’intéressant plus particulièrement à ses reconfigurations
contemporaines et à ses remises en cause.



Dans *Malaise dans l’esthétique *(2004), Jacques Rancière oppose le régime
mimétique de l’art, où l’art se reconnaît et se juge d’après les critères
théoriques et pratiques d’un mode de production technique, au régime
esthétique de l’art, où le *sensorium* singulier suscité par l’objet
devient le critère de reconnaissance et de jugement de l’art. Le régime
mimétique de l’art fut incontesté jusqu’au xviiie siècle, où le régime
esthétique de l’art instaure un « désordre nouveau », prémisses de toutes
les modernités. Perdant leur objectivité, les catégories esthétiques que
sont le beau ou le sublime deviennent, dans la troisième Critique
kantienne, le nom de l’expérience relationnelle de la subjectivité avec un
objet, indépendamment de son utilité, de sa bonté, des connaissances qu’il
peut apporter, ou de son caractère naturel ou artefactuel. *L’Art comme
expérience *(1934) de John Dewey est le triomphe de cette conception de
l’art, l’expérience esthétique prenant désormais la place même de l’art.
Comme le souligna Peter Bürger à propos des avant-gardes dans son ouvrage
de 1974, les artistes de la modernité ont eux-mêmes développé une
conception esthétique de leur art, en tentant de ne plus séparer l’art de
la vie, au risque de le transformer en pratique non reconnaissable, et
paradoxalement élitiste. Le tournant postmoderne de l’art n’a pas remis en
cause l’idée d’expérience esthétique, mais l’a plutôt reconfigurée : avec
le minimalisme, l’expérience esthétique n’est plus une expérience formelle,
mais l’expérience d’un réel modifié.

Le tournant analytique d’une partie de la philosophie de l’art fut loin
d’invalider cette conception esthétique de l’art. Nelson Goodman, malgré sa
rupture avec ce qu’il nomme l’« émotivisme » kantien, maintient le primat
de l’expérience esthétique sur l’objet artistique. Le fonctionnalisme
de *Langages
de l’art* (1968) signifie en effet qu’il n’y a pas d’*œuvre d’art* à
proprement parler, mais des objets qui participent à un contexte global
permettant des expériences sensibles, cognitives et sémiotiques d’une
richesse particulière. La question que l’on peut alors poser, à la suite de
Jean-Marie Schaeffer dans *L’expérience esthétique *(2015), est celle de
savoir si l’adjectif « esthétique » renvoie à une expérience d’une nature
singulière, où s’il ne s’agit que d’une expérience commune dont les
paramètres sont tels qu’elle trouve sa fin en elle-même. Mais cette
naturalisation de l’expérience esthétique, à la faveur du développement des
neurosciences et des sciences cognitives, ne remet pas fondamentalement en
cause le tournant esthétique de l’art inauguré au xviiie siècle.

Cette conception esthétique de l’art a toutefois été vivement critiquée ces
vingt dernières années, qu’il s’agisse de remettre en cause la dissolution
de l’art en une expérience dérangeante-consensuelle aisément récupérable
par la société capitaliste (Olivier Neveux, *Contre le théâtre politique*,
2019), ou de défendre les droits du jugement artistique (Carole
Talon-Hugon, *L’art victime de l’esthétique*, 2014 ; Jacqueline
Lichtenstein, *Les raisons de l’art*, 2014) et d’une conception réaliste de
l’art (Roger Pouivet, *L’ontologie de l’œuvre d’art*, 2010). Dans la
société civile, le refus de séparer l’« artiste » de son « œuvre » peut
également apparaître comme une remise en cause de l’idée  d’expérience
esthétique, celle-ci étant fondamentalement dépolitisée, désocialisée et
par conséquent complice de toutes les dominations.



Plusieurs axes pourront être étudiés :

·       L’histoire de la constitution de l’idée d’expérience esthétique,
qu’on articulera et distinguera des concepts de sentiment esthétique et de
jugement esthétique.

·       Le lien entre expérience esthétique et catégories esthétiques :
celles-ci caractérisent-elles un objet ou une expérience ? L’idée d’une
table ou d’une liste des catégories esthétiques peut-elle encore constituer
un projet théorique et philosophique légitime ? L’art contemporain rend-il
nécessaire de nouvelles catégories esthétiques, et lesquelles ?

·       Art contemporain et expérience esthétique : dans quelle mesure les
formes contemporaines hybrides d’expression artistique remettent-elles en
cause la pertinence du concept d’expérience esthétique ?

·       Neuro-esthétique, sciences cognitives, darwinisme littéraire,
etc. : les approches naturalistes de l’expérience esthétique assurent-elles
la pertinence et la continuité du concept, ou nous obligent-elles à le
déclarer obsolète ?

·       Les remises en cause politique, artistique et philosophique du
primat de l’expérience esthétique.



*Comité scientifique *:

Marc Cerisuelo, Pr. U. de Paris-Est Marne-la- Vallée

Alexandre Gefen, Directeur de recherche, CNRS – U. Paris 3

Isabelle Rieusset-Lemarié, Mcf, U. Paris 1

Maud Pouradier, Mcf, U. de Caen

Carole Talon-Hugon, Pr U. de Paris-Est Créteil



*Modalités de soumission*

Les propositions, rédigées en anglais ou en français, doivent comprendre :

·       la thématique retenue

·       le nom de l’auteur ou des auteurs

·       une présentation succincte de l’auteur ou des auteurs (100 mots
maximum)

·       le titre

·       un résumé de 300 mots maximum

·       une liste de mots clés (5 maximum)

·       une bibliographie essentielle

·       l’engagement écrit et signé à s’acquitter des droits d’inscription
de 50 euros au cas où la proposition serait retenue. Ils donnent droit à la
participation au colloque et à la gratuité des déjeuners. NB : Les droits
d’inscription des membres de la Société française d’esthétique à jour de
leur cotisation sont de 25 euros (pour devenir membre, s’inscrire sur le
site web de la SFE http://www.s-f-e.org



Elles seront envoyées au format pdf à Talon-Hugon : *[email protected]*
<[email protected]>

Date limite d’envoi des propositions : 7 mai 2021

Les réponses seront communiquées le : 12 mai 2021

Les communications, d’une durée de 30 minutes, seront tenues en anglais ou
en français. Aucun service d’interprétariat ou de traduction ne pourra être
fourni. Les frais d’hébergement et de transport sont à la charge des
participants.


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-- Type: application/pdf
-- File: =?UTF-8?Q?AAC_Congr=C3=A8s_SFE_2021=2Epdf?=


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https://www.vidal-rosset.net/mailing_list_educasupphilo.html
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        
        

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