Chers collègues,

Vous trouverez ci-dessous le programme d'une journée d'étude en ligne,
organisée le 24 juin par le Groupe de Recherche en Épistémologie de la
chaire de Métaphysique et Philosophie de la Connaissance du Professeur
Claudine Tiercelin.

Bien cordialement à vous,
Alexandre Declos


*« La notion de degré en épistémologie » *

Direction scientifique : Claudine Tiercelin
Organisation : Jacques-Henri Vollet et Jean-Marie Chevalier
*La JE se tiendra sur Zoom. Inscription préalable nécessaire auprès de* <
[email protected]>


*Argumentaire*:
Il est admis par la plupart des épistémologues que certaines notions
fondamentales en épistémologie sont affaire de degré ("gradable" en anglais)
alors que d'autres sont catégoriques ou binaires. On inclut généralement
dans
la première catégorie les notions de confiance, de renforcement par la
preuve
("evidential support") et de croyance, et dans la seconde les notions de
connaissance, d'incrédulité, de suspension du jugement, de croyance
catégorique, de justification et d'accès épistémique à une raison. Bien
souvent, on représente ce qui est affaire de degré à l'aide d'une échelle
relativement simple. Par exemple, le bayésien utilise une échelle de
probabilité pour représenter les degrés possibles de croyance et de
renforcement par la preuve.

Toutefois, la question de savoir si une notion donnée est affaire de degré
est
bien moins claire qu'il n'y paraît. Ainsi, pour certains philosophes, il y a
des degrés de croyance catégorique (Williamson 2000, Wedgwood 2012) ; pour
d’autres, la croyance ne saurait admettre de degrés (Moon 2017, Kauss 2020).
Pour d’autres encore, des états qui sont affaire de degré comme les créances
sont, tout comme les croyances, réductibles à des états binaires (Harman
1986,
Holton 2014), ou bien sont irréductibles. Pour les uns, on peut avoir accès
ou
être sensible à une raison à un certain degré (Skorupski 2011, Smithies
2014)
quand pour les autres, soit on a une raison, soit on ne l'a pas (Fantl et
McGrath 2009). Par ailleurs, en admettant que telle ou telle notion soit
affaire de degré, encore faut-il déterminer de quel type et de quelle
échelle
graduée il s’agit. Est-ce une échelle simple avec un point minimal et
maximal ? Ou bien a-t-on affaire à une échelle plus complexe, incluant
différents segments ? Y a-t-il une seule échelle à considérer ?

Le but de cet atelier est d'apporter de nouveaux éclairages sur la question
de
savoir si certaines notions épistémiques fondamentales sont ou non affaire
de
degré. On s’intéressera principalement mais pas exclusivement aux questions
suivantes :

1/ Y a-t-il des degrés de croyance catégorique ?
2/ La croyance est-elle une affaire de degré ?
3/ Peut-on avoir (épistémiquement) une raison à un certain degré ? Si oui,
la
force normative de cette raison peut-elle en dépendre?
4/ Peut-on distinguer une échelle de certitude synchronique et une échelle
de
certitude diachronique ?
5/ Peut-il y avoir des degrés dans la suspension du jugement ?
6/ La justification est-elle  affaire de degré ?
7/ Y a-t-il des degrés de rationalité ?
8/ La connaissance a-t-elle encore un sens dans une approche en termes de
degré ?
9/ Les croyances binaires simplifient-elles le raisonnement ?


*Programme :*

 9h  — Paul Egré (CNRS). *Truth is flat and bumpy.*

10h — Thomas Boyer-Kassem (Université de Poitiers).
*Est-il pertinent de dire que « la majorité des gens pense que P » ? À
propos de l’extension du jugement majoritaire en épistémologie. *

11h — Cyrille Imbert (CNRS).
*Épistémologie de la connaissance explicative et pertinence
informationnelle : les types de gradualité au secours du naturalisme. *

12h — Arturs Logins (Université de Zurich). *Qu’est-ce que le « poids » des
raisons si la justification n’admet pas de degrés ? *

13h — Pause méridienne

14h — Jacopo Benedetti (Université Paris 4). *Degrés de croyance et
scepticisme*

15h — Valentin Teillet (EHESS).
*Le seuil de la connaissance graduelle *

16h — Jacques-Henri Vollet (Université de Genève). *L'échelle de la
certitude *

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