Le 13 décembre 2010 11:00, Pierre Lagoutte <[email protected]> a écrit : > Bonjour, > > C'est visiblement de la désinformation totale (ou plutôt de la méthode coué > militante): > > Quelques remarques basiques: > - la migration vers v6 n'a pas significativement commencé (au delà de > quelques pour cents des interfaces concernées)
C'est à la fois vrai et faux. Un certain nombre d'ISPs sont déjà prêts à activer "demain" leur v6 (Je mets Free dans cette catégorie). Ils ne l'ont pas fait parce que ce n'est pas nécessaire. Des gros (même aux US : Comcast, AT&T, Verizon Wireless, T-Mobile) ont déployé des pilotes ou planifié le déploiement pour l'an prochain. Ce que j'appelle déploiement c'est "fournir un moyen au client final de joindre un site v6-only". Pas de migrer toute son infra. > - je n'envisage pas qu'une techno aussi complexe (v6) car encore incomplète > puisse se substituer à une autre complètement stabilisée (v4) en deux ans > (pourquoi ne pas proposer une transition "verticale": ce ne serait pas > beaucoup plus ridicule). > - les installations privées feront vivre IPv4 pour des dizaines d'années > - je ne vois vraiment pas pourquoi le pool IPv4 public se libérerait après > 2012, alors que la pression d'usage continuera de s'accroître (les pbs > d'interfonctionnement ne pouvant toujours pas être résolus complètement à > cette date). > - admettre enfin que v6 n'apporte que l'extension de l'espace d'adressage de > l'Internet Complètement d'accord sur le principe qu'IPv4 ne mourra pas. En revanche au vu des mouvements récents du marché (annonces, confs, vendeurs, etc.), je m'attends plus à un "Freeze" d'IPv4 qu'à une croissance via NAT444/Grey Market (qui existeront, mais marginalement, car leur coût sera plus élevé que de choisir la solution v6). Tout dépend vraiment de l'étendue de l'internet IPv6 grosso modo dans 1 an (après le d-day). S'il est suffisamment grand, il sera viable pour un nouveau déploiement (ex: LTE) ou la croissance d'une infra (ex: hébergeurs) d'aller vers une solution v6-only. L'existence de ces solutions forcera les retardataires v4-only à trouver rapidement une solution pour pourvoir accéder à ces sites v6-only. > IPv6 ne sera probablement pour longtemps qu'un outil de connectivité > publique entre des installations privées v4, puis v4+v6 très progressivement > donc un outil de spécialiste > La croissance lente de v6 ne sera donc que celle d'une petite partie de > l'Internet (qui est actuellement majoritairement sous administration privée: > opérateurs et clients) > La multiplication des appliances, et l'incomplétion des spécifications > d'usage de v6 de zone privative qui freine la dissémination, > L'approche initiale dual-stack pur sucre est de moins en moins crédible. > La dissémination de l'internet v6 implique que les hosts "v4 only" puissent > l'utiliser sans restrictions > Les fabricants de matériels privés attendent un mode de gestion (qui > fonctionne bien) des installations v4 autour d'un internet devenant v6 > Quand ce pb aura été traité correctement, la pression pour utiliser v6 au > niveau des hosts disparaîtra, ce qui contribuera à pérenniser v4. N'oublions pas que les RIRs distribuent env. 1 M d'IPv4s par *jour* ... compte tenu du besoin énorme, il est probable que tout ce que est présenté là comme une séquence lente et ordonnée se passera dans le désordre en quelques mois, au pire un an, et que comme le disait Stéphane, en 2011 (mais surtout en 2012), ce sera carrément le boxon. On va bien se marrer :) Guillaume --------------------------- Liste de diffusion du FRnOG http://www.frnog.org/
