Bonjour, Je suis tombé sur une séquence publicitaire hier qui m'a beaucoup interpellé. Il s'agit d'une campagne contre la contrefaçon dans le sens général, mais la séquence en question parlait spécifiquement des logiciels.
Je suis donc allé sur leur site ce matin [1] et j'ai été étonné de lire que la copie privée d'oeuvres logicielles n'était pas tolérée [2]. Je débarque peut-être, mais j'ai toujours cru que la taxe que je paie sur mes CD-R, DVD-R et probablement mes disques durs était justement la contre-partie à ce droit de faire une copie pour pouvoir l'utiliser sur mes deux PC et avoir une sécurité contre la détérioration du support original (dans tous les cas les droits et les limites de la copie privée sont toujours restés trop vagues à mon goût). Sans parler que certaines versions, dites illicites, de jeux permettent de meilleures performances du fait de la suppression des systèmes de protections de plus en plus envahissants (simple constat chez une connaissance); le site dit bien évidement le contraire. De plus, je suis également scandalisé par la terminologie employé : «pirate» par-ci, «hacker» par-là ; un site reconnu par le gouvernement devrait utiliser une terminologie plus sérieuse que celle des médias. Et lorsque 68% des actifs français considèrent la contrefaçon informatique comme du vol, c'est sûrement parce qu'ils ne se rendent pas compte des clauses abusives de certains accords de licence pour utilisateurs finals. Car s'il est évident qu'un logiciel ne peut pas être «copié pour un ami», il l'est moins de savoir qu'un logiciel est mono-machine et mono-utilisateur. D'ailleurs, voici un paragraphe qui pourrait bien intéresser la liste [EMAIL PROTECTED] : « Si vous achetez un ordinateur d'occasion, exigez bien, pour tous les logiciels installés sur l'ordinateur, de récupérer les boîtes originales ainsi que les éventuelles factures. » Pourquoi n'en est-il pas de même pour les ordinateurs neufs ? En quoi devrait-on faire plus confiance à un professionnel alors que le même site demande de toujours se méfier ? Et comment prouver de la légalité d'un logiciel si celui-ci est vendu sans boîte et sans détail de l'offre sur la facture d'un ordinateur de grande surface ? Enfin, il fallait s'en douter, le site ne parle aucunement du logiciel libre qui serait pourtant une solution efficace contre la contrefaçon étant donné sa liberté d'utilisation (entre autres). Lorsque la BSA évalue la perte potentiel de la contrefaçon dans les applications bureautiques, c'est bien-sûr sans compter que si la contrefaçon était plus répressive les gens, qui ont déjà un revenu saturé, se tourneraient vers des solutions libres, donc résultant le même manque à gagner en ce qui concerne les membres de l'Alliance. [1] Site Contrefaçon Non Merci : http://www.non-merci.com [2] Section «Les Loisirs» > Sous-section «Logiciels et jeux videos» mais également Section «Le Travail» > Sous-section «Logiciels» [3] Site de la CNAC : http://www.contrefacon-danger.com/ Voilà ce à quoi ce site m'a fait penser. À noter que le site est en Flash, je ne suis pas certain qu'il s'agisse d'un format très ouvert, mais en tout cas, un site approuvé par l'État et à destination du grand public aurait pu utiliser les normes standards du web et pas un format utilisé à tour de bras par les designers de site de film cinématographique. Membres de la liste FSFE France, qu'en pensez-vous ? Ai-je tord de m'insurger ? Merci pour votre attention, Damien Boucard _______________________________________________ Liste de discussion FSF France. http://lists.gnu.org/mailman/listinfo/fsfe-france
