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Colloque sur le thème
"Quelle recherche pour la sécurité ?"
Le 18 octobre 2005 au Collège de France
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Face à l'accélération, parfois peu contrôlée, de la diffusion des techniques dans la société et de ses conséquences pour le développement économique et social, le ministère délégué à la Recherche a décidé de soutenir des actions et des recherches pouvant aider à mettre plus efficacement la technologie au service de la société. Ces actions visent à : renforcer les collaborations entre tous les domaines scientifiques, dont les sciences humaines et sociales, soutenir des secteurs de recherche technologique susceptibles de répondre à des problèmes de société particulièrement aigus, mettre en œuvre des dispositifs d'information et de valorisation des connaissances pour rendre la science plus accessible au grand public.

La diversité des domaines faisant appel aux nouvelles technologies implique une approche transversale de ces recherches, en agissant auprès des acteurs de la recherche publique et ceux du monde économique.

Déveloper la recherche sur les usages des technologies

La maîtrise des usages est un enjeu majeur pour l'économie et la société : les technologies ne seront moteur d'un développement économique durable que si l'usage qui en est fait est observé et pris en compte. Comprendre les conditions de l'appropriation des technologies par la société est devenu un facteur essentiel de compétitivité. Il s'agit à la fois de favoriser une innovation technologique adaptée aux enjeux du développement de nos sociétés et de permettre la "meilleure maîtrise possible" de systèmes techniques de plus en plus complexes. La réussite de l'innovation passe notamment par la concordance de rythmes de changement : le renouvellement des produits sur les marchés doit s'accorder à l'évolution des attentes des clients. L'adaptabilité est donc étroitement liée à la compétitivité. On peut multiplier les exemples d'échecs commerciaux de technologies performantes dont l'écho sur les clients ou les utilisateurs ont été faibles ou les exemples de succès résultant d'une utilisation imprévue. Le ministère de la recherche a souhaité mettre en place plusieurs actions afin d'accompagner la démarche d'une meilleure prise en compte des usages. soutenir une recherche partenariale avec le secteur économique portant sur les usages, par le lancement d'appels à propositions. Les deux premiers appels lancés en 2003 [appel 1 , appel 2]ont été centrés sur la technologie "internet". Il est proposé de s'intéresser lors des prochains appels à propositions, à l'ensemble des nouvelles technologies, notamment à l'analyse d'images, la réalité virtuelle et augmentée, l'ingénierie pour la santé, pour la sécurité, l'aide aux personnes handicapées, les nanotechnologies, l'intelligence ambiante...

monter des projets de recherche coordonnés, permettant d'associer plusieurs laboratoires travaillant sur des terrains différents, avec des problématiques communes et des approches pluridisciplinaires (SPI, STIC, SHS…) en collaboration avec les laboratoires des universités, du CNRS, de l'INRIA, de l'INRETS, du GET…

soutenir des "laboratoires des usagess" : le développement de laboratoires d'usages est stratégique pour l'émergence d'une recherche plus compétitive. Il s'agira de consolider leur développement en proposant de labelliser des laboratoires réellement pluridisciplinaires, offrant un fort partenariat avec le secteur économique.

Coordonner les recherches sur le thème de la sécurité

Face aux menaces grandissantes et omniprésentes dans de nombreux aspects de la vie quotidienne, la question de la sécurité est devenue un problème à la fois scientifique, humain et politique, qui constitue un défi particulièrement important à l'échelle nationale et mondiale. Les incidents récents (panne du réseau d'électricité en Amérique du Nord, panne des ordinateurs de gestion des opérateurs téléphoniques ou de transports…) montrent la fragilité de l'organisation de nos grands systèmes techniques. Outre le coût financier de tels évènements, ceux-ci mettent en péril la sécurité de fonctions essentielles telles que transport, approvisionnement en énergie, télécommunications, production, gestion et transmission de l'information, production industrielle et suscitent un manque de confiance généralisé. La fiabilité, l'adaptabilité au contexte d'utilisation sont donc étroitement liées à la compétitivité. La sécurité, la maîtrise, la fiabilité des innovations doivent être prises en compte le plus en amont possible. Il importe de lier les solutions d'organisation à la production des comportements (collectifs et individuels).

La sécurité interpelle notre mode de vie sous tous ses aspects, par exemple : sécurité physique dans la vie courante ou professionnelle - demande actuellement amplifiée par la menace terroriste (biologique et chimique par exemple) ;
sécurité économique, plus récemment venue au devant de la scène ;
sécurité sanitaire, où face aux promesses du progrès, la défaillance est le plus souvent incomprise par le public ;
sécurité alimentaire, (OGM, …) ;
sécurité informatique (du point de vue des infrastructures comme des contenus) dans la vie privée ou dans le travail.

Une recherche sur la sécurité est transverse à tous les domaines scientifiques et tous les secteurs économiques. Il est nécessaire de l'amplifier et de mieux la coordonner car elle est souvent dispersée. En cohérence avec la stratégie européenne en matière de sécurité ("Une Europe sûre dans un monde meilleur"), la création en 2005 d'un réseau de recherche et d'innovation technologique sur la "recherche partenariale en sécurité" permettra de stimuler le processus de communication (questions transverses, complexes…), puis d'organiser et de coordonner les recherches en matière de sécurité dans des domaines prioritaires qui restent à définir. On peut citer à titre d'exemples : la sécurité économique et informatique : moyens de lutte contre les défaillances accidentelles et la malveillance informatique, particulièrement sur internet, piratage, virus et pourriels (spams), authentification des personnes et des données, sécurisation des accès, technologies pérennes multimédias et multilingues d'archivage massif.
le terrorisme biologique et chimique
la protection des œuvres numériques

sécurité sanitaire, alimentaire et environnementale : les biotechnologies "rouges" et "vertes" (prévention des cancers liés aux activités humaines, microbiologie, matrices alimentaires, procédés…). sécurité civile et routière : identification et géolocalisation, capteurs et systèmes de communication "durcis" et robustes…


Participer à la diffusion de la culture scientifique et technique

Les technologies de l'information et de la communication et particulièrement l'Internet modifient les conditions de création, de diffusion et d'appropriation des connaissances scientifiques. Le dynamisme et la visibilité de la recherche française dépendent de plus en plus largement de la capacité à créer et investir de nouveaux dispositifs de communication. Deux types d'action sont engagés : - l'aide à la création de produits de médiation scientifique en libre accès pour renforcer la présence de la science française sur internet (voir résultats de l'appel à propositions 2004). - le soutien et la création de plates-formes technologiques d'édition scientifique électronique.

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