http://www.tageblatt.lu/edition/article.asp?ArticleId=40178

Internet-Interpol lance une base de données contre la pédophilie
Interpol entend mieux identifier les victimes de pédophilie et poursuivre les coupables avec l'aide d'un logiciel spécial qui peut analyser minutieusement les images pornographiques, souvent en provenance d'internet, et pointer des indices vitaux contenus en arrière-plan.

Hamish McCulloch, un enquêteur britannique d'Interpol spécialisé dans la lutte contre la pornographie infantile, précise que la police dans le monde entier pourra accéder à cette technologie à travers une base de données d'images qui a coûté 3,2 millions d'euros, financée par le G8, le groupe des huit nations les plus industrialisées.

Selon cet expert, on devrait aboutir à une forte hausse du nombre des pays qui soumettent des images pornographiques à Interpol, actuellement moins de 20, et du nombre de victimes trouvées et secourues.

»Actuellement, les enquêtes se concentrent sur la saisie d'ordinateurs, l'examen en détail les disques durs et l'obtention de preuves en vue de poursuites pour possession ou distribution (de pornographie infantile)», explique McCulloch.

»Les pays qui essayent d'identifier les victimes sont peu nombreux... Et c'est vraiment là qu'il faut progresser. Une fois la victime identifiée, on identifie le coupable. La grande majorité des coupables sont identifiés à travers leurs victimes», ajoute l'expert.

Depuis 2001, Interpol a rassemblé des centaines de milliers d'images pornographiques, représentant jusqu'à 20.000 enfants différents.

L'organisme policier international est ainsi parvenu à identifier et à sauver 346 enfants, la plupart venant de Suède, des Etats-Unis et d'Allemagne.

Jusqu'à présent, les pays souhaitant faire des vérifications sur de nouvelles images devaient envoyer leurs demandes au quartier général d'Interpol, en France, demandes gérées par deux officiers spécialisés.

Mais avec le projet du G8, maintenant soumis à un appel d'offre commercial, le système va être automatisé et élargi pour que la police, n'importe où, puisse mener à toute heure ses propres recherches et vérifier si leurs nouveaux clichés correspondent à des images déjà dans la base de données.

Le logiciel spécialisé peut non seulement identifier des victimes mais aussi des lieux, même quand ces images sont prises dans des intérieurs d'apparence anonyme.

En analysant par exemple la photo d'une jeune fille découverte dans un ordinateur aux Etats-Unis, l'équipe d'Interpol a découvert une correspondance avec quatre photos en Belgique, montrant un autre enfant dans la même pièce.

L'ordinateur a établi ce lien en reconnaissant le papier peint et le motif floral distinctif d'une taie d'oreiller. La police a réussi à retrouver les victimes et le coupable.


http://www.interpol.com/Public/ICPO/PressReleases/PR2005/PR200536Fr.asp
15 septembre 2005       

Le G8 fait progresser la lutte contre la pédopornographie en ligne
Une base de données d’images va aider les enquêteurs dans le monde entier

LYON (France) – Interpol a abordé une nouvelle étape du développement de sa Banque d’images sur les abus pédosexuels, après qu’ait été menée à bien une étude de mise en œuvre demandée et réalisée par les pays du G8.

Une cérémonie officielle a été organisée au Secrétariat général le 15 septembre, pour marquer le début du processus de mise en œuvre faisant suite à trois ans d’élaboration par les membres du sous-groupe chargé des projets d’application de la loi du Groupe Lyon/Rome du G8, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède, Interpol, Europol, avec le soutien de la Commission européenne.

La Base de données internationale sur l’exploitation sexuelle des enfants (BDIESE) va aider les services chargés de l’application de la loi du monde entier à identifier les victimes d’abus pédosexuels dont les images sont diffusées sur Internet, ainsi que les auteurs de ces infractions. Elle va également permettre aux enquêteurs des pays, en utilisant le système de communication d’Interpol, d’accéder plus facilement à la base de données existante d’Interpol, qui contient d’ores et déjà des centaines de milliers d’images, ainsi qu’aux bases de données de la police des autres pays.

En plus de permettre aux enquêteurs de vérifier automatiquement les images et autres informations, à la recherche de concordances entre les victimes et les lieux, la BDIESE va également alerter les policiers si une image est connue et a déjà été identifiée ou fait l’objet d’une enquête.

«Les enfants victimes d’abus sexuels comptent parmi les éléments les plus vulnérables de la société, et il est vital que partout dans le monde, les services de police aient accès aux outils les plus performants susceptibles de les aider à enquêter sur ces crimes révoltants » a déclaré M. Ronald K. Noble, Secrétaire Général d’Interpol.

«Cette base de données va permettre une avancée spectaculaire s’agissant d’identifier les victimes dans le monde entier et de leur porter secours, et nous nous réjouissons à la perspective de travailler avec le G8 et nos Bureaux centraux nationaux à faire en sorte qu’elle soit mise à disposition aussi rapidement que possible.»

«La base de données existante d’Interpol a déjà permis l’identification de plus de 360 enfants depuis sa création en 2001, et avec les progrès techniques déjà réalisés, je suis certain que la BDIESE se révélera encore plus efficace.»

Lors de la cérémonie de livraison du projet relatif à la nouvelle base de données, M. Paul Goggins, Secrétaire d’Etat à la police et à la sécurité du Royaume-Uni, a fait l’éloge du travail accompli par le Groupe de Lyon/Rome du G8.

«Il importe de ne jamais oublier que les images d’enfants victimes d’abus sexuels diffusées sur Internet ne sont pas simplement des images : derrière ces images, il y a des enfants. Le ministre de l’Intérieur du Royaume-Uni, ainsi que mes collègues ministres du G8, de l’Union européenne et au-delà ont la ferme volonté de faire en sorte que cette base de données soit utilisée de manière efficace pour protéger les enfants et pour identifier et punir les auteurs des abus sexuels dont ils sont les victimes. Ce problème met en lumière le rôle essentiel que joue Interpol en facilitant la coopération entre les services chargés de l’application de la loi des différents pays dans un monde où l’accès aux réseaux informatiques se banalise de plus en plus.»

L’étude de mise en œuvre de la BDIESE a commencé en février 2001, pour répondre aux préoccupations exprimées lors d’une réunion des ministres de la Justice et de l’Intérieur des pays du G8 sur le développement de la pédopornographie en ligne.


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