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Sapeurs Pompiers et Sécurité Civile : l'année Antarès En fait on a assez peu appris au récent Congrès National des Sapeurs Pompiers. Cependant, on peut dire que l'on est entré désormais dans l'année Antarès, réseau qui utilisera le réseau Acropol comme support de base complété par des infras pour les secteurs du territoire national qui ne sont actuellement pas couverts par le réseau de la Police. On peut cependant se demander si .... On peut effectivement se demander si tous les départements seront traités sur le même pied d'égalité quant aux équipements complémentaires, donc à la couverture, les départements dits « riches » ayant une couverture quasiment parfaite et des moyens financiers adaptés. Les départements moins favorisés, devront eux trouver des financements diversifiés, voire bancaires, pour qu'ils soient dotés des moyens dans des délais qui ne soient pas repoussés aux calendes grecques. La couverture d'Acropol: Concrètement, celle-ci devrait être terminée en 2007, plus vite que prévu initialement, grâce à un financement spécifique trouvé entre le ministère et les banques. Elle va donc servir de base au déploiement du réseau Antarès sur la même norme évidemment. La bataille Tétrapol versus Tétra est terminée. Il n'y aura donc qu'un seul fournisseur d'infras et de terminaux. C'est un peu dommage pour l'aspect financier et le manque de concurrence sur un marché de plusieurs centaines de millions d'euros ! Cette couverture est assurée sur les villes et les villages mais est insuffisante pour des sapeurs pompiers qui peuvent être appelés...là où il n'y a pas d'habitants où de centres de vie. Qui paie quoi ? La loi de modernisation de la sécurité civile votée l'été dernier laisse quelques rancoeurs chez certains quand à la manière. Le député de Vaucluse Thierry Mariani en sait quelque chose. L'article 8 de la loi fait état d'expérimentations faites dans des départements pilotes lesquelles manifestement n'ont pas été faites ou déployées, chacun le sait, surtout les patrons de ces départements. Devant le tollé général des régions quant au financement par les départements des extensions de couverture et des terminaux, l'état a décidé finalement et en traînant les pieds de rajouter 90 millions d'euros sur six ans par le biais du FAI, fond d'aide à l'investissement. Les terminaux seront à la charge des SDIS tout comme les adaptations et les frais de gestion et de maintenance, lesquels ne sont pas évalués semble-t-il. Mais ce qui est sur, c'est que si les départements riches n'aident pas ceux qui sont moins bien lotis, l'arrivée d'Antarès dans ces départements n'est pas pour demain. Globalement le déploiement devrait durer trois ans environ. Reste qu'il va falloir trouver une clé de répartition pour les coûts d'usage du réseau Acropol invoqués par le ministère. Comment imputer ces coûts d'usage dans ce réseau multi utilisateurs qui met en scène Sécurité Civile, SDIS, Police Nationale, Gendarmerie et SAMU ? Les autres utilisateurs potentiels, douanes, ambulanciers etc. ne figurent pas au décret qui n'est d'ailleurs toujours pas publié...Le coût global pour un département moyen, moyennement urbanisé est de l'ordre de 5 à 6 millions d'uros pouvant aller jusqu'à 8 à 9 millions d'euros en zone montagneuse ou difficile. Le paradoxe étant que les départements les plus riches... sont ceux qui ont la meilleure couverture Acropol et nécessitent le moins de compléments de couverture. Quid de l'analogique ? Ceux (les départements) qui avaient attendu (trop longtemps à leur gré) pour renouveler leur parc, semblent malgré tout contents d'avoir enfin une solution à leurs problèmes de communication. Ceux qui ne pouvaient pas attendre et qui viennent de se rééquiper, se trouvent désormais avec un matériel analogique quasiment neuf... et déjà périmé. Non par la qualité du matériel lui-même, mais parce que qu'ils vont devoir vivre des années avec un matériel non compatible. Prescom chargé de concevoir le « gestionnaire de voies radio » a d'ailleurs conçu un outil de conversion des signaux de toutes natures pour les rendre compatibles entre eux. Les industriels concernés. C'est évidemment EADS Telecom qui rafle l'essentiel des marchés : conception, infrastructures, terminaux, même si l'UGAP, la centrale d'achat de l'administration peut passer pour un second fournisseur lequel se fournira ...chez EADS. Les grands de la PMR qui ont opté pour Tetra doivent évidemment regretter un marché de cette importance, quelques millions d'uros à terme. Mais il est trop tard pour revenir en arrière. Encore que... Quant aux pompiers eux-mêmes et à leurs mécènes, les collectivités locales, ils regrettent de devoir passer sous les fourches caudines d'un seul fournisseur ce qui ne leur laisse aucun choix quant au prix en particulier. Seul Systel qui prend en charge la gestion de l'alerte s'en tire à peu près bien. L'alarme, elle, a été en son temps dissociée et il n'y aura pas de pagers Tetrapol lesquels viendraient d'ailleurs interférer inutilement sur un tel réseau national. Lors du récent congrès des sapeurs pompiers et du « Carrefour des communications » les discussions ont été plutôt vives. Pour ne pas dire plus. En particulier au niveau de la sécurisation des communications et des liens. Si l'on se réfère aux motifs de la contestation, Acropol dans ses fonctionnalités actuelles ne permet pas, dans certaines conditions et dans certains départements, ceux qui dépassent 80000 interventions par an, une traçabilité permanente des appels et des status envoyés. En cas de perte des informations data (status, fichiers transmis) , comment justifier de la présence des services d'incendies et de secours dans les délais impartis, sur un site d'intervention sans la traçabilité des échanges ? Comment en ce cas répondre à la requête dans un traitement contentieux à une juridiction qu'elle quelle soit ? Autant de questions auxquelles pour l'instant personne semble-t-il, n'est capable ou n'a envie de répondre Selon certains contestataires frondeurs, expérimentés cependant, et ayant une longue mais efficiente habitude des interventions et de la sécurité, ce point est primordial et intransgressible. Les élus engageant éventuellement leur responsabilité ne peuvent qu'adhérer à ce point de vue. Mais, force est de constater que, dans l'ensemble, tout le monde est conscient qu'il faut aller vite. Maintenant que le vin est tiré il faut le boire ! Concrètement, où en est-on ? En Eure et Loir l'un des départements tests initiaux, l'expérimentation globale a enfin démarré maintenant qu'un consensus financier a été trouvé. Dans l'Ain, l'expérimentation suit son cours et utilise toute l'infrastructure d'Acropol dans le département. La voix fonctionne bien, on envoie également des statuts et une géo-localisation avec un rafraîchissement toutes les trente secondes fonctionne. En Eure et Loir, et en complément des quelques 8 sites Acropol existants, le SDIS va mettre en place deux nouveaux sites complémentaires qui seront en service en 2006. Mise en route prévue, janvier 2006 pour l'alerte et juin pour les mobiles. Ce délai est d'ailleurs justifié par le retard que met EADS Telecom à fournir les façades avant des nouveaux terminaux mobiles embarqués à bord des véhicules. A titre indicatif, le coût de cette première tranche pour le département, qui comprend 200 mobiles et 100 portatifs, mais pas les fixes des centres de secours et tout ce qui va autour est de l'ordre de 2,7 millions d'uros. Viendra ensuite une deuxième tranche pour 300 mobiles et 150 portatifs supplémentaires pour une enveloppe d'un million d'euros supplémentaires. Et on n'a toujours pas d'idée du coût d'usage! En Martinique où il n'y a pas de réseau Acropol, c'est le SAMU qui pris l'initiative de construire le réseau Antarès financé partiellement par le CHU et qui sera a la disposition de la sécurité civile sur quatre sites. Le début d'exploitation est prévu pour 2006. Mais là-bas on s'étonne du coût de cette opération pour ne disposer que de la voix de statuts et de géo localisation à une vitesse plus que modeste qui ne permet pas la transmission d'opérations de télémédecine embarquée. Pour un coût qualifié sur place de trop élevé, 4,2 millions d'uros pour l'ensemble du réseau même si celui-ci est financé pour 60% par le Feder et le reste par le Conseil Général et le Ministère de la santé. . En Seine et Marne, selon Christian Fabre le patron des Télécoms et des services informatiques, le nombre de relais Acropol correspond à la couverture dont ont besoin les sapeurs pompiers. En revanche, la moitié de ces relais sont dans des zones iso-fréquences. Cependant cet ingénieur insiste sur la nécessité de sécuriser les liaisons filaires de maillage de l'infrastructure qui n'offrent pas, sans aménagements adéquats ou sans la mise en place d'opérateurs supplémentaires, une garantie suffisante pour la pérennité des données transmises. Mais, ajoute-t-il, de toute façon le choix se limite à Antarès en 2006 avec 650 mobiles et 400 portatifs car le département est vaste, avec des zones difficiles et un taux d'interventions important. On devrait y voir plus clair dans quelques mois quand tous ces réseaux seront opérationnels. Assurément, les départements qui attendent les premiers résultats pour se lancer, n'auront de toute façon pas d'autre alternative que de se lancer. Georges.R.Rouilleaux 30 09 2005
