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Visite royale

Images satellitaires d'espionnage pour Albert II
Belga
Mis en ligne le 13/10/2005

Le Roi Albert a rendu visite jeudi au centre belge d'interprétation
d'images (CBII), une installation stratégique qui reçoit depuis
quelques mois les photos du satellite-espion français de deuxième
génération Helios II dans ses locaux du quartier Reine Elisabeth à
Evere.

Le souverain, accompagné du ministre de la Défense, André Flahaut, a
suivi plusieurs présentations destinées à montrer les renseignements
pouvant être «extraits » d'images de (très) haute définition.

Le CBII est le centre national pour la réception, l'analyse et les
retouches d'images satellites et dépend de la section «Intelligence
Imagery » du Service général du Renseignement et de la Sécurité
(SGRS) de l'armée. Créé par une décision du Conseil des ministres
de mars 1998 afin de donner à la Belgique une capacité
d'interprétation autonome d'images satellitaires, il a été inauguré
en juin 2002.

Ce n'est toutefois que depuis le 7 avril dernier que le centre est
pleinement opérationnel pour les images fournies par le premier
satellite Helios II, lancé en décembre 2004 depuis Kourou (Guyane
française), a indiqué son commandant, le lieutenant-colonel Bruno
Gaspar.

Un second engin, Helios IIB, doit être lancé d'ici 2008.

Le CBII occupe désormais 37 personnes, dont quinze analystes et quatre
officiers chargés de la programmation, 24 heures sur 24, sept jours
sur sept, de Helios IIA. Il abrite également neuf ingénieurs de
firmes civiles (Spacebel et Cegelec) chargés fournir un «appui
technique » aux militaires.

La Belgique est l'un des rares «petits » pays à avoir, grâce à une
participation à hauteur de 2,5 pc au programme Helios II, accès à en
toute autonomie à des images d'une telle précision, qui servent
notamment à appuyer les opérations que l'armée mène à l'étranger.

Les militaires belges peuvent ainsi programmer Helios à raison de 2,5
pc du temps - soit trois fois six minutes par jour -, pour leurs seuls
besoins et obtenir ainsi six ou sept clichés quotidiens de
pratiquement tous les lieux de la Terre. N'importe quel point du globe
est accessible en 48 ou 72, voire 96 heures... à condition que le ciel
soit sans nuage au dessus de l' »objectif ».

Un système de «clés nationales » permet à chaque pays (France,
Espagne, Belgique, rejointes entre-temps par l'Italie et la Grèce
ainsi que par l'Allemagne en 2007) d'obtenir une partie de la centaine
d'images réalisées lors des quatorze orbites quotidiennes sans que
les autres partenaires sachent quelle région du monde les intéresse
plus particulièrement.

Mais par le jeu des «zones d'intérêt » communes - tous ces pays
ont, par exemple, des troupes au Kosovo et en Afghanistan et il existe
une «clé internationale » -, ce pourcentage s'avère plus important.

Plusieurs images montrées au Roi concernaient ainsi l'Afrique centrale
et l'Afghanistan, deux zones où des troupes belges sont présentes.

Les militaires se sont une nouvelle fois refusé à révéler - du
moins devant la presse - la définition précise des images fournies
par Helios II. Leurs homologues français utilisent des périphrases
telles que «largement inférieure au mètre » ou «de l'ordre de
quelques dizaines de centimètres » pour définir la précision de ce
satellite-espion.

«Avec Helios, il est impossible de lire les titres des journaux », a
toutefois admis jeudi le lieutenant-colonel Gaspar.

Le CBII continuait néanmoins à recourir à des clichés d'origine
commerciale, comme ceux fournies par le satellite franco-belgo-suédois
d'observation de la Terre Spot 5 (2.100 euros pour une photo de 900 km2
avec une résolution de 2,5 m) ou par les engins américains Ikonos
(3.500 euros pour une zone de 121 km2 avec une résolution d'un mètre)
et Quickbird (4.700 euros pour 156 km2 avec une résolution de 70 cm).

Le Roi a ensuite participé, toujours au quartier Reine Elisabeth, à
un déjeuner de travail concernant les aspects «personnel » et
«formation » au sein du ministère de la Défense.

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