[en VO : http://www.spiegel.de/spiegel/0,1518,384626,00.html
en VF : http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=46439

Service de renseignements "Camolin"
À Paris, des services de renseignements européens collaborent avec la CIA dans un centre anti-terroriste - entreprise aussi sensible que secrète.

"In Paris arbeiten europäische Nachrichtendienste mit der CIA in einem Anti-Terror-Zentrum zusammen - das Projekt ist ebenso heikel wie geheim."

Publié par l'hebdomadaire allemane, Der Spiegel, le 13/11/2005

En français : À Paris, des services de renseignements européens collaborent avec la CIA dans un centre anti-terroriste - entreprise aussi sensible que secrète.

Selon DER SPIEGEL, le scenario ressemble à la fiction "Opération Rainbow".

Depuis février 2003, l'Allemagne, les USA, la France, la Grande-Bretagne, le Canada et l'Australie ont créé une agence de renseignements en Europe. Ce groupe d'agents secrets - nom de code "Camolin" - chasse des terroristes pour empêcher qu'ils passent à l'acte.

Plusieurs politiciens européens ont nié de coopérer ainsi avec la CIA qui pratique des méthodes peu compatibles avec le respect des droits de l'homme. Officiellement, la France et l'Allemagne désapprouvent la torture pratiquée par la CIA à Guantanamo et dans les "Black Sites". En réalité, la coopération internationale est incontournable dans la lutte contre le terrorisme. Les services des renseignements généraux et de la sécurité allemands envoient régulièrement leurs représentants aux réunions dans la caserne située près de Paris.

Le rôle de "Camolin" est limité à l'identification, à la poursuite et à l'arrestation de personnes susceptibles d'appartenir au réseau Al-Qaïda. Sur le sort réservé ensuite aux extrémistes arrêtés, aucun traité de coopération transatlantique n'a été conclu.

Grâce à la création de cette agence de renseignements, la CIA dispose désormais du pouvoir d'agir sur le continent européen, en toute "légalité". Ce fait est capital pour le gouvernement américain, convaincu que l'Europe est l'épicentre du Djihad :"Dans la société européenne vivent dix millions de musulmans non intégrés."

En pratique : les membres de "Camolin" livrent la biographie de terroristes présumés. Au moindre soupçon, les États sont tenus de transmettre les informations à la base de données de la caserne parisienne, reliée aux services secrets des pays-membres. On y centralise notamment les écoutes téléphoniques, les messages interceptés… Une fois les données enregistrées, c'est la CIA qui s'occupe de leur exploitation jusqu'à l'arrestation et à la disparition des suspects, puis : secret défense.

Les gouvernements européens ne semblent pas s'inquiéter de violer ainsi le droit international et la souveraineté de leurs États respectifs.

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