http://www.rsf.org/article.php3?id_article=15629

18.11.2005

Le journaliste du Parisien libéré mais mis en examen

Roberto Cristofoli a été mis en examen, le 17 novembre 2005, pour « recel
d'un détournement de biens par dépositaire de l'autorité publique
d'un objet qui lui avait été confié pour exercer sa mission » et «
complicité de violation de secret professionnel ». Il a été libéré mais placé
sous contrôle judiciaire.

Un policier, placé en détention provisoire pour « violation du secret
professionnel et corruption », aurait fourni au journaliste du quotidien Le
Parisien du matériel réservé aux forces de l'ordre, permettant
d'écouter les fréquences cryptées de la police.

Trois autres personnes ont également été mises en cause dans cette affaire. Il
s'agit de deux détectives privés, dont l'un est en détention
provisoire, et d'un intermédiaire, proche de l'opérateur de
téléphonie Orange, qui aurait fourni des listings d'appels téléphoniques.



http://www.snj.fr/communiques/2003-2005/parisien_perquisition_1105.html

Garde à vue d'un journaliste du Parisien
Le 18 novembre : communiqué SNJ ­ FO ­ CFDT- CGC

Les syndicats de journalistes du Parisien (CGC-CFDT-FO-SNJ) ont accueilli avec
soulagement la fin de la garde à vue de Roberto Cristofoli, journaliste à
l'édition des Hauts de Seine du Parisien. Ils ont été choqués de la durée
pendant laquelle ce confrère a été retenu, sans aucune proportion avec les
faits reprochés : 62 heures se sont écoulées entre son interpellation à son
domicile, mardi 15 novembre à 6 heures du matin, et sa sortie du Palais de
Justice de Paris, jeudi à 20 heures.

Lors de la perquisition du 15 novembre au siège du Parisien, le disque dur de
l'ordinateur professionnel de notre confrère a été saisi. La carte mémoire de
son téléphone portable a fait l'objet d'une copie, ainsi que son carnet
d'adresses et des carnets de note. Les forces de police se sont procurées des
textes figurant dans son dossier au sein du système informatique du Parisien.
Sa messagerie électronique a été examinée sur le serveur du journal.

Toutes ces opérations constituent autant de violations de la protection des
sources journalistiques. Elles s'inscrivent dans le fil des perquisitions
récemment menées au Point et à l'Equipe, et participent d'un climat de
restriction des libertés de la presse. La protection des sources des
journalistes est pourtant inscrite dans le droit français depuis la loi de
janvier 1993, et confirmée encore récemment par une décision de la Cour
Européenne de Justice.

Les syndicats de journalistes du Parisien, qui réaffirment leur soutien à
Roberto Cristofoli, seront en conséquence particulièrement attentifs aux suites
de cette affaire.

Ils profitent de ce communiqué pour se faire ses interprètes, afin de remercier
en son nom tous ceux qui ces derniers jours lui ont manifesté leur soutien et
leur sympathie. Qu'il s'agisse des organisations professionnelles constituées,
de personnalités ou partis politiques, des confrères du Parisien et d'autre
médias (et notamment l'Assemblée générale des journalistes de l'AFP), de la
direction de l'entreprise et de la direction de la rédaction du Parisien.

Paris, le 18 novembre 2005

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