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UE: les appels téléphoniques fichés jusqu'à deux ans

NOUVELOBS.COM | 15.12.05 | 07:01

Les eurodéputés valident l'allongement du stockage de données par
les opérateurs pour la lutte antiterroriste.

L e Parlement européen a définitivement entériné mercredi 14
décembre le principe du stockage des données téléphoniques dans
l'Union européenne, sur lequel les 25 Etats membres s'étaient
entendus pour renforcer leur coopération contre le terrorisme.
La résolution finale a été adoptée par 378 voix contre 197, avec 30
abstentions.
Les opérateurs de tous les pays de l'UE seront désormais tenus de
conserver à des fins d'enquête une série de données internet et
téléphoniques comme l'expéditeur, le destinataire, l'heure, la
durée ou le lieu d'origine des communications, à l'exception de leur
contenu.
Les deux principaux groupes politiques du Parlement, les conservateurs
du PPE et les socialistes du PSE, s'étaient entendus avant la
plénière pour faire passer dès la première lecture une série
d'amendements (adoptés par 387 votes) allant dans le sens de l'accord
survenu début décembre entre les ministres de la Justice des 25.

Jusqu'à 24 mois

La plupart des Etats disposent déjà d'une telle législation, mais
les durées varient entre 3 mois aux Pays-Bas, un an en France ou 4 ans
en Italie.

Désormais, ces données devront être conservées de 6 à 24 mois,
avec la possibilité pour les Etats ayant déjà une durée plus
élevée de la garder.
Pour parvenir à ce compromis, la présidence britannique, qui avait
fait de ce texte sa priorité après les attentats de Londres, a
cependant dû faire preuve d'une grande flexibilité.
Il lui fallait négocier entre les Etats soucieux de donner le plus de
pouvoirs à leurs services répressifs (France, Danemark, Irlande,
Slovaquie), ceux voulant minimiser les coûts pour leur industrie
(Allemagne, Finlande, Pays-Bas) et un Parlement attaché avant tout à
la protection de la vie privée.

Appels non aboutis : dérogations

Ainsi, comme le souhaitaient l'Allemagne et le PE, les Etats pourront
déroger à l'obligation de conserver "les appels non aboutis, mais
ayant fait l'objet d'une connexion" (un appel en absence sur un
téléphone portable par exemple).
C'est pourtant à partir d'un appel téléphonique non abouti qui
n'avait pas déclenché l'une des bombes, que l'enquête sur les
attentats de Madrid (mars 2004) avait ainsi pu démarrer.
Ces appels ne sont pas stockés en Allemagne car ils ne font pas
l'objet d'une facturation.
L'industrie allemande jugeait que cela lui coûterait plus d'une
centaine de millions d'euros, un chiffre contesté par le Royaume-Uni
ou la France où ces appels sont déjà stockés.

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