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Sarko déteste être traité de «voyou» par un des siens Un syndicaliste des RG convoqué par la police des polices pour un texte. par Jacky DURAND QUOTIDIEN : jeudi 15 décembre 2005 Les émeutes de novembre n'ont pas fini de provoquer des dégâts collatéraux. Serge Rabineau, secrétaire général de SUD-Intérieur et capitaine aux Renseignements généraux de la préfecture de police, est convoqué ce matin au cabinet de discipline de l'Inspection générale de la police nationale, la police des polices. Motif notifié : «Eclaircissements à apporter à la suite de la diffusion d'un document syndical aux termes injurieux.» Les deux pages de Sud-Intérieur incriminées datent du 14 novembre et analysent les émeutes comme «une immense révolte contre un système injuste !». Mais, surtout, selon le syndicat, ce sont les allusions à Chirac et Sarkozy, avec respectivement entre parenthèses les mentions «racaille !» et «voyou !», qui auraient provoqué l'ire de l'Intérieur. «Il ne s'agissait ni d'un tract ni d'un communiqué, mais d'un document strictement interne, jure Rabineau. En aucun cas, nous n'aurions laissé ces deux mentions si ce texte avait été rendu public.» Le hic, c'est que le document a été diffusé par «erreur», selon Sud-Intérieur, «par le camarade qui gérait ce jour-là la liste de diffusion» aux directions départementales de la sécurité publique et aux syndicats concurrents. Bourde ou bavure, en tout cas, ce n'est pas tous les jours qu'un syndicaliste est convoqué devant la police des polices : «Si j'avais dealé ou mis des filles au tapin, je comprendrais d'être traduit devant le cabinet de discipline, s'étonne Serge Rabineau. Mais je ne vois pas comment cette instance de l'IGPN peut me convoquer en tant que syndicaliste.» Sud-Intérieur est certes groupusculaire, mais, à l'instar du Syndicat de la police nationale (SPN), il fait figure d'aiguillon dans le paysage syndical de la police. Dans les rangs de Sud-Intérieur, on constate que les tourments du secrétaire général surviennent après un communiqué du syndicat du 18 novembre, qui dénonçait les «sondages» sur la «cote de popularité» de Sarkozy réclamés aux standardistes du ministère de l'Intérieur en pleine crise des banlieues. Le cabinet du ministre leur avait demandé de distinguer, dans le flot d'appels entrant place Beauvau, les coups de fils «favorables» ou «défavorables» à Sarkozy. http://www.liberation.fr/page.php?Article=339457 Beauvau demande à ses standardistes de sonder pour l'UMP Au ministère de l'Intérieur, les opérateurs du standard ont été utilisés pour la promotion personnelle de Nicolas Sarkozy · Le syndicat Sud-Intérieur crie au «détournement de fonction» · par Ludovic BLECHER LIBERATION.FR : vendredi 18 novembre 2005 - 13:00 La demande est arrivée voici une quinzaine de jours entre les mains des standardistes du ministère de l'Intérieur. En pleine crise sur les banlieues, alors que des centaines d'appels affluaient place Beauvau, les opérateurs du standard ont reçu cette exigence directement du cabinet du ministre : distinguer, dans le flot d'appels entrants, les coups de fil «Favorable» ou «Défavorable» à Nicolas Sarkozy. Pour ce faire, une grille avec deux colonnes leur a été distribuée, rapporte vendredi le syndicat Sud-Intérieur qui dénonce un «détournement de fonction». «Les standardistes ont commencé à râler en estimant que leur travail consiste uniquement à orienter les gens qui téléphonent au ministère, raconte Thierry Tintoni, capitaine de police et responsable de la section Beauvau de Sud-Intérieur. Orienter ne signifie pas faire parler les gens». Pour calmer les contestataires, une troisième colonne a été rajoutée avec mention «Autre». Ce qui permettait, à ceux qui le souhaitait, de ne pas effectuer ce «sondage». Au final, une quatrième colonne, «Divers», a même été intégrée à la demande des standardistes. C'est là qu'elles devaient ranger les appels racistes ou ceux de détraqués. Vendredi, le syndicat Sud-Intérieur n'était pas en mesure de dire si les standardistes doivent encore remplir ces fiches «ramassées chaque soir pour être envoyées au cabinet du ministre». «On n'a jamais entendu parlé d'un tel sondage», ont affirmé, gênées, deux standartistes joints par «Libération». Ce qui n'empêche pas Sud-Intérieur de reprocher les «confusions des rôles» trop fréquentes entre ministre de l'Intérieur et chef de parti : «Noter si les gens sont pour ou contre le couvre-feu, c'est-à-dire recueillir leur avis concernant une mesure du ministère de l'Intérieur, passe encore, estime Thierry Tintoni. Mais la personnalisation qui a été faite en commandant un sondage sur le ministre pose un réel problème. Comme ils sont en première ligne, les standardistes ont le sentiment d'être les sondeurs de l'UMP». Un sentiment renforcé par le fait que de plus en plus d'appels ne s'adressent en réalité pas au ministère mais à l'UMP, comme ceux concernant les renouvellements de cotisations qui, parfois, atterrissent à Beauvau. «C'est du même ordre que les liens commerciaux sur Google incitant à soutenir Sarkozy quand on tapait "flic" ou "cité" sur le moteur de recherche, poursuit le syndicat. Les gens ont vraiment l'impression d'être utilisés pour la promotion personnelle du ministre». Ou plutôt du ministre-chef de parti-candidat à l'Elysée. http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=20771 vendredi 18 novembre 2005 (21h58) : Communiqué SUD Intérieur : Non au sondage au standard !! 1 commentaire(s). Solidaires Unitaires Démocratiques Intérieur Membre de la Fédération Sud Collectivités Territoriales Membre de l'Union Syndicale Solidaires Section Beauvau COMMUNIQUE DE PRESSE SONDAGE AU STANDARD DU MINISTERE Sur instructions du cabinet du ministre, le personnel du standard téléphonique (appelé C.O.T.I.C. en jargon bureaucratique : Centre Opérationnel Téléphonique d'Information et de Communication) du Ministère de l'Intérieur et de l'Aménagement du Territoire installé dans les locaux de la place Beauvau a été destinataire d'une grille d'évaluation des appels reçus. L'instruction leur demande de distinguer et de quantifier les appels reçus selon qu'ils sont favorables ou non au Ministre de l'Intérieur et de porter ces chiffres dans une grille comportant quatre colonnes dont les deux premières sont intitulées « Favorable » et « Défavorable ». Même si cela ne nous étonne pas tant le Ministère de l'Intérieur est entré dans une phase de « chiffrage » à outrance, conséquence des politiques libérales mises en place par le Gouvernement notamment à travers la Loi Organique sur la Loi de Finances (L.O.L.F.), la question se pose d'un détournement de fonction. En effet la fonction même du C.O.T.I.C. est de « traiter et orienter les appels destinés aux services du Ministère de l'Intérieur ». Ce n'est en aucun cas un organisme chargé de la fourniture de statistique sur la « cote de popularité » du Ministre. De plus, l'amalgame entre les fonctions de Ministre d'Etat et celle de chef de parti politique est déjà tellement prégnant parmi les appels téléphoniques reçus au standard que l'on peut se poser également la question de l'utilisation de telles « statistiques ». Pour quel usage, à quelles fins ? SUD Intérieur demande le retrait de ces instructions et le retour aux missions initialement prévues des standardistes, missions initiales qui n'ont rien à voir avec le métier de « faux- sondeur d'appoint » qu'on essaye de leur attribuer. Par ailleurs, SUD Intérieur dénonce fermement le détournement d'emploi de fonctionnaire d'Etat à des fins plus que douteuses. De : SUD INTERIEUR vendredi 18 novembre 2005
