http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=11540&1004

samedi 24 décembre 2005, mis à jour à 10:27
Les écoutes seraient plus étendues que ne l'admet Washington
Reuters

Le volume des informations récoltées dans le cadre des écoutes sans
mandat judiciaire de l'Agence nationale de sécurité (NSA) est bien
plus important que ne l'a reconnu la Maison blanche, rapporte le New
York Times.

Citant des responsables du gouvernement, anciens et actuels, le
quotidien déclare que le programme d'écoutes était une opération
d'envergure, effectuée en coopération avec des sociétés de
télécoms, visant des communications domestiques et internationales.
Le président américain George Bush et ses conseillers ont déclaré
que l'ordre d'écoutes sans mandat était limité aux communications
internationales par téléphone ou internet de personnes soupçonnées
de liens avec al Qaïda.

Or, d'après les sources citées par le NYT, les techniciens de la NSA
n'auraient pas limité leurs recherches à ce cadre.

Plusieurs responsables affirment même que de hauts fonctionnaires du
gouvernement se sont rendus au siège des grandes sociétés de
télécommunications du pays pour obtenir des accès privilégiés aux
communications internationales.

DES APPELS INTERNATIONAUX DÉROUTÉS

Les appels en provenance et à destination de l'Afghanistan étaient
ainsi d'un intérêt tout particulier pour la NSA, précise le journal.

Certains appels d'un pays étranger à un autre ont aussi été
déroutés via des commutateurs aux Etats-Unis et un ancien expert de
la NSA raconte que des responsables du gouvernement ont encouragé ces
dernières années l'industrie de télécommunications à écouter
davantage de communications internationales.
Révélée il y a une semaine par le New York Times, l'existence d'un
programme d'écoutes de la NSA a plongé l'administration Bush dans
l'embarras.

De hauts responsables américains, dont l'Attorney General (ministre de
la Justice) Alberto Gonzalez, ont affirmé que le Congrès avait
implicitement autorisé ces écoutes après le 11 septembre 2001 en
conférant au gouvernement les pouvoirs de faire la "guerre contre le
terrorisme".

Une loi de 1978 - le Foreign Intelligence Surveillance Act - exige que
le gouvernement sollicite un mandat de la justice pour procéder à ce
genre d'écoutes de ressortissants américains sur le sol américain.

Plusieurs sénateurs, des républicains comme des démocrates, ont
demandé une enquête du Congrès sur la légalité de ces écoutes.

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