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Le Centre des Technologies de la Sécurité Intérieure
Christophe Casalegno <[EMAIL PROTECTED]> Mercredi 18 Janvier 2006

Le Conseil de sécurité intérieure, qui s?est réuni mardi matin sous la présidence de Jacques Chirac, a décidé de nouvelles mesures antiterroristes, notamment dans le domaine de la surveillance des individus et des réseaux à risque. Nicolas Sarkozy, ministre de l?Intérieur, et Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, ont aussi activement participé au CSI.

Non seulement le CSI prévoit de nouvelles mesures contre le terrorisme mais il prôné l?échange d?informations sensibles sur les djihadistes ou toute personne étant passée par des camps d?entraînement en Iran, en Afghanistan ou en Bosnie et qui constituerait une menace particulière, d?après des sources internes et la presse ce matin.

Mais alors on se demande si toutes ces dispositions n?avaient pas déjà été prises depuis les attaques du 11 septembre 2001 sur les Etats-Unis... Qu?ont fait les services spécialisés et le gouvernement pendant tout ce temps ?

« C?est un renforcement des lois Perben II et la mise en application de celles-ci, notamment le droit de poser des micros et caméras au domicile d?une personne au moindre soupçon » a affirmé ce matin sur RMC Jean-Paul Ney, l?auteur de ?Souriez on vous espionne? (Le Cherche Midi). En effet, on peut légitimement se poser la question à savoir quelles nouvelles lois liberticides le gouvernement va imposer, alors qu?un nouveau texte, sous la forme d?un projet global de lutte antiterroriste, va être proposé. Le texte devrait être prêt pour fin août.

« Une nouvelle loi pour faire passer la mauvaise pilule Perben II ou une nouvelle loi pour cacher l?incompétence des politiques face au terrorisme ? » exprime Jean-Paul Ney interrogé tôt ce matin par Intelligence Post.

Le journaliste - aussi directeur de recherche au Centre International de Recherches et d?Etudes sur le Terrorisme & l?Aide aux Victimes du Terrorisme - évoque alors au micro de RMC la possibilité offerte par l?actualité à Dominique de Villepin, premier Ministre, qui avait alors initié le projet CTSI, le Centre des Technologies de la Sécurité Intérieure, alors qu?il était à la place Beauvau.

Le CTSI est une agence de veille et de développement technologique exclusivement destinée aux services spécialisés comme les RG, la DST mais encore le RAID ou la Police Judiciaire, il a pour but la conception, l?achat et la recherche de matériel de pointe au profit des services chargés de la lutte contre le terrorisme. Le CTSI sera hébergé, dans un premier temps sans doute, à Versailles, au cœur du très discret Centre de Recherches et d?Etudes Logistiques de la Police Nationale.

« Il ne suffit pas de mettre en place des lois, il faut aussi donner matériellement aux policiers le moyen de les appliquer, ce qui fait particulièrement défaut aux services aujourd?hui, sauf à la DST, qui possède déjà sa sous direction technologique. Seul ce service s?est opposé au projet craignant de voir son indépendance technologique et son budget supervisés par le patron actuel du Centre de Recherches et d?Etudes Logistiques de la Police Nationale, Jean-Claude Menault, qui je rappelle sera aussi le directeur du CTSI » confirme Jean-Paul Ney. On comprends donc les réserves de la DST qui ne rechigne pas, par contre, à partager voire mettre en commun certaines techniques et matériels. Le budget technologique de la DST est estimé à 3 millions d?euros par an par les spécialistes du renseignement.

Contre le terrorisme et la criminalité, le CTSI aura pour mission de développer des micros, caméras, mais aussi matériels informatiques capables d?intercepter et d?interpréter des signaux radio, vidéo, mais aussi informatiques. Là entre en jeu la cryptologie, l?un des fers de lance du CTSI. Une prospective technologique qui profitera aussi aux douanes et à la gendarmerie, des officiers de ces corps devraient rejoindre le CTSI sous peu.

Au nombre des dispositions évoquées en France par le Conseil de Sécurité Intérieure, figure la mise en oeuvre de visas et de cartes d?identité biométriques renfermant des données telles que les empreintes digitales et une photo numérisée. Le CTSI, d?après certains experts, sera aussi chargé des études et des tests de matériels biométriques pour en valider le niveau de sécurité. Il est fort à parier que les hommes du CTSI seront présents au prochain salon du Milipol de novembre 2005.

Enfin, Dominique de Villepin prône depuis la semaine dernière la conservation des données téléphoniques et informatiques pendant plusieurs années pour retrouver des liens et tracer les mouvements des cellules ou groupes terroristes.

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