http://www.intelink.info/index.php/news/renseignement/2005/07/282200_le_centre_des_technologies_de_la_securite_interieure
Le Centre des Technologies de la Sécurité Intérieure
Christophe Casalegno <[EMAIL PROTECTED]> Mercredi
18 Janvier 2006
Le Conseil de sécurité intérieure, qui s?est réuni mardi matin sous la
présidence de Jacques Chirac, a décidé de nouvelles mesures
antiterroristes, notamment dans le domaine de la surveillance des
individus et des réseaux à risque. Nicolas Sarkozy, ministre de
l?Intérieur, et Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, ont aussi
activement participé au CSI.
Non seulement le CSI prévoit de nouvelles mesures contre le terrorisme
mais il prôné l?échange d?informations sensibles sur les djihadistes ou
toute personne étant passée par des camps d?entraînement en Iran, en
Afghanistan ou en Bosnie et qui constituerait une menace particulière,
d?après des sources internes et la presse ce matin.
Mais alors on se demande si toutes ces dispositions n?avaient pas déjà été
prises depuis les attaques du 11 septembre 2001 sur les Etats-Unis...
Qu?ont fait les services spécialisés et le gouvernement pendant tout ce
temps ?
« C?est un renforcement des lois Perben II et la mise en application de
celles-ci, notamment le droit de poser des micros et caméras au domicile
d?une personne au moindre soupçon » a affirmé ce matin sur RMC Jean-Paul
Ney, l?auteur de ?Souriez on vous espionne? (Le Cherche Midi). En effet,
on peut légitimement se poser la question à savoir quelles nouvelles lois
liberticides le gouvernement va imposer, alors qu?un nouveau texte, sous
la forme d?un projet global de lutte antiterroriste, va être proposé. Le
texte devrait être prêt pour fin août.
« Une nouvelle loi pour faire passer la mauvaise pilule Perben II ou une
nouvelle loi pour cacher l?incompétence des politiques face au terrorisme
? » exprime Jean-Paul Ney interrogé tôt ce matin par Intelligence Post.
Le journaliste - aussi directeur de recherche au Centre International de
Recherches et d?Etudes sur le Terrorisme & l?Aide aux Victimes du
Terrorisme - évoque alors au micro de RMC la possibilité offerte par
l?actualité à Dominique de Villepin, premier Ministre, qui avait alors
initié le projet CTSI, le Centre des Technologies de la Sécurité
Intérieure, alors qu?il était à la place Beauvau.
Le CTSI est une agence de veille et de développement technologique
exclusivement destinée aux services spécialisés comme les RG, la DST mais
encore le RAID ou la Police Judiciaire, il a pour but la conception,
l?achat et la recherche de matériel de pointe au profit des services
chargés de la lutte contre le terrorisme. Le CTSI sera hébergé, dans un
premier temps sans doute, à Versailles, au cœur du très discret Centre de
Recherches et d?Etudes Logistiques de la Police Nationale.
« Il ne suffit pas de mettre en place des lois, il faut aussi donner
matériellement aux policiers le moyen de les appliquer, ce qui fait
particulièrement défaut aux services aujourd?hui, sauf à la DST, qui
possède déjà sa sous direction technologique. Seul ce service s?est opposé
au projet craignant de voir son indépendance technologique et son budget
supervisés par le patron actuel du Centre de Recherches et d?Etudes
Logistiques de la Police Nationale, Jean-Claude Menault, qui je rappelle
sera aussi le directeur du CTSI » confirme Jean-Paul Ney. On comprends
donc les réserves de la DST qui ne rechigne pas, par contre, à partager
voire mettre en commun certaines techniques et matériels. Le budget
technologique de la DST est estimé à 3 millions d?euros par an par les
spécialistes du renseignement.
Contre le terrorisme et la criminalité, le CTSI aura pour mission de
développer des micros, caméras, mais aussi matériels informatiques
capables d?intercepter et d?interpréter des signaux radio, vidéo, mais
aussi informatiques. Là entre en jeu la cryptologie, l?un des fers de
lance du CTSI. Une prospective technologique qui profitera aussi aux
douanes et à la gendarmerie, des officiers de ces corps devraient
rejoindre le CTSI sous peu.
Au nombre des dispositions évoquées en France par le Conseil de Sécurité
Intérieure, figure la mise en oeuvre de visas et de cartes d?identité
biométriques renfermant des données telles que les empreintes digitales et
une photo numérisée. Le CTSI, d?après certains experts, sera aussi chargé
des études et des tests de matériels biométriques pour en valider le
niveau de sécurité. Il est fort à parier que les hommes du CTSI seront
présents au prochain salon du Milipol de novembre 2005.
Enfin, Dominique de Villepin prône depuis la semaine dernière la
conservation des données téléphoniques et informatiques pendant plusieurs
années pour retrouver des liens et tracer les mouvements des cellules ou
groupes terroristes.