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L'attaque manquée contre le Parlement britannique
Par C.A.
Piratage : L'attaque manquée contre le Parlement britannique            En
décembre dernier, une attaque pirate très bien organisée a visé les
PC de plusieurs députés. Elle a été déjouée par un laboratoire
d'anti-virus. Ce dernier pense que le gouvernement chinois pourrait y
être, de près ou de loin, impliqué.

Créé le 24 janvier 2006
Mis à jour le 24 janvier 2006 à 17h37

Peu avant Noël, une faille était découverte dans l'exploitation des
fichiers de type WMF (voir notre article). Avant que Microsoft ne sorte
tardivement un patch correctif, un groupe de pirates a tenté
d'exploiter cette faille pour attaquer le Parlement britannique.

Révélée par le quotidien The Guardian, qui cite plusieurs sources
d'agence de sécurité et de laboratoires d'anti-virus, cette attaque
serait loin d'être anodine. Plusieurs dizaines d'e-mails avaient été
envoyés à des députés et des employés du Parlement et ont été
interceptés avant d'arriver à destination. S'ils avaient atterri dans
les boîtes et s'ils avaient été ouverts, ils auraient permis aux
pirates de prendre contrôle des ordinateurs et d'avoir accès à des
documents sensibles.

Du travail de professionnel

Mais pourquoi les parlementaires auraient-ils ouvert ces emails ? Parce
que, chose rare, l'attaque avait été soigneusement élaborée, chaque
mail fait sur mesure pour chacune des personnes visées, en prétendant
émaner d'une agence gouvernementale secrète. Selon une source proche
d'une de ces agences gouvernementales, "ce n'étaient pas des pirates
normaux. Le niveau de sophistication de l'attaque était très haut. Il
s'agit de programmeurs très intelligents". Un spécialiste,
détaillant les attaques, estime qu'il a fallu beaucoup d'argent pour
les lancer, qu'un groupe de pirates n'aurait pu s'investir seul dans
une telle entreprise.

Les entreprises de sécurité qui se sont penchées sur cette attaque
savent qu'elle est partie de Chine. Et beaucoup soupçonnent le
gouvernement chinois d'avoir  sinon appuyé, du moins fermé les yeux
sur cette opération. Pour le directeur de l'institut de sécurité
SANS, il est même évident que le gouvernement chinois est derrière
cette opération : "les gouvernements seraient prêts à payer
n'importe quoi pour avoir accès aux ordinateurs sensibles d'autres
pays. Peu importe le prix, c'est tellement plus payant qu'une écoute
téléphonique".

Dans son article, le Guardian insiste particulièrement sur la piste
chinoise, même si le Parlement britannique n'a pas voulu confirmer
officiellement l'information sur l'attaque. Pour le quotidien, l'une
des preuves de l'implication gouvernementale réside dans la loi
chinoise, qui condamne à mort tout acte de piratage et n'aurait aucun
mal à retrouver les auteurs de l'attaque. Or, aucune procédure n'a
été lancée. De quoi étayer des soupçons, alors que l'on sait
aujourd'hui que l'espionnage économique est crucial... et passe
souvent par l'infiltration informatique.

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