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Nouveaux mystères autour du «Watergrec»
De nouvelles révélations placent la société Vodafone au c½ur de l?enquête  
sur les écoutes illégales d?une cinquantaine d?hommes politiques grecs,  
dont le Premier ministre. Le gouvernement, en proie aux critiques de  
l?opposition socialiste et de l?opinion, tente de réagir.

Stéphane Alliès (lefigaro.fr), avec la presse grecque
[06 février 2006]

L?affaire des écoutes illégales en Grèce n?en finit pas de ressembler à un  
roman d?espionnage des mieux ficelés. Le gouvernement hellène a beau  
multiplier les annonces d?enquête (judiciaire, parlementaire, autorité des  
télécoms), il ne parvint pas à rassurer le pays. Ni les journalistes, qui  
se démènent pour tenter d?éclaircir les points obscurs du dossier.

Deux morts et une démission suspects

La presse a ainsi révélé un décès des plus troublants, celui d?un cadre de  
l?entreprise de téléphonie, Konstantinos Tsalikidis, 38 ans, retrouvé  
suicidé chez lui le 9 mars 2005. Soit la veille de l?annonce par le  
directeur de Vodafone de l?existence des écoutes au Premier ministre  
Costas Caramanlis. Qualifié dimanche par l?avocat de la famille  
d?«ingénieur brillant capable de localiser le logiciel d?écoutes »,  
Konstantinos Tsalikidis était le directeur adjoint du département de la  
sécurité informatique.

Selon de nombreux experts cités par la presse grecque, « même non  
impliqué, il aurait été l?un des témoins clé pour retrouver les  
commanditaires. » Le frère du disparu a demandé au procureur du tribunal  
chargé de l?affaire à témoigner de « l?absence de raison qu?avait son  
frère de mettre fin à ses jours ». Il lui aurait également raconté « qu?il  
était sous pression à son travail. »
L?avocat du défunt a demandé à ce que soient communiqués les courriels  
entrants et sortants de son client, tout en se demandant si l?entreprise  
en avait conservé des copies, laissant entendre que leur effacement  
constituerait une entrave à l?enquête.

Il est aussi question de l?assassinat d?un autre employé en septembre  
2003, alors qualifié par la police de crime passionnel. Un dossier qui  
devrait être réexaminé, comme pourrait l?être la démission d?un autre  
cadre de Vodafone, qui occupait un poste-clé dans le secteur de la  
sécurité des systèmes au moment des faits.

« Aucun lien »

Pour Vodafone, « il n?y a aucun lien entre ces morts et l?affaire des  
écoutes. Toute insinuation est une erreur, pour ne pas dire pire », est-il  
annoncé dans un communiqué. Vendredi, Vodafone annonçait qu?une image  
précise du réseau avait été enregistrée avant le retrait du logiciel.  
Désactivé « dès sa découverte, ainsi que le prévoit le règlement », le  
logiciel retiré avait privé la police de la possibilité de localiser les  
réceptionnaires des écoutes. « Une copie de ce logiciel a été faite et  
conservée dans les archives de la société, mais sans pouvoir affirmer les  
dates de sa mise en fonction. »

Le gouvernement empêtré

En dépit des protestations de l?opposition, de la presse et de l?opinion,  
le gouvernement tente de garder le cap. Son porte-parole, Théodore  
Roussopoulos, est à nouveau allé au charbon dimanche, d?abord pour  
demander « que l?on laisse la justice achever son ½uvre sans entraves. »  
Ensuite pour annoncer la constitution d?une commission d?enquête  
parlementaire, après la fin de l?instruction judiciaire. Enfin, l?ADAE  
(équivalent de la Cnil en Grèce) a convoqué à son siège l?ensemble de la  
direction de Vodafone, jeudi 9 février, afin qu?elle puisse répondre à  
toutes leurs question sur cette affaire.

Toujours sous le feu des critiques de l?opposition socialiste, qui insiste  
essentiellement sur le secret conservé pendant 11 mois avant la révélation  
du scandale, le gouvernement doit faire face à la défiance croissante de  
l?opinion. Un sondage paru dans le quotidien Kyriakatiki Eleftherotypia  
indique que 80% des personnes interrogées pensent que leurs conversations  
ne sont pas sûres, 73% estiment que le gouvernement n?a pas dit toute la  
vérité dans cette affaire et 62% doutent que les coupables soient connus  
un jour.

Présomptions

Faisant office de suspects idéaux, les Etats-Unis sont toujours la cible  
des accusations les plus nombreuses, après que le gouvernement a  
communiqué le périmètre dans lequel les communications interceptées  
pouvaient être écoutées. Une zone dont le centre approximatif serait  
l?ambassade américaine. Toutefois, le quotidien To Vima assure que des  
agents secrets du MI-6 britannique se seraient installés dans la même aire  
durant les Jeux Olympiques d?Athènes. Des JO qui constituent le mobile le  
plus incriminant, d?après la presse grecque, pour expliquer une  
manipulation américaine. Considérée comme maillon faible de la lutte  
anti-terroriste, la Grèce aurait été victime du peu de crédit accordés par  
les Etats-Unis en matière de sécurité, lors des premiers JO de l?après 11  
septembre.


A lire également
  ? "Watergrec" : à qui profite l'écoute ?
  ? Watergrec ?
  ? A lire en anglais : le dernier article en ligne sur le site de la  
Radio-télévision grecque

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