[petite série de posts sur la censure aujourd'hui, y compris si les articles
en questions datent déjà d'au moins un mois 1/2... mazette ! que le temps 
passe vite, mais que l'étau se resserre !]

http://www.liberation.fr/page.php?Article=346564

Le Canard Enchaîné révèle que Paris-Match aurait censuré des propos de Yannick
Noah contre Nicolas Sarkozy.
par N. I-A.
LIBERATION.FR : mercredi 21 décembre 2005 - 11:19

«Le poids des mots était trop lourd» pour «Paris-Match», selon un article du
«Canard Enchaîné» paru mercredi. L'hebdomadaire des stars aurait coupé un
paragraphe sensible d'une interview donnée par Yannick Noah, «le plus
populaire de tous les Français».

Dans cet entretien, paru dans l'édition du 15 décembre et intitulé «Noah. Mes
quatre vérités à la France», l'ex-tennisman, évoquant la crise des banlieues,
aurait déclaré «une chose est sûre : si jamais Sarkozy passe, je me casse». Le
«Canard» relate la suite de l'entretien avec le journaliste, qui lui fait
remarquer «qu'à quelques mois des élections, vous êtes conscient que les
politiques vont essayer de vous récupérer. Vous êtes l'homme le plus populaire
des Français, votre voix porte plus que les autres». Ce à quoi le chanteur
aurait rétorqué : «Personne ne peut me récupérer». Selon l'hebdomadaire
satirique, c'est tout cet échange qui aurait été «censuré» par «Paris-Match».
Ou plutôt par son directeur de la rédaction, Alain Genestar.

Le «Canard» livre son analyse. Retour sur la Une de «Match» du mois d'août qui
a fait jaser tout le landerneau journalistique. Une photo de Cecilia Sarkozy
avec le publicitaire Richard Attias. Elle fait bondir le ministre de
l'Intérieur. Furieux, celui-ci aurait immédiatement téléphoné à son grand ami
Arnaud Lagardère, propriétaire de «Paris-Match». Dans le mitan, on ne donne
alors pas cher de la peau de Genestar, dont les rumeurs sur la démission
prochaine occupent tous les dîners parisiens. Pourtant, il reste en poste.
Mais le «Canard» précise qu'il «était interdit de séjour» Place Beauvau, et
fâché avec son patron. Jusqu'au 1er décembre. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy
décide d'enterrer la hache de guerre et reçoit Genestar au ministère. Pour le
«Canard», tout est là : «autant dire que l'interview de Noah (proposée le 6
décembre) tombe mal». Genestar, enfin de retour dans les petits papiers du
premier fic de France, et rabiboché avec Lagardère, ne veut pas prendre de
risques. Au moment du bouclage de l'édition du 15, il «caviarde» le paragraphe
sensible.

Interrogé, Genestar se défend : «Je réceptionne une interview très longue ;
après, je décide avec l'interviewé de ce qui paraît ou pas. Moi, je n'ai
jamais censuré personne de ma vie de journaliste». Il laisse entendre que Noah
était d'accord. Celui-ci, en vacances, n'a pas répondu aux sollicitations de
l'hebdo.

Quant à Arnaud Lagardère, le journal humoristique rappelle qu'il a déclaré au
«Point», fin novembre, que «Genestar est libre d'écrire ce qu'il veut sur
Sarkozy, c'est son affaire, je ne m'en occupe pas» avant d'ajouter qu'il lui a
néanmoins demandé de le prévenir le cas échéant, afin qu'il puisse, «par
courtoisie», en informer son ami ministre. Pour le «Canard», Genestar, «un
élève qui apprend vite», n'aura même pas pris cette peine. Et tranché de
lui-même.

Dernier fait troublant relevé par le «Canard Enchaîné» : Lagardère, peu après
cet épisode, aurait opportunément promis de verser environ 150 000 euros à la
fondation de Noah, les Enfants de la terre.


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