http://www.liberte-dinformer.info/60828.html

Message de Denis Robert, le 11 février 2006

" Je suis convoqué prochainement devant mes amis luxembourgeois. Je vous  
tiendrai au courant via ce site. Vous dire aussi que nous avons des  
difficultés à faire publier ce texte et vos signatures dans un journal  
quotidien ou un hebdo.

Si à Libération, au Monde, au Nouvel Observateur, au Point, à L’Express, à  
Marianne, au Figaro, au Parisien, aux Inrocks ou ailleurs quelqu’un lit ce  
message qu’il sache qu’on est preneur d’une double page. Voire plus...

De la même manière, on réfléchit beaucoup avant de m’inviter sur un  
plateau télé ou de radio pour parler de cette affaire, de mes livres et de  
nos révélations. La mécanique des procès à répétition atteint pleinement  
son but. Les services juridiques hésitent et généralement renoncent dès  
qu’il s’agit de Clearstream et des banques. Ce que je peux dire à propos  
des comptes non publiés ou des dissimulations orchestrées, n’est pas  
diffamatoire (jetez un oeil au jugement sur le site de l’éditeur: cliquez  
ici Les Arènes), mais les frais de procédure, compte tenu des attaques  
systématiques de la multinationale et des banques complices, coûtent. Et  
même en cas de victoire (de qui m’arrive presque toujours), les honoraires  
d’avocats, d’huissiers ou d’avoués ne sont jamais remboursés. La loi est  
ainsi (mal) faite.

Les affaires peuvent ainsi continuer à plein régime du côté de Luxembourg  
City. La censure économique joue à fond...
Unique solution: résistez et contre-attaquez...
Grâce à vous, on se sent moins seul. Je me sens moins seul.
Merci à tous de ces soutiens, de ces messages, de ces signatures qui nous  
encouragent à continuer.
Amicalement et à bientôt ".

Denis Robert, le 11 février 2006


______________________________________________________________


Paris, le 3 février 2006

Denis Robert : l’inculpation de trop.

Il s’est passé le 27 janvier 2006 un événement important rapporté ici ou  
là par une brève d’agence : l’inculpation de Denis Robert par la justice  
luxembourgeoise pour injure, calomnie et diffamation.

Pour comprendre l’enjeu de cet acte, il faut faire un peu d’histoire.

En 1996, Denis Robert, ancien journaliste à Libération, réunit sept grands  
magistrats anti-corruption pour lancer l’Appel de Genève en faveur d’un  
espace judicaire européen. Dans la foulée, de nombreux témoins de la  
criminalité en col blanc entrent en contact avec le journaliste. L’un  
d’eux, Ernest Backes, est un ancien dirigeant de la chambre de  
compensation Clearstream, un des points névralgiques des échanges  
financiers mondiaux. Ernest Backes a été l’un des architectes de ce  
système informatique tentaculaire. Viré, humilié, il a décidé de livrer  
ses secrets.

Pendant deux ans, au prix d’incessants allers et retours au Luxembourg,  
Denis Robert mène l’enquête. On lui donne des rendez-vous secrets ; les  
bouches s’ouvrent. Un ancien responsable informatique de la firme, Régis  
Hempel, explique qu’une partie de ses activités auraient consisté à  
effacer les traces de transactions sensibles. Denis Robert frappe à la  
porte des banquiers, posant des questions naïves et d’autres un peu moins.  
Trois mois avant la publication de son livre, il envoie une série de  
lettres recommandées de plusieurs pages, demandant des explications à la  
direction de Clearstream et aux banques mises en cause. Très peu lui  
répondent.





En février 2001, Denis Robert sort son livre, Révélation$ (Les Arènes) et  
diffuse son film
Les dissimulateurs dans le cadre de 90 MINUTES, l’émission d’enquête de  
CANAL+.

C’est la tempête.
Les journalistes financiers sont incrédules ou hostiles, les autres  
hésitent car Clearstream menace de procès en cascade. A contre-courant, la  
mission parlementaire Peillon/Montebourg se saisit de l’affaire et  
convoque les témoins.

De peur que l’affaire se propage à l’étranger, une information judicaire  
est ouverte en catastrophe au Luxembourg. Toute la direction de la firme  
est mise à pied et Clearstream est racheté par un groupe allemand. Un mois  
plus tard, le procureur du Luxembourg claironne que tout est réglé et  
qu’il n’y a rien à chercher. De cette tragi-comédie, Denis Robert tire un  
second récit, plus personnel, La boîte noire (Les Arènes). Et un second  
film, toujours diffusé par CANAL+, L’affaire Clearstream.

Fin du premier acte et début du marathon judiciaire. Les plaintes pleuvent  
en France, en Belgique, en Suisse, et même au Canada. Déposées par  
Clearstream mais aussi par la banque russe Menatep et la Banque Générale  
du Luxembourg. L’auteur reçoit les huissiers à la file. L’éditeur fait ses  
comptes : les demandes de dommages et intérêts dépassent son chiffre  
d’affaires annuel. Le service juridique de CANAL+ se lance dans de coûteux  
procès. Parfois David gagne contre Goliath.

Au fil des mois, les relaxes se succèdent en première instance et en  
appel. Cinq ans plus tard, il ne reste plus deux procédures pendantes,  
toutes les deux en appel : l’une après un jugement favorable à Clearstream  
(un euro symbolique), l’autre défavorable à la firme (relaxe de Denis  
Robert). L’affaire semble close, malgré une troublante excroissance,  
durant l’été 2004, lorsqu’un corbeau affole les milieux de la défense et  
de la politique avec des listings truqués de Clearstream où apparaissent  
des élus et des responsables industriels et médiatique.

L’histoire de Denis Robert devient effrayante lorsque, cinq ans après la  
parution de Révélation$, le journaliste est subitement convoqué par la  
Justice luxembourgeoise pour être inculpé pour des faits (en l’occurrence  
des accusations contre la Banque Générale du Luxembourg) pour lesquels il  
a déjà été poursuivi en France et pour lesquels il a gagné ses procès en  
première instance et en appel. Ces procédures n’ayant pas eu l’effet  
escompté, les juges du Grand-Duché ont accepté de se prêter à une manœuvre  
peu honorable.

Denis Robert risque une peine de prison, agrémentée de frais d’avocat et  
une amende aux proportions luxembourgeoises. Par une ironie du destin  
c’est justement l’espace judicaire européen qu’il a contribué à établir  
avec l’Appel de Genève qui permet aujourd’hui à la justice luxembourgeoise  
d’essayer d’écraser un auteur ayant publié un livre en France.

Dans cette affaire, le Luxembourg - dont le ministre de la Justice est  
aussi… ministre du Trésor et du Budget -  vient de commettre le pas de  
trop, en affichant sa partialité. Les citoyens européens peuvent soutenir  
Denis Robert en signant une pétition sur le site Liberté d’Informer.

Pétition qui sera adressée à la Justice de ce pays qui fait tant pour  
dégoûter les démocrates de croire en l’Europe. En transformant l’affaire  
Robert en affaire Frieden (le fameux ministre luxembourgeois de la  
Justice, du Trésor et du Budget), chaque signature sera un acte civique  
qui protège la liberté de la presse en Europe.

En poursuivant Denis Robert les autorités luxembourgeoises ne veulent pas  
seulement protéger Clearstream qui affiche une santé insolente. Ils  
cherchent à intimider tous ceux qui, à l’avenir, voudront savoir comment  
fonctionne le système financier et la toile d’araignée des paradis  
fiscaux. En cela, le Luxembourg a vraiment prononcé l’inculpation de trop.

Laurent Beccaria, directeur des Arènes
Franck Eskenazi, directeur de The Factory
Paul Moreira, directeur du magazine 90 MINUTES sur CANAL+

______________________________________________________________


PETITION

Nous citoyens européens soutenons Denis Robert et condamnons l’acharnement  
des autorités judicaires luxembourgeoises à son encontre. La liberté de  
penser et d’écrire est une valeur européenne fondamentale qui prime sur  
les intérêts bancaires du Grand-Duché.

_______________________________________________________

Pour signer la pétition pour soutenir Denis Robert,  cliquez ici

Merci de bien préciser dans l'objet : Soutien à Denis Robert
Pour faciliter la mise en ligne merci de nous indiquer votre nom dans cet  
ordre :Prénom Nom (qualité nationalité)
Merci de respecter les majuscules/minuscules.

Attention : si vous souhaitez signer les deux pétitions (soutien à Denis  
Robert et soutien à la campagne Liberté d'Informer), pour des raisons  
techniques merci d'envoyer deux emails séparés.
Pour imprimer cette page choisir "format paysage".

--~--~---------~--~----~------------~-------~--~----~
You received this message because you are subscribed to the Google Groups 
"guerrelec" group.
To post to this group, send email to [email protected]
To unsubscribe from this group, send email to [EMAIL PROTECTED]
For more options, visit this group at http://groups.google.com/group/guerrelec
-~----------~----~----~----~------~----~------~--~---

Répondre à