[Pour faire suite à l'article retransmis par nans desmichels, "Qui est  
vraiment Claude Moniquet ?",
http://groups.google.com/group/guerrelec/browse_thread/thread/261c2fa84fadf5d1/9c1e36bed7afdd24,
ce droit de réponse publié par l'intéressé sur newropeans-magazine.org]

http://www.newropeans-magazine.org/index.php?option=com_content&task=view&id=3779&Itemid=84

"Les étranges raisonnements de M Frédéric Bourdel"                              
Written by Claude MONIQUET      
Tuesday, 11 April 2006  
Droit de réponse de Claude MONIQUET, président de l’ESISC:

Dans son édition du 22 février, Newropeans Magazine publiait un éditorial  
de M. Frédéric Bourdel intitulé : "Journal Hebdomadaire" - Esisc : les  
étranges affinités washingtoniennes d’un think-tank bruxellois. Ce texte  
nous met en cause et appelle quelques commentaires.

Pour éclairer le lecteur tout en faisant court, rappelons que le centre de  
recherche que je dirige (European Strategic Intelligence and Security  
Center, ESISC) a été amené, à son corps défendant, à déposer plainte en  
diffamation contre un périodique de Casablanca, « Le Journal Hebdomadaire  
»(JH).  En première instance, le tribunal nous a attribué environ 300 000  
Euros de dommages et intérêts. Le procès en appel vient d’avoir lieu et le  
jugement définitif sera rendu le 18 avril.

Voici pour les faits. Venons-en maintenant à l’éditorial de M. Bourdel.  
Contrairement à ce qui est écrit, Nous ne sommes pas « sentis diffamés »  
parce que le Journal Hebdomadaire avait critiqué notre rapport (cela fait  
partie du jeu ; la critique peut être intéressante et nous sommes  
habitués, dans les matières que nous traitions, à un certain degré de  
polémique). Non, notre problème était que cette publication affirmait  
et/ou sous-entendait sans preuve à quatre reprises (dont sur sa « une »)  
que nous avions agi sur commande de Rabat et avions été payé pour ce  
faire. Deux allégations fausses et donc…diffamatoires.

J’ajoute que, alors qu’il s’apprêtait à nous mettre gravement en cause, Le  
Journal Hebdomadaire avait omis de prendre contact avec nous pour  
connaître notre version des faits, une pratique qui relève de la  
déontologie, que l’on apprend dans les écoles de journalisme ce qui eut  
peut-être évité bien des problèmes. De plus, par la suite, plusieurs  
tentatives de conciliation échouèrent.


M. Bourdel nous accusait également de nous « faire l’instrument d’attaques  
contre la liberté de la presse » (entre autres en ayant obtenu des  
indemnités très importantes). Or, dès le soir de la condamnation du  
Journal, nous avions fait savoir par voie de presse (entre autre sur  
Aldjazera), que nous étions prêts à renoncer à faire exécuter la sentence  
pour peu que la partie adverse publie un éditorial d’excuses. Par la  
suite, à deux reprises, nous avions confirmé cette position conciliante  
(et généreuse) à nos adversaires par le biais d’intermédiaires jouissant  
de leur confiance et de la nôtre. Quel fut le résultat de cette tentative  
d’arrangement ? Début mars, le Journal Hebdomadaire publiait, en  
l’aggravant, un article paru dans Le Soir (Bruxelles) et m’accusant d’être  
un agent du Mossad, ou peut –être de la DST ou de la DGSE, les  
journalistes ne savaient pas très bien. Du reste, leurs « sources »  
étaient toutes anonymes. Pour ne pas dire inexistantes… Par les temps qui  
courent, accuser un expert en contre terrorisme qui se rend fréquemment  
dans le monde arabe d’être un « agent du Mossad », moi, j’appelle cela un  
appel au meurtre. Qu’on ne s’étonne pas dés lors si nous avons renoncé à  
tout accord à l’amiable.


  Dans un autre paragraphe, M. Bourdel qualifiait notre argumentation de «  
limpide comme un argumentaire de la CIA » (ce qui prouve au moins qu’il  
n’a pas du en voir beaucoup…) et, après une allusion à Guantanamo et Abu  
Ghraib,  sous-entendait que nous accusions le Polisario de « pratiques »  
(la torture) « que l’on a l’intention de faire subir à ces responsables  
puisqu’ils sont de la graine de terroriste ». Il va de soi que nous  
n’avons jamais préconisé l’enfermement et/ou la torture des cadres du  
Polisario. Faire croire le contraire est gravement diffamatoire et  
pourrait relever des tribunaux.


Enfin, Monsieur Bourdel s’interrogeait gravement : qu’est ce qu’un «  
think-tank » européen, bruxellois qui plus est, qui reprend les analyses  
de Washington et plaide pour les Etats-Unis au détriment de l’UE ? ». Il  
suffit à quiconque de passer une heure sur notre site pour se rendre  
compte que nous sommes atlantistes (ce que M. Bourdel traduit sans doute  
par « pro américain »), très concernés par la sécurité d’Israël (mais  
favorables à un Etat palestinien), résolument opposés à l’islamisme mais  
défendant un islam tolérant, farouchement « intégrationnistes » en ce qui  
concerne l’immigration, anti-racistes et anti-fascistes, bref, en un mot «  
démocrates ». Mais peut être dans le monde de M. Bourdel ne peut-on « être  
européen » et « plaider pour les Etats-Unis au détriment de l’UE ».


Il faudrait, dans ce cas, établir une police de la pensée. A ma  
connaissance, elle n’existe pas à ce jour.


Nous respectons les idées de chacun et reconnaissons à tous le droit de  
nous critiquer sur le fond et d’être en désaccord avec nos prises de  
positions. Mais manier l’amalgame et abuser de raccourcis séduisants mais  
souvent trompeurs n’a jamais fait avancer le débat des idées. Cela  
l’empêche, au contraire.


Claude MONIQUET
Président de l’ESISC - Bruxelles

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