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La rédaction web des Echos - 24 avril 2006
Métiers > Sciences

SCIENCES ET TECHNOLOGIES -

 La géo-localisation ou l'espionnage autorisé [ 24/04/06 ]

De nouvelles technologies permettent de localiser avec une précision
de quelques mètres les propriétaires de téléphone ou d'ordinateur.

DE NOTRE CORRESPONDANT À PALO ALTO.


En décembre 2004, dans la foulée des nouvelles lois Patriot Act
renforçant les capacités du gouvernement à surveiller le pays, le
président Bush signait une directive visant à renforcer les
capacités du système GPS de localisation par satellite. Pas assez
précis ou fiable à son goût, pour assurer les nombreuses
applications sécuritaires imaginées par les responsables du
ministère de la Sécurité intérieure (Homeland Security).
Coïncidence ou non, plusieurs technologies sont apparues depuis cette
directive présidentielle, qui permettent de localiser de façon
alternative - et avec une précision bien plus élevée - n'importe
quel objet, ou personne, équipés d'une simple puce réceptrice.

Pas forcément conçues avec des arrière-pensées de type Big Brother,
ces technologies ouvrent toutefois la voie à des applications
nouvelles. Retrouver son enfant perdu dans une foule, permettre à un
cyber-marchand d'envoyer une offre promotionnelle à un client qui
passe à proximité de son magasin ou être localisé au mètre près
en cas d'appel au secours, ne sont que quelques-unes des possibilités
inhérentes à cette géo-localisation. La technologie RFID constitue,
en quelque sorte, le premier degré de cet engouement pour la
localisation. Placées sur des containers de bateaux ou au cou d'un
enfant, les puces ne réagissent que lorsqu'un lecteur les active pour
récupérer leurs informations et en particulier leur emplacement. Il
en va tout autrement des technologies de localisation qui utilisent les
réseaux de communications, en particulier ceux du Wi-Fi.

Dans ce domaine, une start-up de Boston, Skyhook Wireless, s'est fait
remarquer récemment. Elle a présenté sa technologie à Washington,
à des parlementaires soucieux de vérifier qu'un service de
localisation d'urgence fonctionnera de façon efficace lorsque les
téléphones mobiles Wi-Fi seront devenus une réalité sur le marché
américain. La loi prévoit que chaque utilisateur d'un téléphone
mobile puisse être localisé par le service de police qu'il appelle
même s'il n'est pas en état de dire lui-même où il se trouve. Ce
service, baptisé E911, devra impérativement être proposé par les
opérateurs de téléphonie mobile, y compris ceux utilisant la voix
sur Internet (VoIP) via les réseaux Wi-Fi.

Skyhook vient tout juste de commencer à diffuser la première version
de son service, Loki, disponible gratuitement auprès de tous les
utilisateurs de PC, portables ou non, connectés à une borne Wi-Fi.
Grâce au logiciel qui permet de savoir avec précision où chaque
internaute se trouve, le service peut indiquer où se situe un
restaurant correspondant à ses goûts, ou l'itinéraire pour se rendre
vers un cinéma ou un supermarché de proximité. Comme avec le
système GPS, le principe consiste à localiser l'utilisateur par «
triangulation » avec plusieurs bornes Wi-Fi. La précision ainsi
obtenue ne serait que de quelques dizaines de mètres. Naturellement,
il faut qu'il existe suffisamment de bornes dans une zone donnée pour
prétendre à la fiabilité. Mais c'est déjà le cas dans la plupart
des grandes villes américaines : Skyhook prévoit de déployer son
service dans une centaine de centres urbains, la plupart ayant des
projets concrets pour se couvrir totalement en Wi-Fi d'ici peu.


La CIA investit
Seul problème : pour ce service de localisation automatique, le
système passe par les réseaux Wi-Fi privés ou publics de leurs
propriétaires sans leur autorisation. Une objection balayée par les
promoteurs de Loki qui soulignent qu'ils ne cherchent pas à accéder
aux contenus échangés par les internautes sur Internet. « De toute
façon, lorsque l'on utilise les fréquences publiques, on n'a aucun
droit sur elles », insiste Ted Morgan, le président de la start-up.
Qui déjà voit plus loin et se prépare à étendre son service aux
futurs téléphones portables Wi-Fi, ainsi qu'aux terminaux
ultra-légers dotés des mêmes capacités de communications.

Une autre start-up, dans la Silicon Valley cette fois, a, elle,
imaginé de s'appuyer sur d'autres réseaux pour parvenir à une
localisation encore plus fine. Les scientifiques de Rosum, à Mountain
View, ont ainsi trouvé le moyen d'utiliser les signaux de télévision
diffusés par ondes hertziennes pour localiser, avec une précision de
quelques mètres, n'importe quelle personne ou objet équipés d'une de
leurs puces spécialement conçues pour cet usage. Ces ondes sont
naturellement très abondantes dans toutes les zones urbaines et
offrent un avantage : du fait de la puissance du signal et de la
proximité des antennes, la localisation est fiable. De ce fait, les
responsables de Rosum estiment que leur technologie est très
complémentaire du GPS, considéré comme moins fiable dans les zones
très urbanisées mais par contre efficace là où la densité de
population, et surtout de bâtiments, est faible. Là où,
précisément, la diffusion hertzienne peut présenter des « trous ».
« En plus, ces signaux sont plus résistants à n'importe quel
désastre naturel que les réseaux de téléphonie cellulaire », fait
remarquer Jon Metzler, directeur du Business Development. Rosum a
également présenté sa technologie aux parlementaires de Washington
et compte parmi ses investisseurs la firme IN-Q-Tel, la structure de
capital-risque de la CIA dans la Silicon Valley. De fait, les premiers
clients de la start-up devraient appartenir au monde du gouvernement,
même si celle-ci se montre discrète à cet égard. Et préfère
mettre en exergue les avantages qu'il pourra y avoir à localiser des
sauveteurs coincés lors d'une opération de secours, par exemple.

MICHEL KTITAREFF


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