http://www.lefigaro.fr/france/20060519.FIG000000108_les_fichiers_suspects_ont_ils_ete_ecrases_.html

Les fichiers suspects ont-ils été «écrasés» ?
19 mai 2006, (Rubrique France)

Imad Lahoud, parmi ses fonctions au sein d'EADS, travaillait sur la
sécurité des systèmes informatiques. Dans ce cadre, il a mis au
point et installé sur les ordinateurs un logiciel nommé en interne
«Eraser». Ce programme informatique permet de nettoyer
automatiquement tous les jours à zéro heure les fichiers classés
dans les corbeilles. Ceux-ci disparaissent alors complètement du
disque dur. C'est pourquoi les enquêteurs ont pu avoir le sentiment
que des informations cruciales ont été «écrasées» dans l'urgence,
quelques heures avant une perquisition.

http://www.lefigaro.fr/france/20060509.FIG000000025_l_enquete_judiciaire_a_la_veille_de_nouveaux_developpements.html

(...)

Le retour des expertises judiciaires. En dehors des interrogatoires,
les juges d'instruction mènent également une enquête technique. Ils
ont ainsi saisi le 28 avril 2005 au siège d'EADS les ordinateurs de
Jean-Louis Gergorin et de l'informaticien Imad Lahoud, les deux
principaux suspects. Ces machines ont fait l'objet d'une expertise
judiciaire, dont une première partie a été remise aux magistrats le
12 décembre 2005. Elle concluait que «de nombreux fichiers ont été
écrasés, notamment dans la nuit du 24 au 25 avril 2005». Soit quatre
jours avant la perquisition.

La suite de cette même expertise devrait être communiquée aux juges
dans les prochains jours et pourrait se révéler décisive, l'expert
écrivant en décembre que les fichiers effacés pouvaient être
«partiellement reconstituables». Si tel était le cas, la justice
serait alors en mesure d'établir si oui ou non les ordinateurs de
Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud ont abrité les documents
incriminés.

(...)

http://www.lemonde.fr/web/article/0,[EMAIL PROTECTED],[EMAIL PROTECTED],0.html

Jean-Louis Gergorin aurait disposé d'informations sur l'évolution de
l'enquête des juges d'Huy et Pons
LE MONDE | 10.05.06 | 14h43  ·  Mis à jour le 10.05.06 | 14h43

Soupçonné par les juges d'être le délateur anonyme de l'affaire
Clearstream, présenté par Le Canard enchaîné - dans son édition du
10 mai - comme le mystérieux "corbeau", Jean-Louis Gergorin semble
avoir disposé, depuis 2004, d'informations confidentielles sur le
déroulement des enquêtes qui le visent. En témoignent, dans le
dossier des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, certaines notes
internes du groupe EADS (dont M. Gergorin est l'un des plus hauts
dirigeants) ainsi que des comptes rendus d'écoutes téléphoniques.

Saisi lors d'une perquisition au siège du groupe aéronautique et
expertisé à la demande des magistrats, le disque dur de l'ordinateur
personnel de M. Gergorin a ainsi conservé la trace de nombreuses
destructions de fichiers effectuées dans la nuit du 24 au 25 avril
2005, quelques jours avant les premières perquisitions conduites dans
l'enquête, le 28 avril. L'expert n'a pas été en mesure de préciser
si certains de ces fichiers étaient relatifs au dossier Clearstream,
mais il a certifié que leur "compression" était "volontaire". Elle
coïncide, en outre, avec de semblables effacements constatés dans les
mémoires de l'ordinateur d'Imad Lahoud, directeur du centre de
recherches d'EADS, lui aussi suspecté d'avoir pris part à la
manipulation des fichiers Clearstream. Mais l'examen du registre des
entrées et sorties du bâtiment a été infructueux : la page
correspondant à cette date serait manquante...

Cette découverte corrobore, en tout cas, la teneur des conversations
de M. Gergorin, interceptées par les policiers à la même époque. Il
en ressort notamment que celui-ci fut informé des perquisitions qui
s'annonçaient, de sorte qu'il partit subitement à l'étranger pour
une réunion à laquelle il ne devait initialement pas participer.

Assurant lui-même se savoir "sur écoutes", le vice-président d'EADS
s'exprimait par allusion, désignant les personnages qu'il mentionnait
par des surnoms - "Célestin", "Caligula" ou encore "Père Noël". Dans
son édition du mercredi 10 mai, Le Parisien relate par ailleurs que
l'épouse de M. Lahoud - lui aussi sous surveillance - recevait, ce
même 28 avril 2004, l'appel d'un correspondant qui lui assurait :
"L'Elysée est prévenu", et encore : "Il ne faut pas surréagir. La
protection est totale."

Autre document édifiant : chez l'un des responsables de la sécurité
d'Airbus - filiale d'EADS -, les enquêteurs ont retrouvé une fiche
relative à des "missions de surveillance" et de "contre-filatures" sur
M. Gergorin, rédigées durant l'été 2004. Le dirigeant d'EADS se
disait alors menacé, en raisons d'informations sensibles qu'il
prétendait détenir. Le document précise que M. Gergorin se rendait
à l'époque "trois fois par semaine place Beauvau".

Ce détail confirme la proximité qu'il entretenait avec Dominique de
Villepin - alors ministre de l'intérieur -, au moment où l'enquête
du général Philippe Rondot s'achevait et où débutait celle du juge
Renaud Van Ruymbeke, sous l'impulsion du fameux "corbeau". Or M.
Gergorin, que l'on savait déjà à l'origine des listings remis au
général Rondot, en novembre 2003, puis des investigations commandées
à cet officier des services secrets par M. de Villepin, en janvier
2004, apparaît désormais également lié au déclenchement des
vérifications du juge Van Ruymbeke, alimenté par une série de
courriers anonymes à partir du mois de mai 2004. Dans ces plis
figurait les listings falsifiés mentionnant M. Sarkozy et de
nombreuses autres personnalités, politiques et autres.

Dans Le Canard enchaîné, M. Van Ruymbeke admet, en effet, avoir
secrètement rencontré M. Gergorin, quelques jours avant l'arrivée de
la première lettre anonyme, le 3 mai 2004. L'industriel se présentait
alors comme détenteur d'informations capitales sur les commissions
versées en marge de la vente des frégates de Taïwan, mais ne
désirait pas témoigner de façon officielle.

Au vu des dernières découvertes de ses collègues Jean-Marie d'Huy et
Henri Pons, M. Van Ruymbeke estime à présent avoir été "manipulé"
et déplore que personne ne l'ait informé de l'enquête du général
Rondot, alors que ce dernier avait déjà conclu, devant M. de Villepin
et Mme Alliot-Marie, à l'invraisemblance des informations de M.
Gergorin. A l'instar de M. Rondot lui-même, dans sa déposition, et de
M. Sarkozy, entendu mardi par les juges, M. Van Ruymbeke demande à son
tour pourquoi les autorités informées de la manipulation en cours ont
laissé la justice se fourvoyer.

Gérard Davet et Hervé Gattegno
Article paru dans l'édition du 11.05.06


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