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Clearstream
EADS scie la branche de son corbeau

La firme enfonce son ancien vice-président, Jean-Louis Gergorin, qui
doit être entendu mardi par la police.

par Karl LASKE
QUOTIDIEN : vendredi 26 mai 2006

A l'approche de l'audition programmée de Jean-Louis Gergorin, EADS se
barricade. Et flingue son ancien vice-président, licencié la semaine
dernière. Ce dernier doit être entendu mardi par la police et
pourrait être placé en garde à vue.
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«On n'arrive pas à comprendre...» soupire un responsable de Matra.
En reconnaissant la semaine dernière la paternité d'un, puis de
plusieurs envois anonymes de l'affaire Clearstream, Gergorin a plongé
ses pairs, amis ou ex-amis du groupe Matra, filiale d'EADS, dans
l'incrédulité. «Jusqu'à il y a dix jours, devant Jean-Paul Gut
(directeur général d'EADS, ndlr), les yeux dans les yeux, il jurait
qu'il n'avait rien fait.» Après ses aveux, Jean-Paul Gut a engagé
une procédure de licenciement à l'encontre de Gergorin. Et chez EADS,
on s'empresse de préciser qu'il n'était pas «numéro 2», mais
seulement «l'un des 14 vice-présidents» du groupe.

Au total, ils sont sept cadres ou dirigeants du groupe Lagardère à
figurer sur les listings trafiqués de Clearstream. Aucun pour
l'instant n'a jugé bon de se constituer partie civile. Si Gergorin est
soupçonné d'être le corbeau depuis plus d'un an et demi, certains ne
lui attribuaient toutefois que la première lettre anonyme, celle qui
visait l'ancien PDG de Thomson, Alain Gomez, et l'ancien
vice-président d'Airbus, Philippe Delmas. Le second envoi, qui faisait
apparaître les noms de politiques et des cadres du groupe Lagardère,
pouvait constituer une diversion. «Gergorin disait même que la
deuxième liste, c'était Gomez qui l'avait faite», analyse un
dirigeant d'EADS selon lequel, «en mettant ses camarades sur la liste,
il s'est donné un argument. Quand la presse lui a dit : "On sait que
vous êtes le corbeau", il a répondu : "Mais il y a plein de mes amis
dans ces listes".» A moins que le juge Renaud Van Ruymbeke n'ait pas
«mordu» à la première lettre comme l'espérait Gergorin. «Quand on
reprend cette liste, on voit tous les ennemis dont il nous parlait :
Gomez, son obsession, Schmitz que personne ne connaissait mais dont
Gergorin parlait parce qu'il l'accusait d'avoir surveillé Arnaud
Lagardère, etc.»

D'autres réveillent le souvenir de la dépression dont il aurait
souffert avant la mort de Jean-Luc Lagardère. Un lâchage auquel
Gergorin s'était préparé en dénonçant à l'avance, la semaine
dernière, la «psychiatrisation» de l'affaire que certains
concoctaient pour lui nuire. Chez Matra déjà, il «imaginait souvent
des choses», susurre-t-on. Et si «personne ne l'écoutait», on le
laissait comploter voire enquêter à sa guise. Ainsi, lors d'un
précédent conflit avec Gomez, en 1994, Gergorin avait-il financé en
liquide des agents de la DST pour une enquête contre Thomson. S'il
s'avère bavard lors de son audition, comme il l'a promis, d'autres
barbouzeries internes pourraient sortir du déballage général.


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