(voir aussi "Informatique en toc" dans le Canard Enchaîné de ce 31
mai)

http://www.lemonde.fr/web/article/0,[EMAIL PROTECTED],36-777732,0.html

Piètre agent secret, bon chef d'équipe scientifique
LE MONDE | 30.05.06 | 16h17  ·  Mis à jour le 30.05.06 | 16h17

Le CV d'Imad Lahoud ne dit rien de ses compétences réelles. Ses deux
DEA sont là pour justifier sa bosse des maths, ainsi que son
inscription en thèse, l'an passé, sur les "applications des couplages
de Weil et de Tate en cryptographie" à l'Ecole normale supérieure. Le
jeune trader ne dispose pas, sur le papier, de compétences
spécifiques en informatique. Les échecs de l'agent secret Imad
Lahoud, enrôlé par la DGSE en 2003, n'y figurent pas non plus. Pas
davantage ses succès au centre de recherche d'EADS, dont il est le
patron d'un des pôles depuis 2004.

C'est en décembre 2002, trois mois après sa sortie de prison, que
commence la brève carrière d'agent secret d'Imad Lahoud. Jean-Louis
Gergorin, le vice-président d'EADS, a parlé de lui au général
Rondot. Un dîner confidentiel est organisé dans le petit salon d'un
restaurant parisien, Chez Tante Marguerite - pratique pour Philippe
Rondot qui travaille tout près, au ministère de la défense, rue
Saint-Dominique. Le général a convié deux pontes de la DGSE de
l'époque, Alain Juillet, chargé du renseignement, et le général
Dominique Champtiaux, directeur de cabinet du "patron" des services,
Pierre Brochand.

"Le général Rondot est un grand monsieur du système. S'il fait venir
Lahoud, c'est que c'est sérieux", se souvient Alain Juillet. Imad
Lahoud fait bonne impression. Il raconte que Merrill Lynch, son ancien
employeur, comptait parmi ses clients le fonds de pension de la
fortunée famille Ben Laden, géré par un Tanzanien, et qu'il avait
approché un des nombreux demi-frères du "cheikh", Yeslam Ben Laden.
Imad Lahoud explique que les financements sont un bon moyen de remonter
les filières terroristes. Impressionné, le jury d'espions finit par
se disperser - l'un après l'autre, à vingt minutes d'intervalle. Dès
le lendemain, Imad Lahoud est pris en main. Il devient "clandé" de la
DGSE, qui lui donne un téléphone spécial, un surnom, "Typhose" - du
nom d'une maladie contagieuse des oiseaux de basse-cour -, et des
coupures de 100 euros.

Imad Lahoud s'envole une demi-douzaine de fois au Moyen-Orient pour
tenter de retrouver les traces financières de Ben Laden. Sans succès.
Un jour, il déjeune au restaurant des Galeries Lafayette avec
"Antoine", son agent traitant, qui l'envoie à Metz chercher les
listings de Clearstream chez le journaliste Denis Robert - c'est
"l'opération Stan". Mais M. Lahoud n'est pas un clandestin de tout
repos. Le 28 mars 2004, rattrapé par la faillite de ses affaires de
golf, il est placé en garde à vue. L'affaire arrive aux oreilles de
Dominique de Villepin, qui, d'après les notes saisies chez M. Rondot,
s'inquiète. Le lendemain, à 8 heures, Imad reçoit un "savon" du
général. "Chez les flics, on y va à poil !", râle le maître
espion.

Les activités de l'apprenti espion cessent définitivement lorsque, en
juillet 2004, il est embauché au centre de recherche d'EADS. A
Suresnes, Imad Lahoud est chargé de monter une équipe de recherche
dans le domaine de la sécurité informatique. De trois personnes au
départ, l'équipe d'Imad Lahoud passe à plus d'une centaine, dont
quinze en informatique fondamentale. "Sans être un spécialiste dans
tous les domaines, il en sait assez dans chacun. Je l'ai vu avec des
professeurs, il tient sa place dans les discussions scientifiques",
explique le directeur du centre de recherche, Yann Barbaux.

"Son équipe fait référence au niveau européen, assure aussi
Jean-Yves Mathonnet, directeur des ressources humaines du centre. C'est
elle qui forme les ingénieurs d'Airbus aux problématiques de
sécurité, qu'ils soient ceux de l'entreprise - Intranet - ou ceux
"embarqués" sur les avions." L'équipe met au jour quelques jolies
trouvailles. Le 7 février 2005, Lahoud présente les résultats d'une
étude qui dévoile la vulnérabilité du BlackBerry, ce petit terminal
portable déjà utilisé par trois millions de businessmen dans le
monde. "Un travail remarquable, confie Alain Juillet, nommé le 1er
janvier 2004 au SGDN pour s'occuper d'intelligence économique. Quand
je l'ai lu, je l'ai classé secret-défense sur-le-champ."

Imad Lahoud et lui se retrouvent à cette occasion et se fréquentent
régulièrement. D'autant qu'Anne-Gabrielle Heilbronner, chargée
notamment d'intelligence économique au ministère des affaires
étrangères, est devenue à ce titre l'interlocutrice régulière de
M. Juillet. Quant à "Jean-Louis" Gergorin, il continuait, jusqu'à il
y a quelques semaines, à débarquer chez le couple à l'improviste
avant de s'enfermer avec Imad. Et puis, le 30 avril, quand Imad lit que
son "ami" a fait de lui "sa source", il pique une grosse colère. Ils
ne se sont plus parlé depuis.

Article paru dans l'édition du 31.05.06

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,[EMAIL PROTECTED],50-777731,0.html

Portrait
Les coups de bluff d'Imad Lahoud
LE MONDE | 30.05.06 | 16h17  ·  Mis à jour le 30.05.06 | 16h17

l est insaisissable. Brillant et attachant, incontestablement ; éperdu
de reconnaissance, sans doute ; fiable, peut-être pas. Mille petites
approximations plus vraies que nature ont toujours émaillé la vie
d'Imad Lahoud. Mais lorsqu'il s'est retrouvé seul au milieu du gué,
assailli de toutes parts en pleine tempête Clearstream, il a compris
avec une sorte de vertige que plus personne ne le croyait. "C'est le
Leonardo DiCaprio d'Attrape-moi si tu peux, sourit un cadre d'EADS.
Informaticien avec les banquiers, banquier avec les hommes d'armement,
armurier avec les informaticiens..."



Même son patronyme brouille les pistes. A ses amis, et même à sa
femme, il glisse qu'il est lié au président libanais, Emile Lahoud.
Il serait son "neveu", ou plus discrètement "un petit cousin". Faux :
la famille d'Imad est originaire "du bord de mer" et n'a rien à voir
avec celle du président, un Lahoud "de la montagne", à Baabdate, sur
le mont Liban. Il a été présenté au général Rondot comme "le fils
d'un officier des renseignements". Le père d'Imad, en fait, a passé
quinze petits mois au 2e bureau libanais en 1971-1972, lors d'une
étape normale de carrière. Il n'a évidemment pas créé les services
secrets de son pays : leur fondateur est un certain colonel Saad, dont
l'adjoint, qui a fini par lui succéder, s'appelait Gaby Lahoud - un
autre Lahoud de la montagne.

Imad est né le 7 octobre 1967 dans une famille chrétienne maronite
dominée par la haute figure du père, Victor, officier de cavalerie,
ancien de Saumur, francophile et cultivé. Les deux aînés de ses cinq
enfants, Marwan et Imad, de 18 mois le cadet, se disputent la
reconnaissance paternelle. Cette sourde rivalité continue de peser
plus de quinze ans après la mort du père, en 1990.

Les deux hommes sont restés ce qu'ils étaient petits garçons dans le
modeste appartement parisien où la famille s'est installée après le
départ de Beyrouth en 1982. Marwan, sérieux et bûcheur, toujours
deux ans d'avance, toujours premier de sa classe. Interne à Ginette,
une bonne "prépa" de Versailles, l'aîné intègre Polytechnique,
choisi "Sup-Aéro" et fait son service militaire à Saumur, comme papa.
Après un détour au cabinet du ministre de la défense, Charles
Millon, il est tenté en 1997 par la politique, mais la dissolution et
la victoire de la gauche balaient son ambition. A l'Aerospatiale,
Marwan Lahoud négocie en 1998 la fusion du groupe avec Matra -
première étape de la création d'EADS. Et le voilà, depuis 2003,
patron du gros fabricant de missiles européens MBDA. Parfaite
trajectoire.

Marwan regarde son dilettante de frère avec un rien de commisération
et un peu d'envie. Imad est beau parleur, flambeur, rate ses examens,
danse comme un prince, tombe la veste et les filles. Il est déjà loin
du petit Libanais mal à l'aise, débarqué à 15 ans à Franklin -
Saint-Louis de Gonzague -, la très chic institution parisienne du 16e
arrondissement tenue par les jésuites. Il décroche son bac d'un
cheveu - grâce à trois points en sport - et entre en prépa au lycée
Janson-de-Sailly, où il fait la rencontre de sa vie.

La piquante Anne-Gabrielle Heilbronner, bachelière de 16 ans, petite
brune énergique aussi bien élevée que son prénom, n'a jamais
oublié ce soir de décembre 1985. "J'étais avec une copine très
coincée, raconte-t-elle, vingt ans et quatre enfants plus tard,
toujours aussi amoureuse. Elle m'a dit : "Mais c'est affreux, tous les
garçons sont en jeans !" Je lui ai dit : "Regarde, il y en a un, là,
qui a une cravate." C'était Imad."

La voilà fiancée, comme dans les meilleures familles. Le père
d'Anne-Gabrielle, le très réservé François Heilbronner, est
d'ailleurs patron du GAN depuis 1986, nommé par Jacques Chirac en
récompense de ses bons et loyaux services au poste de chef de cabinet
du jeune ministre de l'agriculture, en 1972. Heilbronner le fidèle
paye la rupture avec Valéry Giscard d'Estaing, en 1976, de quelques
années de purgatoire et d'une superbe défaite aux législatives de
1978 ; Anne-Gabrielle a pieusement gardé l'affiche de campagne de son
père dans sa chambre de jeune fille. Lors de la période si tendue de
la première cohabitation, en 1986, Jacques Chirac l'appelle cette fois
à Matignon pour codiriger son cabinet. Il en gardera quelques solides
amitiés, comme avec Robert Pandraud, toujours prêt à aider
Anne-Gabrielle.

Mais Victor Lahoud se meurt d'un cancer et rend son dernier soupir en
1990, dans les bras d'un Imad bouleversé. La jeune fille annonce alors
à son papa estomaqué que, désormais, le fiancé "dormira à la
maison", un bel appartement bourgeois du 16e arrondissement. "Vous
êtes désormais mon père", sanglote Imad en tombant dans les bras de
"beau-papa". Les jeunes gens se marient civilement le 9 juillet 1991.
Dans les salons cossus de l'Hôtel Thiers, place Saint-Georges, on
s'interroge à mi-voix sur le mariage de ce petit Libanais fauché à
cette riche héritière de la bourgeoisie juive cultivée, laïque et
ultra-intégrée. Mais les chuchotements s'étouffent dans les replis
des velours.

La jeune mariée suit les traces de son père. Après l'ENA, elle
choisit l'inspection des finances. Imad, lui, traîne en maîtrise de
maths. "C'est un garçon qui n'aime pas les sentiers battus, explique
un proche. Tout ce qui est bachotage ou conventionnel l'ennuie." Il
rate avec constance toutes les grandes écoles - détail qu'il
"oubliera" de signaler des années plus tard, notamment à son ami
Jean-Pierre Philippe, du cabinet du directeur général d'EADS, qui le
croit toujours normalien. Il entreprend de se convertir au judaïsme
par curiosité intellectuelle et apprend assez d'hébreu pour
impressionner Anne-Gabrielle. Il obtient néanmoins deux DEA en 1990 et
1991, l'un de "physique des solides", l'autre de "probabilités et
processus aléatoires", qui lui vaudront une embauche chez Merrill
Lynch à Londres.

La banque d'affaires cherche des matheux pour spéculer sur les
produits financiers dérivés. Dans ce travail, le nez est aussi
précieux que les maths, et Imad se flatte de "sentir le marché". Son
culot, son bagout, son goût du jeu font effectivement merveille. Le
cinéaste Eric Rochant en fera l'un des héros de Traders, son
documentaire pour Arte. "Un trader, c'est un joueur, y explique
complaisamment Lahoud, c'est un parieur. (...) Je corrigeais des copies
à 7 francs l'unité. Aujourd'hui, j'ai 32 ans, je gagne plus qu'un
joueur de foot." Après quatre années à la City, dont un bref passage
chez Salomon Brothers, autre banque d'affaires, Imad rentre à Paris :
Anne-Gabrielle est enceinte. Il a de l'argent, roule en Ferrari rouge,
mais le commerce des produits dérivés ne l'intéresse plus : c'est
devenu banal.

L'aventure, en ce milieu des années 1990, c'est les hedge funds, ces
fonds spéculatifs encore inconnus en France. Imad Lahoud monte en 1998
le fonds Volter : 40 millions d'euros hébergés dans un paradis
fiscal, les îles Vierges, et gérés par HL Gestion. HL, comme
Heilbronner et Lahoud. Le jeune homme a embarqué avec lui le
beau-père oisif à la retraite et lui a confié la présidence du
fonds. "Papa le trouvait brillant, intelligent, fascinant, parfois un
peu encombrant, assure Anne-Gabrielle. Il y avait une véritable
affection entre eux." La stature du haut fonctionnaire rassure les gros
institutionnels - GAN, Fortis ou les AGF, qui investissent dans
l'affaire. Mais quand la bulle des nouvelles technologies éclate, le
fonds Volter s'effondre en trois jours, à l'été 2000. Fortis porte
plainte en juillet pour escroquerie et usage de faux. "Les traders
peuvent perdre leur lucidité. Il faut rechercher le trade qui va vous
rendre célèbre. Et éviter le trade qui va vous mettre au tapis",
glissait Imad Lahoud dans le documentaire d'Eric Rochant. Le film se
gardait de le dire, mais il avait déjà joué et perdu.

Pour François Heilbronner, le choc est terrible. Il n'a encore rien
vu. On perquisitionne chez les Lahoud, puis chez lui. Le retraité
raffole des films policiers du très britannique Dick Francis, mais ils
finissent toujours par un happy end. Là, il est blessé au plus
profond. Tous deux sont mis en examen pour "escroquerie". Le beau-père
échappe à la prison, pas Imad, qui sera écroué pendant 108 jours à
la Santé.

Anne-Gabrielle a un mal de chien à obtenir un permis de visite -
Marwan ne le demande même pas. A 32 ans, la jeune inspectrice des
finances est devenue le bras droit de Jean-Charles Naouri, le PDG de
Casino, relaxé en 2002, et qui sait ce qu'avoir des ennuis judiciaires
veut dire. L'"énarque nouvelle génération", comme la nomme
L'Expansion dans un numéro consacré aux "50 jeunes loups du
capitalisme français", fait la queue au parloir deux fois par semaine.
L'une des cinquante "futures stars du capitalisme français
programmées pour assurer la relève" se débrouille avec ses trois
enfants.

Imad tient le choc. "C'est un garçon qui possède une forte
résilience", admire une amie du couple, inspectrice des finances. En
prison, il fait de la musculation avec Smaïn Aït Ali Belkacem,
l'artificier des Groupes islamiques armés (GIA), vit au milieu des
truands et des politiques, donne des cours d'arabe, de maths,
d'informatique, à charge pour deux caïds corses de le protéger
pendant les promenades. "Le bon côté de ce genre d'épreuves,
explique son épouse toujours positive, c'est qu'on a fait le tri des
gens autour de nous."

Imad sort de la Santé avec ses sacs en plastique le 7 octobre 2002, le
jour de ses 35 ans. Anne-Gabrielle l'attend sur le trottoir avec son
foulard Hermès ; deux personnes âgées observent le couple qui se
tombe dans les bras dans la rue déserte... La vie reprend, le couple
est criblé de dettes mais fréquente toujours le Racing, et les
enfants les cours privés. L'affaire Volter sommeille, elle est
aujourd'hui encore à l'instruction. Lahoud doit verser 400 000 euros
de caution, le juge Jean-Marie D'Huy accepte un crédit : Imad paie 2
000 euros par mois sur vingt ans...

Entre Marwan et lui, les relations sont glaciales. C'est qu'avant
d'être écroué, le petit frère a eu une nouvelle brillante idée.
Anne-Gabrielle l'entraîne souvent le week-end dans la maison de
famille, à Etretat, où Imad s'ennuie poliment. Mais il y a, sur la
falaise, un superbe golf créé au début du siècle par une petite
colonie anglaise. L'ex-golden boy fait des étincelles sur le green, et
le voilà très vite handicap 4 - Marwan, qui cite pourtant ce hobby
dans le Who's who, est à 15. C'est alors qu'Imad prend contact avec un
professionnel du golf, décide de coacher une équipe et de créer un
magazine. Il convainc au baratin un riche propriétaire de chevaux
d'investir dans l'affaire, monte deux sociétés et une holding pour
coiffer le tout. Imad doit trouver des sponsors. Grâce à son frère,
il rencontre le responsable du mécénat d'EADS, que l'affaire
n'intéresse pas.

Le groupe aéronautique l'a échappé belle. Le magazine Golf et
tourisme capote après quelques numéros, et lorsque les associés
mettent le nez dans les comptes, en 2002, ils découvrent "des pertes
abyssales". La presse va mal, mais quand même : la société Moins 18
Editions montre un passif de 776 000 euros pour un actif de 41 000
euros. Une série de plaintes sont déposées, le propriétaire de
chevaux s'inquiète des 500 000 euros qu'il a versés. Imad reconnaît
quelques légèretés, mais proteste de sa bonne foi. Il devait être
jugé pour cette affaire à la mi-mai, mais était alors hospitalisé
pour une profonde dépression. L'audience a été reportée à
septembre. Mais Imad Lahoud a déjà été déclaré, le 5 avril
dernier, gérant de fait de Moins 18 Editions. Et interdit de gestion
pour cinq ans.

Au lendemain de sa sortie de prison, Marwan déjeune à la "popote"
d'EADS avec Imad pour la première fois depuis 1994 - c'est son frère,
malgré tout. Le cadet explique qu'il a beaucoup mûri, qu'il veut
changer de vie, "construire, être utile", devenir fonctionnaire.
Jean-Louis Gergorin, le vice-président d'EADS, à qui Marwan a rendu
de signalés services, les rejoint au café : "Ne vous inquiétez pas,
Imad, je crois que vous êtes innocent. Envoyez-moi un CV, je vais vous
aider." Le voilà embarqué en juin 2003 comme consultant en stratégie
au siège du groupe après s'être essayé à une brève carrière
parallèle à la DGSE, avec les déboires qu'on connaît.

Quand Marwan apprend que Jean-Louis Gergorin veut embaucher son frère,
il se fâche tout rouge. Il explique que l'affaire Volter n'est pas
soldée et qu'Imad peut être un danger pour EADS - et pour sa
carrière. Le frère est finalement embauché le 1er juin 2004, non par
Jean-Louis Gergorin, mais par le centre de recherche d'EADS.

Au fond, qui est vraiment Imad Lahoud ? Un convive charmant en tout
cas, que Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, n'a
pas hésité à inviter chez lui pour un week-end à Toulouse, en
pleine tourmente Clearstream. Un homme sans doute un peu grisé, aussi,
par le "laissez-passer" tricolore que lui a remis le général Rondot.
Un homme à terre, enfin, qui, si EADS décide de le lâcher, doute,
pour la première fois de sa vie, de pouvoir rebondir.

Ariane Chemin et Franck Johannes
Article paru dans l'édition du 31.05.06


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