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L'Allemagne centralise ses fichiers pour lutter contre le terrorisme
LE MONDE | 05.09.06 | 15h26 • Mis à jour le 05.09.06 | 15h26
BERLIN CORRESPONDANT
Un mois après la découverte de deux valises piégées destinées à exploser dans
des trains, les ministres de l'intérieur des régions allemandes ont trouvé un
accord, lundi 4 septembre, sur la constitution d'un fichier centralisé censé
faciliter la lutte antiterroriste. Le sentiment d'avoir échappé de peu à des
attentats a débloqué un débat qui achoppait depuis des années sur la
protection de données privées. Si l'accord entre ministres régionaux de
l'intérieur se traduit bien par une loi, dont l'entrée en vigueur est prévue
d'ici un an, la police des différents Länder et les services secrets allemands
échangeront des informations sensibles sur des personnes suspectées de
terrorisme.
Une telle pratique est jusqu'à présent limitée par la très nette séparation
des compétences entre autorités de police et de renseignements, instaurée
après la seconde guerre mondiale pour tirer les conséquences de la dictature
nazie. En outre, dans l'Etat fédéral décentralisé qu'est l'Allemagne, les
Länder ont du mal à abandonner leurs prérogatives, y compris dans le domaine
de l'ordre public. Les attentats du 11 septembre 2001, puis ceux de Madrid en
2004 et de Londres en 2005 avaient contribué à une prise de conscience du
besoin d'une action plus centralisée. La découverte, le 31 juillet, de deux
valises piégées dans des trains régionaux circulant dans l'ouest du pays a
permis au ministre de l'intérieur, le chrétien-démocrate Wolfgang Schäuble, de
convaincre les réticents.
PRÉCAUTION DE FORME
Le fonctionnement du "fichier anti-terreur", tel qu'il est baptisé, prend
théoriquement en compte certaines réserves exprimées par les partisans du
respect des libertés individuelles. Le fichier prévu comportera deux niveaux.
Le premier, accessible par toutes les autorités, contiendra les noms, prénoms,
surnoms, adresses et dates de naissance des suspects. Le second réunira les
données plus sensibles, dont la confession religieuse, l'appartenance
éventuelle à une organisation - légale ou "terroriste" -, la possession
d'armes, les données bancaires et téléphoniques et les séjours à l'étranger.
Pour avoir accès à ce niveau, tel ou tel organe de sécurité devra en faire la
demande à celui qui a compulsé ces données.
Cette précaution de forme ne rassure pas ceux qui, comme les Verts, redoutent
un usage abusif de ce fichier. De son côté, le Conseil central des musulmans
d'Allemagne a douté de l'efficacité d'une mention de la confession dans le
fichier, tout en soutenant "ce qui contribue à la sécurité des citoyens et des
musulmans". Les ministres régionaux de l'intérieur ont aussi approuvé le
développement de la télésurveillance dans les gares, les aéroports et les
ports.
Selon le chef de la police criminelle fédérale, Jörg Ziercke, les auteurs
présumés des attentats manqués du 31 juillet avaient agi en réaction aux
caricatures du prophète Mahomet, publiées à l'automne 2005 dans un journal
danois et reproduites notamment en Allemagne. Leur appartenance à un réseau ou
organisation terroriste n'a pas été prouvée. Cinq suspects ont été arrêtés,
dont deux - un Libanais et un Syrien - en Allemagne. Le Liban refuse jusqu'à
présent d'extrader les trois autres vers ce pays. Selon la police, les deux
valises piégées n'avaient pas explosé à cause d'une erreur dans le processus
de fabrication. Antoine Jacob Article paru dans l'édition du 06.09.06
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