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En septembre 2004, la destruction compromettante d'une note de la DST
LE MONDE | 23.10.06 | 11h11  ·  Mis à jour le 23.10.06 | 11h13

L'article 434-4 du code pénal risque de créer un séisme politique.
Il dispose que le fait de "détruire, soustraire, receler ou altérer
un document public ou privé de nature à faciliter la découverte d'un
crime ou d'un délit, la recherche des preuves ou la condamnation des
coupables" est puni de 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende, quand
l'auteur de ce délit est une "personne qui, par ses fonctions, est
appelée à concourir à la manifestation de la vérité".

Selon le directeur de la direction de la surveillance du territoire
(DST), Pierre de Bousquet de Florian, entendu le 18 octobre, un
document, qui désignait explicitement Jean-Louis Gergorin comme le
"corbeau" de l'affaire Clearstream, a été détruit, le 23 septembre
2004 dans le bureau de M. de Villepin au ministère de l'intérieur.
"Cette note (...) a été passée au broyeur par M. de Villepin ou par
moi-même, je ne m'en souviens plus", a déclaré aux juges le chef du
contre-espionnage.

Or, trois semaines plus tôt, le 3 septembre 2004, ces mêmes
magistrats avaient été saisis d'une information judiciaire pour
"dénonciation calomnieuse" afin d'identifier l'auteur des courriers et
listings anonymes adressés à la justice. A l'évidence, la note de la
DST aurait pu faire gagner un temps précieux aux magistrats si elle
n'avait été détruite.

L'existence de ce document, comme sa disparition, était déjà connue
(Le Monde du 13 mai). Sa destruction par M. de Villepin a ensuite été
révélée dans le livre de notre collaborateur Hervé Gattegno,
L'Irresponsable (Stock). Mais Matignon avait contesté, le 2 octobre,
cette affirmation, parlant "d'allégations sans fondement". Le
témoignage de M. de Bousquet de Florian vient saper la position du
premier ministre.

Le 22 septembre 2004, le directeur de la DST informe M. de Villepin que
"de nouveaux éléments avaient été apportés à [son] service,
complétant la désignation par de nombreuses sources de M. Gergorin
comme pouvant être le corbeau de l'affaire Clearstream". Il lui confie
ses doutes sur le dirigeant d'EADS, "soit qu'il fût malveillant, soit
qu'il fût psychologiquement déséquilibré". Aussi conseille-t-il à
son ministre de tutelle de rencontrer à ce sujet Arnaud Lagardère et
lui remet, le 23 septembre au matin, un "recto verso manuscrit sur
papier libre" récapitulant l'état de ses informations. Le même jour,
à midi, "au cours de mon entretien hebdomadaire avec le directeur de
cabinet du ministre de l'intérieur, je revois M. de Villepin, a
expliqué aux juges le chef de la DST, parce que les deux bureaux
communiquent et sont ouverts, (...) qui me rend mon papier. Cette note
n'ayant plus d'utilité a été passée au broyeur par M. de Villepin
ou moi-même, je ne m'en souviens plus".

En septembre 2004, cela fait déjà huit mois que M. de Villepin a
chargé le général Rondot d'enquêter sur les listings Clearstream
remis par M. Gergorin. Et M. de Bousquet de Florian a été formel
devant les juges : "Je n'ai jamais su que le général Rondot fut
chargé de quelque investigation que ce soit." Les magistrats sont
fondés à se poser une question : outre ce cloisonnement excessif, M.
de Villepin a-t-il aussi cherché à protéger M. Gergorin, son ancien
mentor au Quai d'Orsay ?
Gérard Davet


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