On 3/7/26 13:28, Pascal le.pascal.damien DAMIEN wrote:
Quand je vois la x ème distribution nouvelle qui offrent la même chose
que les autres je comprends mieux pourquoi Linux reste en retrait.
Même sans modifier les différents interfaces graphiques disponibles, je
n'ai jamais rencontré d'utilisateurs ayant eu des difficultés
d'adaptation. Certains ne s'étaient d'ailleurs pas rendu compte qu'ils
travaillaient sous Linux et pensaient être sous W* :-). L'OS n'a que peu
d'effet sur l'utilisation que les utilisateurs font de leurs PC. Les
seules différences notoires sont les mises à jour intempestives de W* et
les pertes de connexion réseau fréquentes. Les utilisateurs se plaignent
de ces problèmes fréquents, mais se fiche de savoir s'il s'agit de l'OS
X ou Y; ils veulent simplement pouvoir faire leur travail. Le passage
sous Linux offre un gigantesque bol d'air frais aux administrateurs du
parc, en n'ayant pas à répondre aux multiples appels des utilisateurs
qui n'arrivent pas à imprimer, lire leurs mails, accéder à certains
sites, etc.
Si on se mettaient autour de la table pour construire ensemble une
distribution bien traduite, une solution simple mais efficace pour
géré un parc de pc et proposé des machines à prix décent qui offrent
reconnaissance faciale et empreinte, on pourrait attiré les pme.
Le problème n'est pas dans l'OS, mais dans les applications ! J'ai
travaillé dans une entreprise de plusieurs milliers d'employés (et 20
usines de production de produits chimiques dans le monde), et, lors de
la planification du passage à W* 10, l'un de plus gros obstacle fut de
s'assurer que quelques milliers d'applications étaient compatible avec
W* 10 ! C'est là qu'est le véritable problème. Certaines applications
peuvent tourner sous W* ou sous Linux, mais certaines sont confinées à
W*. Qui plus est, dans le domaine industriel, certaines applications en
sont encore à W* XP ! Ce qui fait que l'on doit alors gérer un patchwork
de versions de W*... auquel il faut rajouter la gestion des clefs
d'activation, des anti-virus, etc. C'est donc bien plus un problème
d'administrateurs et pas un problème d'utilisateur.
Maintenant, qui va supporter la PME ? C'est aussi là qu'est la
difficulté... la grande majorité des sociétés de services informatique
n'ont aucunes compétences autres que W* et ne vont donc pas se lancer
dans le support et la promotion de Linux. De plus, la probabilité de
problèmes sous W* perpétue le besoin, et donc la facturation, d'un
service réactif et très présent... Le volume de travail est ainsi
assuré. Couplé à cela, l'utilisation de logiciels de gestion à distance,
facturé plein pot au client, avec une marge intéressante pour les
sociétés de service. C'est donc tout un écosystème qu'il est difficile
de changer. Les sociétés de services font le calcul et vont forcément
promouvoir la solution qui leur assure du travail en permanence et donc
le meilleur revenu.
Néanmoins, dans les grandes entreprises/organisations, certaines ont
développé des compétences sous Linux et ont des équipes qui peuvent
assurer la gestion du parc de serveurs avec succès. Le poste de travail
individuel étant, par contre, avant tout lié à l'utilisation de
logiciels souvent très spécifiques. Par exemple, dans le domaine
comptable et de gestion, les logiciels doivent généralement être
certifiés par un organisme officiel... Et là, on touche à
l'administration étatique, qui n'est pas connue pour être très réactive.
Mais il faut aussi admettre que les obligations légales, de plus en plus
nombreuses, ne facilite pas la tâche de ceux qui doivent certifier les
logiciels ; on peut donc comprendre qu'il existe une certaine réticence
à certifier plusieurs solutions pour un même problème. De plus, la
tendance est à l'utilisation de logiciels "certifiés" ISO/NIST/IEC,
facilitant ainsi le travail des sociétés d'audit. Pour les entreprises
d'une certaine taille, le côté légal et réglementaire est devenu
essentiel et les contraintes poussent l'ensemble de ce monde vers une
standardisation des outils de gestion de l'ensemble de l'entreprise,
poussant à une uniformisation, dans laquelle le monde Linux/FOSS n'a pas
beaucoup de solutions intégrées et certifiées... monde dans lequel M*
propose un certain nombre de solutions, avec un grand nombre d'acteurs
du domaine de l'audit et des sociétés de service. Cela ne veut pas dire
que ces solutions sont les meilleurs du marché ou à la pointe de la
technologie, mais leur mérite est qu'elles ne sont pas remises en
question par les autorités ; car certifiées.
On voit que la décision de l'utilisation d'un OS ou d'un autre, a des
implications qui se complexifient avec l'augmentation de la taille de
l'entreprise. Il est donc plus question de volonté de la direction et de
sa stratégie, que de la volonté des utilisateurs, qui souvent ne voient
même pas la différence... Utiliser des webapps dans un navigateur est OS
agnostique... Mais, toutes les applications ne fonctionnent pas en
webapps pour l'instant ; même si la tendance va dans ce sens. Un bon
exemple étant le logiciel permettant de remplir sa feuille d'impôt, qui
est maintenant devenu une webapp ; du moins pour le canton de Vaud, mais
j'imagine que c'est aussi le cas pour les autres cantons...
Je suis plus que favorable à GNU/Linux, mais je reconnais les
difficultés qu'il peut y avoir à abandonner les solutions propriétaires
suivant les entreprises ; les contraintes auxquelles elles sont soumises
sont indépendantes de leur volonté et ne peuvent être ignorées.
dc
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