http://www.bortzmeyer.org/6563.html

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Auteur(s) du RFC: S. Jiang (Huawei), D. Conrad (Cloudflare), B. Carpenter 
(Univ. of Auckland)

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Un peu de rangement dans le DNS : en 2000, un nouveau type 
d'enregistrement DNS, le A6, avait été créé pour gérer plus facilement 
les adresses IPv6 dans le DNS. N'ayant finalement pas marché comme 
espéré, il vient d'être officiellement abandonné. Le RFC 2874, qui le 
normalisait, devient « intérêt historique seulement ».

Le type officiel pour représenter les adresses IPv6 dans le DNS était 
le AAAA, introduit par le RFC 1886 (aujourd'hui RFC 3596). Très proche 
du type A d'IPv4, il n'offrait pas de services particuliers, par 
exemple pour gérer la rénumérotation d'un réseau. Si on avait dans son 
fichier de zone :

www    IN   AAAA   2001:db8:33::1
mail   IN   AAAA   2001:db8:33::fada

et qu'on passe du réseau 2001:db8:33::/48 au
2001:db8:bad::/48, il fallait faire un
rechercher/remplacer pour changer toutes les adresses. Le type
A6, du RFC 2874, fournissait un système
plus souple, découplant le préfixe et l'adresse.

Évidemment, le fait d'avoir deux types pour les adresses IPv6 a 
entraîné pas mal de confusion (section 2.5). Il est même possible que 
cela ait contribué au retard du déploiement d'IPv6. En 2002, les RFC 
3363 et RFC 3364 critiquaient A6 et il était reclassé « expérimental ». 
Cela n'a apparemment pas suffit à éclaircir les choses et notre RFC 
6563 met aujourd'hui A6 comme « d'intérêt historique seulement », ce 
qui devrait enlever toute ambiguité. Le seul type pour représenter les 
adresses IP dans le DNS est donc AAAA.

Mais que reprochait-on à A6, finalement ? La section 2 de ce RFC résume 
les principaux problèmes (le RFC 3363 donne davantage de détails) :
* Latence accrue au moment de la résolution de noms (puisque A6 
implique plusieurs requêtes DNS non-parallélisables, et sur des 
serveurs différents),
* Probabilité d'échec plus élevée (il suffit qu'une des sous-requêtes 
de la chaîne échoue pour que la résolution soit impossible),
* Difficultés associées au franchissement de frontières 
administratives : certes, le principe même d'A6 était de permettre de 
déléguer plus facilement, en mettant les différents enregistrements 
nécessaires dans des organisations différentes. Mais l'expérience d'A6 
(comme celle des enregistrements de colle dans la zone parente, ou 
celle des PTR de in-addr.arpa) a montré qu'il était très difficile de 
synchroniser de tels enregistrements « trans-frontières » et qu'ils se 
prêtaient mal à l'automatisation,
* Complexité de la maintenance puisque le changement d'un composant A6 
peut affecter de nombreuses adresses IP, qu'on ne voit pas (le reste 
des données peut être dans une autre zone, et même avoir des TTL 
différents, rendant la prévision des résultats difficile),
* Et enfin risques de sécurité, la résolution d'un nom en adresse IPv6 
dépendant de davantage d'acteurs ; la compromission de l'un d'eux 
pouvait affecter beaucoup de monde.


La section 3 décrit l'usage effectif d'A6, depuis que certaines 
versions de BIND (de 9.0 à 9.2, puis abandonné dans les versions 
ultérieures) ont ajouté la gestion de ce type d'enregistrements. De 
même, certaines versions de la GNU libc ont fait des requêtes A6. Mais, 
aujourd'hui, l'analyse du trafic sur deux serveurs DNS de la racine 
montre très peu de trafic a6 Les statistiques sur les serveurs de .fr 
gérés par l'AFNIC montrent que A6 n'a pas disparu. Il ne fait certes 
que 0,2 % des requêtes (contre 8 % pour AAAA) mais il est le dixième 
type d'enregistrement demandé, devant des types comme SPF, SSHFP, NAPTR 
ou DNSKEY, normalement bien plus « officiels ». Cela illustre le 
conservatisme des administrateurs système (qui gardent en production de 
très vieilles versions de leurs logiciels).

La section 4 expose les conséquences de la reclassification de A6 comme 
n'ayant qu'un intérêt historique. Les gérants de zone DNS doivent 
retirer ces enregistrements (s'ils existaient encore), les clients DNS 
doivent arrêter de demander des A6 et les serveurs DNS doivent 
désormais traiter ce type comme inconnu (RFC 3597) lors de la réception 
d'une requête. (Le type A6 faisait partie de ceux pour lesquels le 
serveur DNS devait faire un traitement spécial.) Comme c'est déjà 
largement le cas, ce RFC n'aura sans doute pas de conséquence pratique.

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G6 -- Association Francophone pour la promotion d'IPv6 (http://www.g6.asso.fr)
Liste IPv6tech [email protected]
Info : http://mail.g6.asso.fr/mailman/listinfo/ipv6tech

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