Résumé d'un chapitre de l'Ihya 'Ulum al Din de Hujjut al Islam Abou Hamid al 
Ghazali Sache que le jeûne (al-sawm) comporte une parti­cularité qui n'existe 
pas ailleurs, à savoir le fait qu'il est attribué à Allah – qu'Il soit exalté 
et magnifié –. En effet Dieu – qu'Il soit glorifié – a dit : « Le jeûne 
M'appartient et c'est Moi qui le récompense ». C'est un honneur que d'être 
attribué de la sorte, à l'instar de l'honneur en faveur de la Maison de Dieu. 
Car Dieu a dit : « Purifie Ma maison » (Coran, 22/26). A vrai dire le jeûne a 
reçu tant de mérite pour deux raisons : - La première : il s'agit d'un acte 
secret et intérieur que les créatures ne peuvent voir, de ce fait il est à 
l'abri de la duplicité. - La deuxième : c'est un moyen pour vaincre l'ennemi de 
Dieu, car l'ennemi se sert des désirs comme instruments privilégiés. Or les 
désirs se ren­forcent au moyen du manger et du boire. Ainsi du moment que la 
terre
 des désirs est fertile, les dé­mons fréquentent assidûment un tel pâturage. Ce 
n'est qu'en renonçant aux désirs qu'on rendra leur accès des plus difficiles. 
Du reste il existe sur le jeûne beaucoup de tradi­tions qui attestent son grand 
mérite, et elles sont bien connues. Les Sunan du jeûne Il est recommandé de 
recourir au suhûr (le fait de manger à la fin de la nuit) et de le retarder. De 
même, il est recommandé de hâter la rupture du jeûne et de commencer par manger 
quelques dattes. il est également recommandé d'être généreux pendant le 
Ramadan, de faire le bien, de faire beau­coup d'aumône pour mieux se conformer 
à l'attitude de l'Envoyé de Dieu – que Dieu lui ac­corde la grâce et la paix –. 
De même, il est recom­mandé d'étudier le Coran, d'observer des retraites 
spirituelles (i`tikaf) notamment au cours des dix dernières nuits de Ramadan et 
de multiplier les exercices spirituels. Il est dit dans les deux sahih
 d'après le hadith rapporté par `Aisha : « Dès que commencent les dix dernières 
nuits de Ramadan, l'Envoyé de Dieu – que Dieu lui accorde la grâce et la paix – 
se serrait la ceinture, veillait la nuit en dé­votion et réveillait les gens de 
sa maison ». Les savants disent que l'expression : " Serrait la ceinture " peut 
signifier deux choses : – Se détourner des femmes – Pour montrer tout le 
sérieux dans l'action spi­rituelle. D'ailleurs la raison de son effort au cours 
des dix dernières nuits réside dans la recherche de la nuit de qadr (la grande 
valeur). Les secrets du jeûne et ses règles de conve­nance Le jeûne comporte 
trois degrés : le jeûne des gens du commun, le jeûne des gens de l'élite et le 
jeûne de l'élite de l'élite. Pour ce qui est du jeûne des gens du commun, il 
consiste à s'abstenir de manger, de boire et d'avoir des rapports sexuels. 
Quant au jeûne des gens de l'élite, il consiste à empêcher le
 regard, la langue, la main, le pied, l'ouïe, la vue et l'ensemble des membres 
de com­mettre des péchés. S'agissant du jeûne de l'élite de l'élite, il s'agit 
du jeûne du coeur devant les basses ambitions et des idées qui éloignent de 
Dieu – qu'Il soit exalté –pour cesser totalement de s'intéresser à tout ce qui 
est autre que Dieu – qu'Il soit exalté –. Ce type de jeûne a des explications 
qui seront données ailleurs. Il reste que parmi les règles de convenance dans 
le jeûne des gens de l'élite, il y a celles de baisser le regard, de retenir la 
langue devant tout ce qui est nuisible comme paroles interdites, répréhensibles 
ou inutiles, et de surveiller le reste des membres. Il est dit, dans le hadith 
recensé par Bukhârî, que le Prophète – que Dieu lui accorde la grâce et lapaix 
– a dit : « Pour celui qui ne renonce pas au mensonge dans les actes et les 
paroles, Dieu n'a nul besoin qu'il renonce à sa nourriture et à
 sa boisson ». Parmi les autres règles de bienséance du jeûne il y a celle qui 
consiste pour le fidèle à ne pas remplir son ventre de nourriture pendant la 
nuit. Il doit en prendre avec modération, car le fils d'Adam n'a ja­mais rempli 
un récipient du mal comme son ventre. Lorsque le fidèle se rassasie au début de 
la nuit il ne peut tirer profit de sa personne pour le reste de sa nuit. De 
même lorsqu'il se rassasie au moment du suhûr, à la fin de la nuit, il ne peut 
pas tirer profit de sa personne jusqu'à la prière de dhuhr environ. Ceci parce 
que le fait de trop manger génère la paresse et l'engourdissement. Ensuite le 
but du jeûne n'est pas atteint à cause de la gloutonnerie, parce que ce qu'on y 
recherche, c'est de goûter à la faim. On peut ainsi renoncer à ce qui est 
désiré. Pour ce qui est du jeûne volontaire, sache que la recommandation du 
jeûne est attestée pour les jours favorables. Or certains de ces jours sont
 ré­partis à travers toute l'année, comme le jeûne des six jours du mois de 
shawwâl immédiatement après le ramadan, ou le jeûne du jour de `arafat ou du 
jour de âshûrâ, ou des dix jours du mois de dhulhijja, pendant le mois du 
muharram. D'autres jours favo­rables se répètent chaque mois, comme ceux du 
début, de la moitié et de la fin du mois. Ainsi celui qui jeûne au début, au 
milieu et à la fin du mois aura bien fait. Mais le mieux c'est de jeûner 
pendant les trois jours du milieu du mois. D'autres jours se répètent chaque 
semaine; à savoir le lundi et le jeudi. Cela dit le meilleur jeûne 
surérogatoire est celui de Dâwûd (David) – que la paix soit sur lui – ; il 
jeûnait un jour et rompait le jeûne un autre jour. Cette attitude comporte 
trois significations. La première : l'âme reçoit sa part au jour où le jeûne 
est rompu et assure sa dévotion pendant le jour du jeûne. Ainsi il réunit entre 
ce qu'elle a et ce
 qu'elle doit, et c'est une équité parfaite. La deuxième : le jour non jeûné 
est un jour des­tiné à rendre Grâce et le jour du jeûne est un jour 
d'endurance. Or il faut savoir que la foi est consti­tuée de deux moitiés : une 
moitié faite d'action de grâce et une autre moitié faite de patience. La 
troisième signification : Cette façon de jeûner est difficile pour l'âme dans 
ses exercices spirituels, car chaque fois qu'elle se familiarise avec un état, 
elle est transportée dans un autre. Quant au jeûne perpétuel, il y a dans le 
sahih de Muslim un hadith rapporté par Abû Qatâda où `Umar a interrogé le 
Prophète – que Dieu lui ac­corde la grâce et la paix : « Qu'en est-il de celui 
qui jeûne tout le temps ? Il lui a répondu : Cet homme n'a pas jeûné et n'a pas 
rompu son jeûne ». Ceci se rapporte à celui qui continue le jeûne même pen­dant 
les jours où il est interdit de jeûner, comme les deux jours des deux aid et
 les trois jours après l'aid al-adha (fête de l'immolation). Autrement il n'y 
apas de mal à le faire. On rapporte sur Hishâm ibn 'Urwa que son père 
continuait le jeûne. Il en va de même de `Aïsha qui pratiquait cela. Anas ibn 
Mâlik disait qu'Abû Talhâ a continué le jeûne quarante ans durant, après 
l'Envoyé de Dieu – que Dieu lui accorde la grâce et la paix. Sache que celui 
qui est doué de clairvoyance connaît en quoi consiste le but du jeûne. Il 
impose à son âme juste ce qu'il faut pour ne pas rater ce qui est meilleur. En 
effet Ibn Mas`ûd, par exemple, jeûnait peu et disait : « Lorsque je jeûne, je 
faiblis devant la prière, or je préfère la prière au jeûne. D'autres se 
relâchaient dans la récitation du Coran lorsqu'ils jeûnaient. C'est pourquoi 
ils ne jeûnaient pas beaucoup pour pouvoir assurer la récitation. C'est dire 
que chaque, homme connaît mieux son état et ce qui lui convient. » 


      
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