La guerra come sanremo? Irak: les chaînes américaines en manque d'adrénaline
NEW YORK (AP) - Les chaînes de télévision américaines, qui s'attendaient depuis des semaines à une attaque choc spectaculaire, sont restées sur leur faim lors des premières heures de l'offensive en Irak, ponctuées par quelques frappes sporadiques et de longues périodes d'accalmie. Après une série de flashes consécutifs aux frappes, l'intervention du secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, à 11h du matin heure locale (côte est) a donné le coup d'envoi aux »networks» ABC, CBS, NBC et Fox ainsi qu'au chaînes câblées CNN, MSNBC et Fox News. Toutes ont interrompu leurs programmes habituels pour couvrir intensivement la guerre, sans la présence de la sacro-sainte publicité... Mais à l'heure du «prime-time», NBC a repris sa série vedette »Friends» -programme autrement plus lucratif- tandis que CBS a diffusé un tournoi de basket-ball. Seule ABC a poursuivi sa couverture de la guerre. La chaîne, qui souffre d'un faible audimat les jeudis, espérait ainsi accroître son audience, malgré d'importantes pertes de revenues publicitaires. Dans les rédactions américaines, les premiers temps de la guerre et ses frappes chirurgicales laissaient les journalistes dans l'expectative, des opérations militaires plus spectaculaires étant attenbues dans ce conflit. Sur le terrain, contrairement à la guerre du Golfe en 1991, certains reporters suivaient les unités de soldats américains. Des caméras installées sur les chars ont offert durant de longues minutes des images de qualité douteuse prises dans le désert koweïtien. Le tout rappelait vaguement un jeu vidéo de guerre. Quant aux journalistes, ils étaient tenus par la promesse de ne rien divulguer qui puisse mettre les militaires en danger. Du coup, certains premiers reportages procuraient davantage de petites touches d'adrénaline que de solides informations. Sans compter que le vacarme des chars empêchait même certains reporters d'entendre les questions qui leur étaient posées... Alors que les informations militaires arrivaient au compte-gouttes, les présentateurs commentaient donc les images des frappes sur Bagdad, au risque de tomber dans un patriotisme patent. Ainsi à la vue d'un bâtiment en flammes dans la capitale irakienne, le présentateur vedette de CBS, Dan Rather, a déclaré d'une voix émue: «il est peut-être temps de penser à remercier notre bonne étoile, du fait que nous vivons aux Etats-Unis d'Amérique.» La journée a finalement été consacrée aux spéculations sur l'authenticité des images de l'intervention de Saddam Hussein. Sosie ou pas? La question était sur toutes les lèvres, en attendant l'attaque choc et la montée d'adrénaline dans les rédactions... AP kb/v/tl _______________________________________________ www.e-laser.org [EMAIL PROTECTED]
