Le 17/05/2011 00:21, Jean-Marc Mongrelet a écrit :
de ce que je viens de dire : produire moins chère et donc de moindre
qualité...
Cédric, tu en penses ça ; pour jdd, c'est la paranoïa...
ce qui est de la paranoia, c'est d'écrire ce que tu écris ci-dessous
Et en ce moment, je bricole une tondeuse Bosch pour essayer de la
sauver de son obsolescence programmé... et je sais sciemment qu'il
s'agit d'obsolescence programmé...
tu "sais". Tu sais comment? tu as des entrées dans le bureau d'étude
Bosh? Une grande marque qui a fait sa réputation sur la durabilité de
ses produits?
Comment ça marche:
-Les bureaux d'études conçoivent des modules, qui sont fonctionnels,
mais pas fait pour durer...
Tous les programmeurs injectent volontairement des bogues pur empêcher
les programmes de marcher...
-Pour créer un nouveau produit, on utilise des modules déjà tout près
(qui ne sont donc pas fait pour durer)
le fait qu'un module soit "tout prêt" et sa durée de vie sont sans
rapport (une brique est "tout pret", et même les briques modernes
durent longtemps
-J'imagine que si quelqu'un veut améliorer le module pour le faire
durer... il prend la porte!!!
ca ne se passe pas comme ca.
Répétons encore une fois.
Un bureau d'études essaie de calculer un produit pour une certaine
résistance et une certaine durée de vie. Tous les bureaux d'étude font
ca, et c'est officiel. Ils y arrivent plus ou moins (il y a du déchet:
des produits sont mal conçus et tombent en panne rapidement, d'autres
sont intrinsèquement incassables (qui a jamais changé le bloc moteur
de sa voiture?). Il y a un rapport non linéaire entre la durée de vie
et le prix. Dans certains cas augmenter la durée de vie est très
couteux, dans d'autres cas très bon marché.
La durée de vie programmée dépends de plusieurs facteurs. En général
c'est un secret absolu dans une entreprise, mais sauf cas très
particulier n'importe quel ingénieur est capable de faire le calcul si
on lui montre une pièce, c'est donc un secret de polichinelle...
Cette durée dépends donc du prix qu'on est prêt à payer pour l'étude,
du prix final acceptable pour l'entreprise, du prix des produits
concurrents et des attentes du public.
En définitive, dans notre système social capitaliste (on est pas forcé
de l'aimer, mais on est bien forcé de l'utiliser, il n'y en a plus
d'autre), c'est la concurrence qui joue, pondérée par l'opinion publique.
Par exemple, regardons l'outillage (clef plates ou tournevis...)
Les grandes marques, Facom en particulier, ont fait leur réputation
sur une garantie à vie. Tu casse un tournevis Facom, tu peux te le
faire remplacer (et ca marche, je l'ai fait plusieurs fois). Dans ce
cas la marque doit faire une étude précise pour voir ce qui est le
moins couteux: remplacer ou améliorer.
Et pourtant, qui a des outils Facom à la maison? Ils sont entre 50% et
300% plus chers que la concurrence bas de gamme.
Qui, aujourd'hui, serait prêt à acheter un ordinateur portable garanti
20 ans, en payant trois fois le prix, soit 2000 euros pour un modèle
de moyenne gamme (au point de vue puissance)?
Il y a eu il y a maintenant une quinzaine d'années (quand les moyens
de calculs l'ont permis) une tentative des fabricants d'ordinateurs de
limiter la durée de vie de leur produit à un an. La levée de boucliers
des clients a été telle que cette durée de vie a été prolongée jusqu'à
trois ans.
On trouve aujourd'hui deux catégories d'ordinateurs portables
(d'ailleurs mal définies): ceux qui durent environ trois ans et qui
coutent entre 400 et 800 euros et ceux qui sont prévue pour un travail
plus dur et coutent près du double (Macs, Sony Vio, gamme HP pro...).
Ces derniers sont surtout achetés par des professionnels qui usent
leur matériel. et en changent sans doute tous les 4 ou 5 ans.
Les industriels ont des moyens bien plus efficaces que de programmer
l'obsolescence pour renouveler leurs ventes (achetez un écran plat
3D!). Il suffit de voir qui veut de nos ordinateurs gratuits...
Le vrai combat dans cette perspective des consommateurs est d'obtenir
une classification officielle en fonction de la durée de vie prévue,
comme celle pour la dépense énergétique (de A à G), mais cette durée
de vie est quand même plus difficile à apprécier).
Tout ca ne veut pas dire que les constructeurs n'aient pas *envie*
d'avoir des produits à courte durée de vie, mais simplement qu'ils
leur est difficile d'y arriver, ce n'est facile que s'il y a un
monopole, comme en informatique (suivez mon regard)
jdd
NB: j'ai enseigné la construction mécanique pendant 40 ans, je crois
savoir de quoi je parle.
--
Jean-Daniel Dodin
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