Chers membres,

Le 22 mars 2001, le chancellier d'Etat de la R�publique et Canton de Gen�ve,
M. Robert Hensler, annon�ait le lancement d'un projet pilote en mati�re de
vote par Internet, projet dont la mise en place a �t� confi�e aux soci�t�s
Hewlett-Packard et Wisekey. Ceci s'inscrit dans le cadre du projet
e-government de l'Etat de Gen�ve.

Il est un peu de notre devoir de r�agir puisque jusqu'� aujourd'hui aucune
voix ne s'est �lev�e pour d�noncer les faiblesses de ce projet. Il y a non
seulement un probl�me de fond: la d�mocratie peut-elle �tre l'"otage" d'une
�lite (le d�pouillement ne pourra plus �tre control�, supervis� et
transparent pour les citoyens), mais il y a �galement des probl�mes 
techniques: s�curit� informatique (cryptage, virus, deny of service, code 
source propri�taire, anonymisation des votes etc...). Sans parler des 
probl�mes de fast-d�mocratie, on ach�te sa pizza ou un candidat avec un 
click de souris, est-ce que les politiques n'essayent pas de r�soudre la 
pauvret� des d�bats par des solutions techniques? mais c'est un autre sujet 
non moins important.

Il ne faut pas oublier que non seulement Gen�ve est un site pilote pour la
conf�d�ration mais que les petits pays pluri-culturels comme la Suisse et la
Belgique sont des sites pilotes pour l'EC. Donc les pressions sont �normes
pour que cela se fasse co�te que co�te. Des rapports montrent qu'il y a 3
ans le Grand Conseil y �tait oppos�, qu'est-ce qui a bien pu se passer depuis
pour que cela change?

Pour toutes ces raisons il est important d'ouvrir le d�bat. 

Vous trouverez, pour info, le texte � la suite au format texte.

Le d�bat est ouvert, mais le texte ne changera pas sauf pour motif majeur
(autrement la lettre partira l'ann�e prochaine). (sur la mailing-list admin,
merci).

Pour plus de renseignements
http://www.linux-gull.ch/evote/index.html
Si vous avez des pointeurs n'h�sitez pas � nous les communiquer.

Gilbert

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Lettre ouverte au Conseil d'Etat sur le vote �lectronique


Concerne: e-vote s�r et transparent, enjeux pour d�bat d�mocratique

Monsieur le  Pr�sident, Mesdames et Messieurs  les Conseillers d'�tat,
Monsieur le Chancelier,


C'est  au  nom  d'une  association  tr�s active  au  niveau  local  et
international pour la promotion des Logiciels Libres (GULL, Groupe des
Utilisateurs  Linux du  L�man) que  nous  prenons la  libert� de  vous
interpeller au sujet du projet de e-vote.
 
Ind�pendamment  des  comp�tences  et  de l'expertise  des  membres  de
l'association,  ceux  -ci  ont,  �  l'instar de  chaque  votant  et/ou
�lecteur, le souci que la  proc�dure de vote garantisse une expression
d�mocratique de  l'opinion, ce qui implique notamment  que le comptage
des voix et l'issue du scrutin ne puisse �tre ni alt�r� ni manipul�.
 
Or,  les  informations   qui  ont  �t�  port�es  pour   l'heure  �  la
connaissance  du public  dans le  cadre du  projet de  e-vote laissent
planer de s�rieux doutes � cet �gard.
 
En premier  lieu, on peut  retenir que le type  d'isoloir �lectronique
retenu - le vote � distance par  internet - est le plus d�licat sur le
plan  de  la  s�curit�.   C'est  si vrai  d'ailleurs  que  l'Allemagne
(r�f. ``Bonn  veut tester  le e-vote''  - Le Temps  du Mercredi  9 mai
2001) a abandonn� cette  perspective au profit du vote  � partir d'une
borne publique.
 
En  second lieu,  le choix  a �t�  fait de  confier la  r�alisation du
projet �  deux soci�t�s priv�es  qui sont Hewlett-Packard  et Wisekey.
Si les comp�tences de ces soci�t�s  n'ont pas � �tre remises en cause,
le choix technologique qui  semble pr�sider au d�veloppement du projet
est en revanche probl�matique.
 
En  effet,  toujours  sur  la  base des  indications  disponibles,  il
semblerait que l'on s'achemine vers une solution dite ``propri�taire''
par opposition � une  solution dite ``ouverte'' (``open source'').  De
quoi s'agit-il ?

Une solution propri�taire se caract�rise par le fait que le concepteur
est  le seul  qui ma�trise  r�ellement  la mani�re  dont le  programme
fonctionne parce  qu'il est le seul �  en avoir le script.   Il est le
seul � pouvoir  dire, par exemple, ce qui se  passe r�ellement dans le
traitement des  donn�es.  Dans  un syst�me ``ouvert'',  toute personne
b�n�ficiant  des  comp�tences  m�tier  n�cessaires est  en  mesure  de
v�rifier  comment le  programme fonctionne  r�ellement. On  dispose du
script.
 
Dans le  cas du  e-vote, choisir une  solution propri�taire  revient �
admettre l'id�e que le r�sultat  d'un scrutin ne pourrait �tre v�rifi�
que  par  une poign�e  de  sp�cialistes qui  ont  �t�  � l'origine  de
l'application.  Ceci n'est � l'�vidence pas satisfaisant au regard des
exigences  de transparence  que requiert  un r�gime  d�mocratique.  Ce
serait  un peu l'�quivalent  d'un monde  o� seuls  les avocats  et les
juges auraient acc�s aux textes de lois.
 
Nous pensons  que, dans  ce domaine si  sensible pour notre  r�gime de
d�mocratie  directe, la  proc�dure  doit �tre  fond�e  sur un  syst�me
ouvert,  accessible et  compr�hensible par  le plus  grand  nombre. Il
s'agit l�  d'une condition  indispensable pour ne  risquer de  voir la
confiance  des citoyens  tromp�e.  Le  vote �lectronique  ne  doit pas
pouvoir �tre assimil� au d�veloppement d'une bo�te noire �lectorale.
 
Par ailleurs, et  quand quand bien m�me la  probit� des concepteurs ne
sauraient �tre mise  en doute, il ne faut  pas minimiser les probl�mes
de s�curit� informatique dont par  exemple les virus sp�cifiques � des
postes clients, comme ceux des votants (� cet �gard on peut se r�f�rer
par exemple aux virus  qui s'attaquaient sp�cifiquement aux clients de
l'e-banking UBS en  ao�t 2000). De nombreux experts  en s�curit�, dont
M.   Bruce Schneier (auteur  de l'ouvrage  de r�f�rence  ``Secrets and
Lies :  Digital Security  in a Networked  World'' aux  �ditions Wiley)
admettent  qu'une  solution  propri�taire  est beaucoup  plus  expos�e
qu'une solution au code source ouvert (``Open Source'').
 
Les  risques de  s�curit� pour  le e-commerce  sont d�j�  difficiles �
admettre; ils sont  �videmment inacceptables pour le e-vote  car il en
va de la d�mocratie.
 
A  cet �gard, le  GULL, comme  beaucoup de  citoyens, est  int�ress� �
conna�tre les  r�sultats des  �tudes qui ont  �t� command�es  � divers
organismes, en particulier  celle du C2D qui aurait  d� para�tre d�but
avril,  ainsi que les  l'expertises techniques  qui auraient  d�j� �t�
r�alis�es par le Cern et l'Universit� de Gen�ve. De m�me que le cahier
des charges de l'appel d'offre, ainsi que les crit�res qui ont conduit
au choix du tandem HP et WiseKey.
 
Pour nous, la  garantie d'un vote �lectronique libre  - libre de toute
pression �conomique  et de  tout int�r�t commercial  - et s�r  ne peut
�tre  apport�e  que  par   un  choix  technologique  reposant  sur  la
transparence qu'apporte des solutions ``ouvertes''.
 
En d�mocratie,  il est  fondamental de croire  dans les m�rites  de la
proc�dure m�me de manifestation  de la volont�.  L'avis d'�tres libres
ne  saurait   s'exprimer  librement  autrement   qu'en  utilisant  des
proc�dures libres.
 
Notre association souhaite contribuer  au d�bat sur cette question qui
ne  peut laisser  la soci�t�  indiff�rente.  Elle  est  consciente par
ailleurs que  les probl�mes du e-vote d�passent  largement la question
de  la  proc�dure et  du  type  d'application  comme en  t�moigne  les
informations  figurant  sur  notre   site  web  �  l'adresse  suivante
http://www.gull.ch/evote/index.html  ,  m�me  si  elle  a  limit�  son
intervention sur ce point en raison de son expertise sp�cifique.
 
Cela �tant, elle demeure bien entendu � votre enti�re disposition pour
apporter tout compl�ment d'informations sur ce sujet.
 
Nous  vous  prions  de  croire,  Monsieur le  Pr�sident,  Monsieur  le
Chancelier,   Mesdames  et   Messieurs  les   Conseillers   d'�tat,  �
l'assurance de notre consid�ration distingu�e.




Pour l'association


Gilbert Robert\\Pr�sident

Jos� Manuel Nunes\\Membre du GULL


PS:  Diffusion:  Conseil  d'�tat,  Grand Conseil,  Presses  et  M�dias
genevois
-
Pour poster une annonce: [EMAIL PROTECTED]

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