>-----Message d'origine-----
>De : [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED] la part
de P HENRY
>Envoyé : jeudi 29 mars 2001 00:04
>À : [email protected]
>Objet : [tech]reseau ds un lycee(trop long ?)
>

>Bonjour,
>
>Je discutais tout à l'heure avec un prof du lycée (LTGC antibes) chargé, au
niveau de l'établissement de la maintenance informatique. Son gros souci
>évidemment : Les élèves qui réussissent à contourner les protections mises
sous Wxx, et les profs qui ne sont pas tjrs prêts à (ou à même d') assumer
leurs parts de
>responsabilité dans le contrôle de l'utilisation qui est faite des postes
mis à la disposition des élèves (si seulement il n'y avait que des problèmes
matériels : billes de
>souris qui disparaissent, etc...).
Sans chercher à défendre Windows, Linux est également hackable/crackable, il
n'y a qu'à voir la quantité de patches et d'alertes sécurité qui traînent.
Casser une protection fait partie du jeu chez les élèves/étudiants, pour
tout un tas de raisons, depuis la simple envie de passer de l'autre côté du
mirroir (défi intellectuel) jusqu'à des comportements criminels (au sens
d'acte réprimé par la loi). L'installation d'un serveur Linux ne règlera
donc pas ce problème, il ne fera que le déplacer sur un terrain un peu mieux
sécurisé.

>Donc, nous discutions, et suite à la mise en place d'un serveur linux ds la
salle dont je m'occupe, il me posait la question de savoir si c'était
interessant d'installer un
>serveur pour tout l'établissement, et si ce serveur devait être sous
Windows 2001 (nouvelle version de NT du genre xps ou je sais pas quoi ?) ou
sous Linux.
>Le désavantage qu'il reconaissait à WNT était son instabilité, et il
doutait tout autant de la stabilité d'une version future.
Toujours sans chercher à défendre Windows, W2k est "assez" stable (plus que
NT). Si on admet que Microsoft préconise un boot régulier des serveurs, et
qu'on s'y astreint, l'ensemble ne fonctionne pas si mal que ça. Linux est
par contre très stable et nécessite rarement un boot (j'ai déjà vu des
machines avec plus de 300 jours d'uptime) pour régler les problèmes (car il
y en a malgré tout ce qu'on peut dire/lire).

>L'argument du fric ne semble pas être prépondérant ici. Par contre les
problèmes de stabilité et de maintenance sont prépondérants : qu'arrive-t-il
si un serveur pour 150
>à 200 ordinateurs plante? (aprés les travaux de rénovation du lycée, c'est
a peu prés le nombre de postes qui seront connectés).
Contrairement à un particulier pour lequel une différence de 4000 à 5000F
(licence NT ou W2k) est significative, le prix d'une machine dans un
environnement "professionnel" (et un établissement scolaire ou universitaire
doit à mon sens être considéré comme une entreprise de ce point de vue là)
réside peu dans son coût d'acquisition. Mais plutôt dans le fameux TCO
(Total Cost of Ownership), qui doit inclure : matériel, logiciel(s),
maintenance, exploitation, évolutions. Le prix de l'OS (et du matériel dans
le cas de plateformes PC) devient rapidement négligeable au regard du coût
d'exploitation. Si l'établissement n'a que des compétences Windows,
installer une machine Linux va demander de gros investissements en temps (et
donc en personnel) pour former un administrateur (et sa doublure pour qu'il
puisse être malade, prendre des vacances, ...) compétent et efficace. Linux
me semble dans ce cas totalement inadapté, à moins d'une volonté "politique"
de diversification, ouverture, expérimentation, ...
En revanche, si l'établissement a déjà des compétences ou souhaite les
intégrer, pourquoi pas ? Si l'occasion de sauter le pas se présente, autant
la saisir.

>Mon avis personnel sur la question est le suivant :
>Chaque "pôle" d'enseignement dispose de son serveur "propre" permettant les
contrôles d'accés, l'accueil des fichiers des élèves, sous linux (ou WNT
éventuellement) :
>éviter de concentrer les responsabilités et limiter les conséquences de
problèmes éventuels.
>Tous ces pôles peuvent accéder à un serveur intranet accessible de partout
de l'établissement (mise en ligne de documents interessant tout le monde,
adresse
>électronique interne), ce serveur pouvant par la suite être accessible
depuis l'extérieur du lycée.
Ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier :-)
L'avantage évident de ce découpage est bien sûr la décentralisation avec la
souplesse qu'elle peut avoir : délégation de gestion (je n'emploie
volontairement pas le terme de responsabilité, trop souvent assimilé à coups
de règle sur les doigts si ça va mal), limitation des dégâts en cas
d'effraction (physique dans les locaux, ou logicielle), ... La contrepartie
est la nécessité de gérer non plus un serveur, mais une espèce de cluster,
pour distribuer l'informatique de l'établissement. On ne gère pas de la même
manière un serveur et un réseau de serveurs : il faut intégrer les
délégations de droits, les sauvegardes, les contrôles d'accès, ... Le nombre
de pannes augmente également statistiquement avec le nombre d'équipements
(en gros, il faut diviser le MTBF par le nombre d'équipements pour connaître
la fréquence statistique des pannes).
Un serveur Intranet ne doit pas être raccordé à l'extérieur (Internet), pour
de "bêtes" questions de sécurité. L'ouverture sur l'extérieur devra donc
passer par une sécurisation du réseau (zones exposée, DMZ, interne, ...), et
le serveur Internet placé en zone exposée, protégé le mieux possible (accès
physique, firewalls, audits de sécurité, ...) : "casser" le serveur d'un
établissement scolaire est toujours tentant :-) Donc là encore, le besoin de
compétences spécifiques apparaît, indépendemment de l'OS.

>Il faut préciser que la plupart des logiciels professionnels que nous
utilisons fonctionnent sous Windows (autocad, allplan malgré ses origines
UNIX, et tous les logiciels
>de planifs, économie du bâtiment).
Sauf par conviction, on ne choisit pas un OS mais des applications : si on
veut faire du Word, on prend du Windows. Si on veut faire des serveurs Web,
on prend du Windows/IIS ou du Linux/Apache ou du Solaris/Netscape... Si on
veut faire des firewalls, on ne prend pas du Windows. Ce qui signifie que
l'établissement DEVRA disposer essentiellement de machines Windows, et que
seuls quelques serveurs pourront être sous Linux (serveurs de fichiers ->
Samba, firewalls -> Linux, ...). L'investissement en temps et en efforts
devra être mesuré AVANT de se lancer.

>Si quelqu'un a un avis là dessus je suis toujours interessé pour
transmettre les messages : Les logiciels libres commencent à interesser les
personnels de l'éducation
>nationale, et je ne suis pas sûre que des versions gratuites de Windows
pourraient y changer quelque chose.
Je ne cherche pas à défendre Windows, je suis totalement favorable aux
logiciels OpenSource. Mais étant administrateur système depuis... on va dire
un certain temps :-) j'ai déjà vu passer plusieurs fois des interrogations
comme les tiennes. Sauf dans des cas très précis, il n'y a pas de réponse
toute faite et totalement adaptée, tout doit se nuancer.
En conclusion, si le lycée se sent prêt à investir en temps et en énergie
pour s'ouvrir à de l'OpenSource, alors oui, Linux est une solution adaptée
car :
- ça marche bien
- ce n'est pas cher à l'achat (mais le coût d'acquisition de l'OS est
négligeable)
- la documentation existe et souvent de qualité
- la communauté est active.
En revanche, Linux n'est pas adapté si :
- le lycée veut immédiatement une solution opérationnelle (à moins de passer
par des entreprises spécialisée dans l'OpenSource)
- il n'a que des compétences Windows
- il ne dispose pas dans ses rangs de quelqu'un prêt à s'y investir : le
passage à Linux est (malheureuseument) encore trop souvent plus affectif que
rationnel, il faut donc avoir dans ses effectifs quelqu'un de convaincu et
moteur dans l'opération.
- il faut chercher un peu pour trouver la réponse aux questions (mais le web
et les moteurs de recherche existent pour ça aussi)
- sauf à passer par un professionnel pour l'installation et la maintenance,
il faut se reposer sur la communauté, qui à les défauts de ses qualités :
les temps de réponse aux questions ne sont pas garantis, les réponses ne
sont pas toujours de qualité, il faut les dépouiller, ... Je crois
entièrement à ce mode de fonctionnement communautaire et coopératif, mais je
fais partie des convaincus :-)

>Merci de votre attention !
>P. HENRY
Je suis resté volontairement généraliste, mais on peut continuer cette
discussion (onlist ou offlist) pour préciser des positions si tu le
souhaites. J'espère simplement amener d'autres personnes à réagir afin
d'aboutir à un débat "contradictoire", seul gage d'objectivité.

Patrice

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